La ville serait-elle le "tombeau de la religion"? Certaines traditions du XIXe siècle que l'on pourrait qualifier "d'urbaphobes", puis les théories de la sécularisation au XXe siècle, ont plusieurs fois occulté l'idée d'une visibilité religieuse persistante dans l'espace urbain moderne. Et pourtant! Les dieux restent aujourd'hui des citadins. Mais cette présence religieuse a changé. Croiser les problématiques de l'immigration et du rapport à l'espace constitue un excellent observatoire pour étudier ces mutations. L'accélération du processus de globalisation, marqué depuis trente-cinq ans par un développement des flux migratoires, a en effet remodelé les équilibres socio-religieux des villes françaises sur au moins trois plans: pluralisation accentuée (interne et externe, avec l'essor de l'islam, des religions d'extrême-Orient), nouvelle dialectique invisibilité/visibilité dans l'espace urbain (processions, évangélisation de rue, affichage sauvage...) et culture de réseau (local, trans-national, appuyé sur les nouveaux médias numériques, sur les écoles, les commerces...). Ces trois axes de transformation ont entraîné des conséquences directes sur la gestion de l'espace urbain: l'arrivée de nouveaux acteurs religieux issus de l'immigration a en effet induit une compétition accrue pour l'espace. Elle a aussi nourri des logiques de marquage territorial communautaire (à double sens: tantôt provoquées par les réactions des acteurs déjà présents, tantôt suscitées par les nouveaux acteurs). Elle a enfin renouvelé la cartographie des implantations cultuelles et des pratiquants en "redistribuant les cartes", appelant à un nouvel état des lieux. Se pose alors la question de modèles hérités, de leur persistance ou de leur refonte.
Fleury Antoine ; Delage Matthieu ; Endelstein Luci
LE PETIT COMMERCE est souvent abordé sous l'angle de son déclin ou de sa disparition. En réunissant à la fois des géographes, des urbanistes, des sociologues et des politistes, cet ouvrage invite à changer de regard sur cet élément essentiel du paysage urbain encore insuffisamment étudié par les sciences sociales. Sans nier les effets de la concurrence des grandes surfaces ou du e-commerce, il s'agit de considérer le petit commerce comme un lieu d'innovation et de ressources sociales, de reconnaître la capacité de renouvellement des commerçants. La métropole parisienne et les grandes villes françaises offrent un terrain d'observation particulièrement riche pour saisir les métamorphoses du petit commerce. Trois entrées sont mobilisées : l'altérité et la diversité, les quartiers populaires, et enfin les facteurs exogènes auxquels doivent faire face les commerçants. A partir d'analyses finement contextualisées, l'ouvrage dessine les contours d'une scène marchande diversifiée et mouvante. Le petit commerce y apparaît à la fois comme un révélateur et comme un acteur des changements qui traversent des sociétés de plus en plus ouvertes sur le monde. En apportant un éclairage précieux sur des catégories de commerce ou des quartiers encore peu documentés, l'ouvrage développe une approche renouvelée du (petit) commerce qui permet de mieux saisir le changement urbain, culturel et social dans les grandes villes mondialisées.
L'originalité de l'ouvrage repose sur le caractère empirique des enquêtes (menées par entretiens, observations. .), permettant de documenter et d'analyser en profondeur les effets de la crise sanitaire dans différents secteurs d'activités (aéronautique, monde universitaire, tourisme, culture, aide alimentaire, travail du sexe...) et d'illustrer la vie au temps du covid-19.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.