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Une saison fragile
Fenzy Estelle
PART COMMUNE
13,90 €
Épuisé
EAN :9782844184375
Pour évoquer le temps qui passe, on parle souvent des saisons de la vie. Il en est de plus subtiles, moins attendues, qui nous laissent désarmés, chancelants au bord d’un chemin inconnu, à suivre pourtant. Des saisons de passage où l’on continue à devenir. Fragile, profondément vivant. Ce troisième recueil d’Estelle Fenzy aux éditions La Part Commune réunit quatre ensembles autour de ces moments où l’on vacille. Une saison fragile est composé des poèmes épars d’un quotidien doucement mélancolique. Les petits mensonges nous invitent à faire parfois "comme si" pour alléger les jours. Tout commence par des ailes retrace l’envol d’un enfant. Dans Après la pluie, la poète, de retour à Brest après une longue absence, déclare son amour à cette ville où elle vécut huit ans. Une poésie limpide, profonde et touchante.
Traduire l'image, le portrait d'espace en poème. Exprimer la fragilité de notre humanité dans la violente beauté du paysage. Estelle Fenzy nous offre ici, d'est en ouest, son journal de bord rêvé d'un road trip en photographie des Etats-Unis.
La minute bleue de l'aube, composition associant de courts poèmes en quatre vers bien souvent : autant de ponctuations légères sur la vie et le temps. La nuit dévorante cède place à l'aube, au fil des saisons et de quelques rencontres et souvenirs.
C'était le temps/ d'avant nous-mêmes/ La terre nous aimait/ Nous chevauchions/ l'échine des ruisseaux/ J'étais sourcière/ Tu regardais bouger/ mes robes de vapeur/ pendant que je trempais/ mes pieds dans l'eau/ Les rives s'ensorcelaient/ de nos enjambées de joie.
Ces deux récits d'une fibre toute rabelaisienne, qui comptent parmi les oeuvres de jeunesse de Gustave Flaubert (1821-1880), contiennent déjà une charge contre la bourgeoisie. Dans Ivre et Mort, deux amis se lancent un défi pour savoir celui qui boira le plus. Mais si derrière la farce truculente perce la tragédie de la fin violente, ce conte bacchique aux accents philosophiques est également un traité faisant l'éloge du vin. Les Funérailles du Docteur Mathurin est d'une veine plus cocasse, qui met en scène trois hommes inutiles, heureux et inactifs vivant dans un oubli total du monde, d'où se dégage une gaie sagesse.
Confié à Gustave Flaubert par sa mère Laure - qui n'est autre que la soeur d'Alfred le Poittevin, ce « coeur frère qu'on ne retrouve jamais deux fois » - Guy de Maupassant doit ses années de formation à l'écrivain qu'il appelle son Maître. Leurs véritables relations se nouent à partir de 1872. Flaubert lit les manuscrits de son protégé, le conseille, le prend comme collaborateur en le faisant participer à ses recherches pour Bouvard et Pécuchet, et l'introduit parmi ses amis écrivains. Maupassant écrira de nombreux articles sur Gustave Flaubert, voulant défendre son oeuvre, mais aussi l'homme: « Comme il avait horreur du bourgeois (et il le définissait ainsi: quiconque pense bassement), il passa parmi la plupart de ses contemporains pour une espèce de misanthrope féroce qui eût volontiers mangé du rentier à ses trois repas. C'était au contraire un homme doux, mais de parole violente, et très tendre, bien que son coeur, je crois, n'eût jamais été ému profondément par une femme.»
Sans aucun doute le livre le plus personnel de Léon Bloy, Le Sang du Pauvre est aussi celui dont la maturation fut la plus longue et la plus sourde. Ce sang du pauvre dont il est ici question n est autre que l argent, transfiguration audacieuse du sang versé par le Rédempteur: « Il est exécrable et adora-ble, symbole flagrant et ruisselant du Christ Sauveur. La force de Bloy est de nous happer dans son imaginaire intuitif, pour offrir une vision à charge du monde industriel. Mais un siècle après Sueur de Sang a paru en 1908 ce discours violent contre le matérialisme reste d une lucide actualité: l argent est la nouvelle foi des hommes, encline aux mêmes excès, au même fanatisme et au même dévoiement. Bloy se livre à une diatribe contre cette civilisation inhumaine régie par les seules lois de l économie. En somme, Bloy est, dans sa dénonciation de la société matérialiste, un précurseur de l altermondia-lisme qui aurait les emportements oratoires des prophètes de l Ancien Testament.
C'est Sous-Offs, paru en 1889, qui a fait connaître Lucien Descaves : un scandale a éclaté à la parution de ce roman franchement antimilitariste, qui a valu au jeune auteur et à son éditeur un procès retentissant pour injures contre l'armée. Descaves y dresse le portrait satirique et sans concession de la vie d'une caserne à Dieppe. Une galerie de sous-officiers s'offre à nous, médiocres, souvent ridicules, donnant de l'univers militaire une image à la fois dérisoire et étriquée. Par son naturalisme - qui n'exclut pas une écriture artiste - ce roman nous plonge, grâce à l'évidente jubilation de son auteur, dans un certain pan de la société française de cette fin de XlXème siècle. Proche de certaines idées qu'on qualifierait aujourd'hui de libertaires, Lucien Descaves, par la généreuse virulence de sa plume, devrait trouver aujourd'hui un écho chez nos contemporains.