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Le traumatisme
Ferenczi Sandor ; Korff-Sausse Simone
PAYOT
7,65 €
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EAN :9782228900690
Choc inattendu, non préparé et écrasant, qui agit comme un anesthésique, la traumatisme a des effets destructeurs. Pour lui survivre, le psychisme développe des stratégies. L'une des plus intéressantes est le dédoublement: une partie de la personne continue de vivre et de se développer, tandis qu'une autre partie subsiste, apparemment détruite, mais prête à se réactiver à la première occasion... Dans les années 1920 et 1930, à Vienne, à Berlin, et même aux Etats-Unis, les psychanalystes confrontés à un échec avec un patient, en particulier victime d'un traumatisme, l'envoyaient à Budapest, auprès de Sandor Ferenczi, qui avait la réputation d'accueillir les cas les plus difficiles. Celui-ci en tira des réflexions d'une très grande richesse, sur lesquelles repose la conception que nous avons aujourd'hui du traumatisme et des moyens de le soigner.
Pourquoi le nouveau-né, en buvant du lait, dévore-t-il ses ancêtres ? Comment notre corps s'est-il adapté pour pouvoir "matérialiser" des désirs refoulés, par exemple quand nous rougissons ? Nos organes ont-ils une "personnalité" ? Et nos pulsions, sont-elles des vestiges de l'évolution ? De Thalassa (1924), Freud disait que c'était "la plus hardie des applications de la psychanalyse qui ait jamais été tentée". Convoquant la biologie, l'histoire naturelle, l'embryologie, la physiologie à la lueur de la psychanalyse, Ferenczi propose en effet une plongée au plus profond de nous-mêmes, à la recherche d'un "inconscient biologique" qui survivrait en nous depuis la nuit des temps, inscrit dans notre corps et nos gestes, et qui se manifesterait dans certains cas, lorsque nous tombons malades, que nous faisons l'amour, ou que nous dormons.
À l'origine du masochisme, Freud voyait la pulsion de mort ; Ferenczi, lui, voit un traumatisme précoce. " Afin de prescrire lui-même le rythme de la vie et de la mort et d'écarter l'angoisse, écrit-il, le sujet préfère aller de lui-même vers la souffrance. " C'est ce mouvement qu'il étudie, particulièrement chez l'enfant et chez la femme, et les lecteurs de Confusion de langue retrouveront ici la thématique de l'identification de la victime à l'agresseur. Mais Ferenczi va aussi plus loin et, conseillant de ne pas combattre la souffrance de front, de la laisser s'épuiser, d'y consentir, bref, d'accepter le déplaisir pour ne plus souffrir.Ce recueil comprend la plupart des écrits que Ferenczi a consacrés au masochisme, et notamment : " Le problème de l'affirmation de déplaisir ", " Du principe masculin et féminin dans la nature ", " Sur l'orgasme masochiste ", " Réflexions sur le plaisir de passivité ", " Du terrorisme de la souffrance ".
Médecin psychiatre d'origine hongroise, Sandor Ferenczi (1873-1933) ne rencontra vraiment la psychanalyse qu'en 1907. Proche de Freud et pionnier de cette nouvelle thérapie, il exerça son talent d'analyste à Budapest où il eut comme patients Mélanie Klein et Ernest Jones. Les textes rassemblés dans ce premier volume des Oeuvres Complètes correspondent à la période où Ferenczi découvre la psychanalyse en même temps qu'il s'y engage, à la fois en théoricien (articles sur l'inconscient, la pédagogie, la philosophie) et en clinicien (articles sur l'éjaculation précoce, l'impuissance, la paranoïa...). Le génie analytique de Ferenczi fait très vite de lui un créateur : il invente l'"introjection" (Transfert et Introjection, 1909), notion qui sera reprise par Freud. Dans son style comme dans ses sujets de préoccupation, la pensée de Ferenczi est toujours originale et stimulante. Elle mérite d'être connue du point de vue de l'histoire de la psychanalyse mais aussi pour ses intuitions cliniques d'une extrême fécondité. --Emilio Balturi
Au moment où l'on s'inquiète sérieusement des effets à long terme de la destruction des forêts dans le monde, ce livre nous rappelle le rôle qu'autrefois jouèrent dans la vie des hommes les arbres protecteurs qui, pourvoyant à presque tous leurs besoins, étaient considérés comme les manifestations par excellence de la présence des dieux sur terre. A chacun était attribuée une essence particulière, de telle sorte que le monde, où nature et divin se compénétraient et s'expliquaient l'un par l'autre, montrait de façon tangible sa multiplicité et son unité à travers les différentes espèces d'arbres. En ce livre foisonnant, plein de belles histoires oubliées, se rassemblent et se conjuguent les croyances, mais aussi les connaissances traditionnelles des civilisations dont nous sommes issus, qu'elles soient égyptienne, sémite, crétoise, grecque, latine, germanique ou celte. Du même coup nous sont restituées les clés d'une compréhension profonde, d'une mise en ordre de l'univers qui, faisant s'accorder l'homme à la nature, le profane au sacré, le quotidien au divin, pourraient encore nous servir d'exemple.
Avec un humour ravageur et tout britannique, l'anthropologue Nigel Barley s'enfonce dans l'île indonésienne de Sulawesi (Célèbes) à la recherche de ce qui reste de la culture toraja. Au terme d'un parcours semé d'embûches (administrations capricieuses, pluies tropicales, sangsues voraces, transports aléatoires), il découvre un peuple chaleureux et accueillant, niché dans des montagnes à la beauté sauvage. D'un optimisme sans faille, l'auteur parviendra à faire venir à Londres les meilleurs artisans torajas. Ce sera alors son tour de devoir répondre à leurs questions, dans une version exotique de l'arroseur arrosé. Nigel Barley, qui s'était signalé par ses expéditions rocambolesques en Afrique de l'Ouest (Un anthropologue en déroute et Le Retour de l'anthropologue), nous offre ici un récit savoureux et montre, s'il en était besoin, que le respect et l'amitié se jouent des différences culturelles. --Guillaume Segerer
Eugène Minkowski (1885-1972) est l'un des plus grands spécialistes de psychopathologie que la France ait connus. Son oeuvre est structurée par une remarquable trilogie - La Schizophrénie (1927), Le Temps vécu (1933) et Traité de psychopathologie (1966) - dont voici réédité le premier volet. Il nous y donne une leçon de clarté et de précision, l'une des rares définitions sérieuses de la schizophrénie. À partir de la philosophie bergsonienne de l'élan vital, il souligne que la base même du processus schizophrénique est une perte du contact vital avec la réalité. Ce que le schizophrène perd, ce n'est pas la possibilité d'un simple contact sensoriel avec l'ambiance, mais bien la dynamique de ces contacts, c'est-à-dire tout ce qui fait le caractère vivant de la relation du sujet à autrui.
Ce livre part d'un eidée toute simple: il est est possible de soigner un adolescent en difficulté de manière indirecte, par l'intermédiaire des parents. Il ne s'agit pas ici de tout connaître de la réalité de cet adolescent, mais de voir comment les parents se représentent leur enfant. Pourquoi? Parce que les troubles de l'adolescent sont souvent les reflets d'histoires non résolues qui se répètent à travers lui. Le propos n'est évidemment pas de le disculper, ni d'accuser les parents; mais la manière dont ceux-ci vont pourvoir appréhender les problèmes de leur enfant permet de comprendre en quoi l'adolescent et ses parents sont tributaires d'une histoire qui a commencé avant eux, parfois même sur plusieurs générations. Il faut alors remonter dans le temps, à la recherche des "fantômes" cachés dans le placard familial...