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Grande nuit de Toussaint
Fauquet Jean-Michel ; Germain Sylvie
TEMPS IL FAIT
21,50 €
Épuisé
EAN :9782868533203
Alors pourquoi le lendemain de la solennité de tous les Saints, le souvenir confus, pluriel, des humbles morts familiers se condense-t-il soudain dans le cœur en alarme des vivants, réclamant des chants, des prières, ou simplement des pensées plus soucieuses, des fleurs et des flammes ? C'est que, peut-être, la vision des Saints resplendissant à l'orée de l'hiver jette une lueur dans les ténèbres où nos morts ont disparu, et les éclaire, un peu. Le temps d'un jour les défunts, nimbés d'une fine bruine de lumière tombée du corps de gloire des Saintes et des Saints, luisent dans notre mouvante mémoire comme une lune illuminée de face par le soleil étincelle dans un remous de nuages. Et le temps d'une nuit les tombes où gisent les défunts réverbèrent l'éclat du jour passé, de la mémoire vivifiée, en se parant de flammeroles et de fleurs.
Frick veut pas d'ennuis. Il a déjà assez de mal à tenir les gens du bidonville. C'est une poudrière, là-dedans. Pour un rien, ça pètera. Suffirait qu'ils mettent la main sur les armes pour qu'ils aillent tout casser en ville. Frick veut pas d'ennuis. Mais il en aura. Et en ville, ça explosera. Une explosion en forme de champignon.
Guerre civile et terrorisme . Une tragédie de notre temps Peuple grec peuple roi peuple désespéré Tu n'a plus rien à perdre que ta liberté (Paul Eluard - ATHENA - Décembre 1944)
Le livre est conçu comme une enquête, ou plutôt une quête indéfinissable à priori. En se plongeant dans cet univers sombre et grave, la première impression est celle d'une perte de repères spontanée. C'est en composant ce décor vide et intemporel que l'auteur plonge le spectateur vers un "Lointain" inconnu. La progression est lente et incertaine, mais le terrain vide se transforme lentement en un parcours jalonné de repères codifiés que Jean-Michel Fauquet place avec précision et méticulosité. Disposés dans la pénombre, des objets indéterminés constitués d'une matière ouvertement factice, semblent exister dans un espace inaccessible et exhaler le parfum de l'oubli; De fantasmatiques personnages errent dans ces pages. Dès le départ, sa démarche ressemble à celle d'un alchimiste. Utilisation des papiers, des supports, procédés de tirage, il fabrique son propre univers. Tout se passe dans son appartement, où s'entassent des piles de cartons et de papiers. C'est là qu'il découpe et façonne ses objets. Chaque jour, une fois sont travail terminé, il parcourt les rues pour ramasser les papiers. Vient ensuite la création des objets, longuement imaginés avec moult dessins préparatoires. Il les met en scène, les photographie, réalise des tirages en noir, qui semblent toujours habités d'une clarté irréelle.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.
Les personnages de ce petit roman ne se séparent pas de l'auteur : Ils sont l'auteur, mais jeune, en plusieurs personnes, et surtout en Roger Bourcier ; il est tellement l'auteur, qu'il est impossible de parler de lui sans évoquer le paysage de Saint-Samson, près de Morlaix, où est né ce récit, et le jeune homme que j'étais appliqué à la tâche de vivre et d'écrire, à la tâche d'étudiant volontairement raté et de vivant insatisfait. Tout ce qui lui advient m'est arrivé. Ses émerveillements d'amoureux craintif, son angoisse devant la vie, c'est moi. Le lecteur d'aujourd'hui s'y reconnaîtra car tous les jeunes gens, d'une génération à l'autre, passent par là, sous des formes imprévues.
Belles têtes d'Irlandais dans les rues de Killarney. D'un certain âge. Des têtes conformes à la tradition et qui, au-delà du folklore touristique, donneraient à n'importe qui manie vaguement le crayon l'envie d'écrire et de conserver ces personnages dans les mots. On ne s'attache pas à repérer d'abord les faces qui affichent leur alcoolisme. Ici, c'est un penchant qui ne s'avoue pas, mais se clame et se trompette. Il met tant de sincérité dans la laideur que là encore, parce qu'on est en Irlande, on se sent en confiance. Des trognes aussi évidentes et qui témoignent d'une impeccable assiduité au pub ne savent plus mentir. La caricature est une innocence brute." Dans ce récit de voyage fort peu héroïque - camping et vélo -, l'auteur s'attache à montrer des spectacles qui n'ont pas lieu et des êtres sans grandeur dont, en amoureux comblé de la langue, il sait faire une véritable matière littéraire.