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Le corps miroir
Faye Jean-Pierre ; Cohen-Halimi Michèle
NOUS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782370840806
Le corps miroir, premier livre de Jean-Pierre Faye aux éditions Nous et annoncé par l'auteur comme son dernier livre, révèle la puissance de pensée de cette figure majeure de la philosophie contemporaine. C'est un livre fascinant, composé d'une chaîne de récits et de réflexions sur le temps, sur les langues, sur l'homme ? mais aussi sur le corps, sur le visage en tant que reflets du monde. Le volume s'ouvre par une préface de Michèle Cohen-Halimi, qui retrace le parcours de l'auteur et interprète la place de ce livre en son sein. Ce dernier livre de Jean-Pierre Faye porte à son comble certaines des questions soulevées ailleurs dans son oeuvre : celle du montage des récits, celle de l'écoute ou de la lecture de ce montage et, plus radicalement que jamais, celle du statut du sujet narrateur. Dans cette méditation, il s'agit également de repérer les surgissements de certains vocables, de certaines expressions dans l'histoire, leurs bougés, leur impact, leur "frappe", de les déchiffrer et d'en analyser les transformations. Tous les vocables repérés et poursuivis par Jean-Pierre Faye dans ce livre composent le grand récit de la déraison narrative de l'histoire du XXe siècle : la disqualification de la "métaphysique", sa mise en équivalence par Heidegger avec le "nihilisme", la genèse du totalitarisme nazi à partir de la circulation du syntagme "Stato totalitario" prononcé par Mussolini, l'invention du "logocentrisme" par Ludwig Klages. Enfin, magistralement, le premier surgissement dans la langue d'Homère du mot qui, à partir de l'idée de la confluence des fleuves, va dessiner les premiers contours de la 'conscience'.
Lou, cher coeur, je sens en vous tous les élans de l'âme plus haute".La lettre de Nietzsche à Lou Salomé de novembre 1882 se prolonge dans sa volonté de maîtriser"ressentiment et vengeance". Vers novembre 1887 il appellera pour l'Europe"le parti de la paix, le parti des opprimés... Contre les sentiments de vengeance et de ressentiment".Cette perspective souveraine, qui découvre les porte-parole de la vie dans"les classes mal famées", nous le futur, dans ce qu'il faut bien appeler le principe de Salomé.Telle est la transformation nietzschéenne.Jean-Pierre Faye est philosophe et romancier. Il a publié entre autres ouvrages: Langages totalitaires, Le Siècle des idéologies et La Déraison antisémite et son langage."
L'expérience narrative est ce qui enveloppe chaque moment, ce qui devient événement. Expérience et récit sont conjugués dans la même fonction histoire. La question a été posée : est-ce que Ernst Junger, pendant la Guerre mondiale, a entendu le récit lui apprenant la Conférence de Wannsee qui programmait la Solution finale ? Est-ce que cela aurait modifié son " expérience du combat " ? A-t-il eu connaissance du Cours d'hiver 1933-34 où son ami Heidegger exigeait " l'extermination totale " de " l'Asiatique " ? Peut-on approcher cette énigme qui introduit dans l'Histoire une furie des langages, où se raconte d'avance ce qui va survenir comme réel par l'effet de ce transformat ? Dans cet essai, l'auteur analyse les transformations de l'expérience narrative qui s'explorent par fragments signés Nietzsche. Ou dans la forfaiture " totale " de Carl Schmitt. Ou dans le couplage indirect Bataille/Lacan. Ou encore dans la mutation renversée, sous le regard de Sade, qui remonte de la perdition rieuse de Juliette au " sourire perdu " d'Anne Prosper. Ainsi, au " transformat univers " s'ajoute le transformat langage.
Entre les deux guerre mondiales, la naissance du fascisme italien et du national-socialisme allemand fut un entrelacs de discours nés avec l'apparition de quelques mots: "Etat totalitaire", "Etat total", etc. Or, ces mots, comme des virus, vont se diffuser. Et ils vont déboucher sur la plus grande extermination de tous les temps. D'où la méthode de Jean-Pierre Faye: raconter les narrations qui ont rendu possible cet objet inracontable que fut le Reich hitlérien et son cortège funèbre. A cette fin, il se veut attentif aux lapsus, aux coupes, aux rejets d'une chaîne de langage à l'autre. Car les mots, dans cette affaire, ont étrangement, et tragiquement, précédé les choses...
Résumé : La crise de 2008-2009 semble toucher à sa fin. Le retour à la croissance est du moins annoncé, comme si tous les méfaits engendrés par ce marasme économique devaient se résorber avec la remontée de certains indicateurs. Pourtant il n'en est rien. La crise aura fait couler beaucoup d'encre, et tout ce qui se raconte à son propos entre dans ce qui la constitue et contribue à son événement et à son évolution. Par ce constat, Jean-Pierre Faye analyse, au-delà de la crise qui a touché l'économie réelle, celle qui continue de frapper l'économie narrative. Dans ce bref essai, le philosophe ne s'arrête donc pas à l'actualité, qui masque les véritables enjeux de la crise. Par un parallèle établi avec la crise de 1929, il évoque l'avenir que nous nous préparons et auquel, pourtant, nous ne semblons pas préparés.
Pasolini Pier Paolo ; Chiesi Roberto ; Atzei Patri
La rage est un poème filmique en prose et en vers, un essai polémique mêlant radicalité et lyrisme. On y trouve le Pasolini le plus âpre et le plus clairvoyant. Traduit en français pour la première fois, La rage est le texte littéraire le plus explicitement politique de Pasolini. En interrogeant les événements et la société de son temps, avant l'avènement définitif de l'uniformisation, La rage éclaire aussi, d'une façon saisissante, notre temps. La joie de l'Américain qui se sent identique à un autre million d'Américains dans l'amour de la démocratie : voilà la maladie du monde futur ! Quand le monde classique sera épuisé - quand tous les paysans et les artisans seront morts - quand l'industrie aura rendu inarrêtable le cycle de la production et de la consommation - alors notre histoire prendra fin. La classe propriétaire de la richesse. Parvenue à une telle familiarité avec la richesse, qu'elle confond la nature et la richesse. Si perdue dans le monde de la richesse qu'elle confond l'histoire et la richesse. Si touchée par la grâce de la richesse qu'elle confond les lois et la richesse. Si adoucie par la richesse qu'elle attribue à Dieu l'idée de la richesse.
Les Journaux de Kafka : voici, enfin, la première traduction intégrale en français des 12 cahiers, écrits de 1910 à 1922, que cette édition reproduit à l'identique, sans coupes et sans censure, en rétablissant l'ordre chronologique original. La traduction de Robert Kahn se tient au plus près de l'écriture de Kafka, de sa rythmique, de sa précision et sécheresse, laissant "résonner dans la langue d'arrivée l'écho de l'original". Elle s'inscrit à la suite de ses autres retraductions de Kafka publiées aux éditions Nous, A Milena (2015) et Derniers cahiers (2017). Les Journaux de Kafka, toujours surprenants, sont le lieu d'une écriture lucide et inquiète où se mêlent intime et dehors, humour et noirceur, visions du jour et scènes de rêves, où se succèdent notes autobiographiques, récits de voyages et de rencontres, énoncés lapidaires, ainsi qu'esquisses et fragments narratifs plus longs. Dans ce battement entre vie écrite par éclats et soudaines amorces fictionnelles, les Journaux se révèlent être le coeur de l'oeuvre de Kafka : le lieu où les frontières entre la vie et l'oeuvre s'évanouissent. Il est plus clair que n'importe quoi d'autre que, attaqué sur la droite et sur la gauche par de très puissants ennemis, je ne puisse m'échapper ni à droite ni à gauche, seulement en avant animal affamé le chemin mène à une nourriture mangeable, à de l'air respirable, à une vie libre, même si c'est derrière la vie.
Demande au muet est une série de dialogues courts où un maître, d'une intelligence relative, répond à son disciple, guère plus malin. Néanmoins, de temps à autres, tout comme une montre arrêtée finit par donner l'heure exacte, un jaillissement du sens, une fulgurance de la pensée ne sont pas impossibles. Oscillant entre nonsense et sagesse, ils traitent du monde avec l'absolu sérieux et la distance ironique qui conviennent.
Aspe Bernard ; Atzei Patrizia ; Balaud Léna ; Casa
Occupation, hégémonie, féminisme, poésie... Cet exemple numéro 4 peut apparaître comme un hétéroclite assemblage. Nous ne renonçons pas à l'hétéroclite, nous voulons seulement qu'il nourrisse les certitudes les plus tranchées. Celles qui permettent de tisser une alliance. Y voir clair : telle est la première exigence. Et le premier obstacle : notre embarras, notre habitude à nous éprouver ainsi : encombrés de nous-mêmes. Englués dans une réflexion" plus ou moins esseulée, qui nous a donné ce pli : sur tout ce qui peut concerner l'existence, et l'existence politique, il faut tout d'abord hésiter, ne pas savoir, avouer que l'on ne comprend pas tout, que l'on n'est pas à la hauteur. Nous voulons en finir avec cette modestie. Revient le temps des manifestes. Le temps des affirmations, des prises de parti, le temps où il nous faut tirer les conséquences. Nous ne voulons plus de ce monde de tiédeur douceâtre, qui régente même nos manières d'être ensemble. Nous voulons le retour de l'incandescence. Nous voulons que brûlent des feux nouveaux.