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Un voleur de Bagdad
Fatah Sherko ; Mannoni Olivier
METAILIE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782864249641
Extrait Je suis assis là et je t'observe comme si tu étais un étranger. Mais je te connais. Je ne te le dirai peut-être jamais : je te connais, je te connais bien. Cela remonte à quelques années. Cela remonte à une éternité. Suffisamment pour que tu ne me remettes plus. Mais de toute façon tu ne me regardes pas, tu ne regardes jamais personne en face. Tu es l'éminent docteur venu de la lointaine Allemagne. Et moi, que suis-je donc ? Le coursier dont tu n'as pas besoin, celui qui t'importune. Mais si tu tournais les yeux vers moi, tu le saurais immédiatement. Nous avons jadis été aussi proches que deux chiens apeurés et enfermés, nous avions la même boue dans la gueule et au creux de cette nuit froide et lointaine notre peur ne faisait qu'une, nous étions un animal craintif à deux têtes. Nous avons vu la mort avancer en chair et en os sur la terre boueuse. Ses bottes sales se décollaient du sol trempé avec un bruit de succion. Elle avait la silhouette fine, une grande tête et le front haut. Elle parlait ta langue. Tu ne l'as certainement pas oubliée. Personne ne le peut. Mais peut-être, simplement, ne veux-tu la revoir à aucun prix, fut-ce en souvenir, à travers le visage d'un survivant de cette époque. Je te comprends, je te comprends bien, homme éminent que tu es. Et pourtant, les voies de Dieu sont impénétrables, tu es venu ici. Tu aurais pu aller n'importe où après la guerre. Mais non, tu es ici, devant mes yeux, et ta vue suffit à faire remonter en moi cette vieille peur qui nous enserra jadis comme un poing. Je me laissai glisser dans la pièce sur le siège en bois que le docteur avait mis à ma disposition le premier jour. Sans un mot, sans me saluer ni manifester quelque émotion que ce soit, cet homme de haute stature, à l'allure nerveuse, régla l'affaire lui-même. Il me planta simplement dans l'infirmerie, moi, le coursier, et revint peu après avec le siège. Il le posa près de la fenêtre. Quand il repassa devant moi, il se contenta de faire un signe vers l'arrière. Je le suivis du regard lorsqu'il quitta la salle. Nous n'avions pas échangé le moindre mot, et pourtant nous nous étions compris. J'avais cru que le Dr Stein était familier des moeurs locales. L'autorité naturelle avec laquelle il se déplaçait et donnait de brèves instructions en anglais, la tranquillité avec laquelle il levait les mains avant d'attendre, comme un chef d'orchestre immobilisé, qu'un membre du personnel lui ôte ses gants en caoutchouc, tout cela ne m'aurait jamais inspiré le moindre doute sur la compétence du médecin. Mais pour le reste cet homme n'entendait rien à rien. Au lieu de m'envoyer avec le morceau de papier où figurait la liste de ce dont il avait besoin, il se rendit lui-même au bazar. Je fus étonné de le voir revenir avec ces petits paquets, s'approcher prudemment de moi et me tendre ces affaires comme s'il s'agissait de cadeaux. Mais c'était seulement pour que je les garde jusqu'à ce que le docteur rentre chez lui, en début de soirée. Ce n'était pas juste. C'était offensant. Je lui en voulais. Après tout, cet homme était un étranger ici. Il ne pouvait pas savoir que n'importe quel étranger, surtout aussi éminent que lui, avait droit à ce que quelqu'un lui fasse ses courses, lui apporte ou lui emporte son courrier, ou le guide chez les gens auxquels il voulait rendre visite. Il aurait pu l'apprendre si seulement il avait posé la question. Mais dans ce cas, me dis-je en dodelinant du chef, il en aurait peut-être aussi appris plus que ce qu'il souhaitait savoir. Il m'aurait reconnu et tout ce que nous avions vu aurait surgi à cet instant même et aurait empli l'espace entre nous deux.
Bendali Fatah - David Valérie - Leclerc Marie-Chri
Comment garantir le bon état de santé du troupeau, condition nécessaire à un élevage productif ? Quels sont les critères d?une surveillance efficace du troupeau et des individus ? Des experts de l?Institut de l?élevage et leurs vétérinaires ont unis leur savoir et leur savoir-faire pour regrouper dans un seul ouvrage l?ensemble des connaissances fondamentales utile pour le suivi des bovins. Ce guide très pratique est nécessaire à tout éleveur ou à tout conseiller. En effet, il expose les points clés permettant un suivi sanitaire du troupeau efficace et de qualité. De plus, il donne les repères législatifs essentiels. Une partie sur la pharmacologie explique ce que doit être la pharmacie idéale de l?éleveur, le rôle de chacun dans la prise en charge du troupeau ou d?un individu ainsi que les conduites à tenir.
Résumé : 16 janvier 2018, 7h28 : il fait encore nuit devant le lycée, en périphérie d'une ville auvergnate. Emmitouflée dans sa doudoune, la prof se repasse le plan de son cours de philo et traverse la rue en dehors des passages piétons. Un klaxon la surprend, elle ne se retourne pas, fait un doigt d'honneur. La voiture se gare, un homme en sort précipitamment, hurle, la défie : "Recommence ! " Face à lui, nouveau doigt d'honneur. Il la gifle. Ce n'est pas la première fois qu'elle rencontre la violence. Battue dans son enfance, devenue adulte elle a été rouée de coups par un de ses élèves et plus tard insultée par un autre. Pourquoi ? Quel lien existe-t-il entre son corps et la brutalité ? A qui était destiné ce doigt ? Ce roman est une enquête sur deux minutes qui brisent sa vie. Parmi les profs, l'événement perturbe. Qui est coupable de la gifle ? Pourquoi a-t-elle pris le risque de ce second doigt d'honneur ? En alternant dialogue en salle des profs et récits des faits, l'écriture tendue de ce Hors les murs de l'éducation nationale, interroge la question de l'origine de la violence. Celle qu'on subit, celle qu'on exerce, celle qu'on désire, celle qui arrive inévitablement, quand on est femme, quand on est arabe, quand on est prof. Entre burlesque et lucidité profonde, Le doigt retrace à un rythme haletant les événements qui permettent de comprendre cette "victime en récidive" , au travers de la comédie sociale des supérieurs, des médecins et de la justice qui sans cesse minimisent la violence.
L'établissement d'une société progressiste ouverte à tous les Palestiniens est sûrement une meilleure solution que celle qui consiste à rejeter "les Arabes dans le désert" ou les juifs à la mer"." Publié au printemps 1970 par le Fatah, l'organisation de Yasser Arafat, ce texte marque un tournant dans la pensée politique de la résistance palestinienne. Le mouvement propose un objectif révolutionnaire, la création d'une Palestine démocratique non confessionnelle, d'un Etat unique dans lequel coexisteraient musulmans, juifs et chrétiens. Le texte ne cache pas les difficultés d'un tel projet, qui suppose de rallier un nombre significatif d'Israéliens juifs. Il reconnaît que l'utopie proposée nécessitera d'être précisée mais proclame que c'est la seule solution permanente qui apportera une paix durable et la justice". Cet appel prend une nouvelle jeunesse à l'heure où la réflexion sur un Etat unique est relancée, la solution à deux Etats prévue par le processus d'Oslo ayant échoué. Un document présenté et contextualisé par Alain Gresh, spécialiste des questions israélo-palestiniennes, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, fondateur du site Orient XXI.
Résumé : Nos existences parfois nous pèsent. Même pour un temps, nous aimerions prendre congé des nécessités qui leur sont liées. Se donner en quelque sorte des vacances de soi pour reprendre son souffle. Si nos conditions d'existence sont sans doute meilleures que celles de nos ancêtres, elles ne dédouanent pas de l'essentiel qui consiste à donner une signification et une valeur à son existence, à se sentir relié aux autres, à éprouver le sentiment d'avoir sa place au sein du lien social. L'individualisation du sens, en libérant des traditions ou des valeurs communes, dégage de toute autorité. Chacun devient son propre maître et n'a de compte à rendre qu'à lui-même. Le morcellement du lien social isole chaque individu et le renvoie à lui-même, à sa liberté, à la jouissance de son autonomie ou, à l'inverse, à son sentiment d'insuffisance, à son échec personnel. L'individu qui ne dispose pas de solides ressources intérieures pour s'ajuster et investir les événements de significations et de valeurs, qui manque d'une confiance suffisante en lui, se sent d'autant plus vulnérable et doit se soutenir par lui-même à défaut de sa communauté. Dans une société où s'impose la flexibilité, l'urgence, la vitesse, la concurrence, l'efficacité, etc., être soi ne coule plus de source dans la mesure où il faut à tout instant se mettre au monde, s'ajuster aux circonstances, assumer son autonomie. Il ne suffit plus de naître ou de grandir, il faut désormais se construire en permanence, demeurer mobilisé, donner un sens à sa vie, étayer ses actions sur des valeurs. La tâche d'être un individu est ardue, surtout s'il s'agit justement de devenir soi. Au fil de ce livre, j'appellerai blancheur cet état d'absence à soi plus ou moins prononcé, le fait de prendre congé de soi sous une forme ou sous une autre à cause de la difficulté ou de la pénibilité d'être soi. Dans tous les cas, la volonté est de relâcher la pression. Il s'agit ici de plonger dans la subjectivité contemporaine et d'en analyser l'une des tentations les plus vives, celle de se défaire enfin de soi, serait-ce pour un moment. Sous une forme douloureuse ou propice, cette étude arpente une anthropologie des limites dans la pluralité des mondes contemporains, elle s'attache à une exploration de l'intime quand l'individu lâche prise sans pour autant vouloir mourir, ou quand il s'invente des moyens provisoires de se déprendre de soi. Les conditions sociales sont toujours mêlées à des conditions affectives. Et ce sont ces dernières qui induisent par exemple les conduites à risque des jeunes dans un contexte de souffrance personnelle, ou qui font advenir la dépression, et sans doute la plupart des démences séniles. Si souvent les approches psychologiques occultent l'ancrage social et culturel, celles des sociologues délaissent souvent les données plus affectives, considérant les individus comme des adultes éternels, n'ayant jamais eu d'enfance, ni d'inconscient, ni de difficultés intimes. La compréhension sociologique et anthropologique des mondes contemporains peut ressaisir la singularité d'une histoire personnelle en croisant la trame affective et sociale qui baigne l'individu et surtout les significations qui alimentent son rapport au monde. Telle est la tâche de ce livre.
Résumé : Agla travaille dans la finance, accusée d'évasion de capitaux, elle a été emprisonnée et se languit d'amour pour Sonia qui l'a abandonnée. A bout, elle tente de se suicider. C'est le moment que choisit un industriel qui connaît son habileté et son flair pour lui proposer une enquête sur le stockage de l'aluminium. Agla ne peut pas résister au challenge et choisit Maria, journaliste d'investigation complexée qui est à l'origine de sa propre condamnation, pour aller sur le terrain. Apparaît alors dans la cellule voisine une très jeune femme qui sort de désintoxication et essaye d'attirer son attention. Pendant ce temps un adolescent amoureux prépare une action d'éclat pour séduire sa petite amie. Il est aussi le fils d'un homme d'affaires mafieux ennemi intime d'Agla. En un tour de main, sur un rythme déconcertant et séduisant, Lilja Sigurdardóttir nous initie aux trafics des matières premières et aux dessous du transport de la drogue en Islande, nous fait assister à la naissance improbable d'une histoire d'amour et nous prouve qu'une femme sexy et sûre de son intelligence retombe toujours sur ses pieds. Un grand feu d'artifice habile et intelligent.
Résumé : Ronaldo vit à Copacabana avec sa grand-mère Sofia qui est née en Allemagne et a émigré au Brésil à la fin des années 30. Il reçoit un coup de téléphone d'une banque de Hambourg qui recherche une certaine Sofia Stern pour lui remettre un héritage et décide de s'y rendre. Mais Sofia, qui n'en fait qu'à sa tête, veut partir avec lui. Dans un cahier mystérieux trouvé au fond d'une armoire, on découvre en parallèle le Hambourg des années 30 et l'amitié de deux adolescentes inséparables. Klara, très douée pour le dessin, devient créatrice de mode et connaît un grand succès au bras d'un jeune officier nazi, qui l'abandonnera de façon dramatique pour faire un riche mariage. Sofia, fille d'un accordeur de piano aveugle et juif, devient chanteuse de cabaret, un peu trafiquante de drogue et reine de la débrouillardise, et tombe amoureuse de Hugo, le frère de Klara, un anarchiste opposant au régime nazi. Les deux jeunes femmes survivent dans le chaos de l'arrivée d'Hitler au pouvoir, au milieu de passions, de trahisons et de problèmes d'argent, sans jamais oublier l'amitié qui les lie.
Résumé : Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier oeuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l'aider à tenir ces promesses insolites. A travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et à la poésie.
Si, je suis constamment choqué. Lisez donc mes livres, c'est un amoncellement de millions de chocs. C'est un alignement non seulement de phrases, mais d'impressions de choc. Un livre doit être aussi un choc, un choc qui n'est pas visible de l'extérieur", profère Thomas Bernhard dans un entretien de 1986, auquel il donne pour titre: L'origine, c'est moi-même. Il délivre du même coup au lecteur de cet ensemble de récits, réunis ici autour des cinq livres autobiographiques, le trousseau de clés qui, de choc en choc, d'effroi en effroi, d'enfer en enfer, ouvre la boîte de Pandore de cet écrivain pourtant tout d'une pièce: l'imprécateur et l'ermite, le suicidaire passionné de vivre, le poitrinaire aux prises avec son souffle qui se veut chanteur d'opéra, le furioso que jamais ne quittent sa colère, sa véhémence.
Résumé : Gerard élève seul ses trois garçons depuis que leur mère les a quittés sans laisser d'adresse, se contentant d'envoyerdes cartes postales envoyées depuis l'Italie pour les anniversaires et Noël. Klaas et Kees, les jumeaux de seize ans et leur petit frère Gerson - sans oublier le chien, Daan - vivent néanmoins dans une maisonnée plutôt joyeuse où Gerard s'efforce de faire bonne figure. Un dimanche matin ordinaire où ils sont invités chez les grands-parents, leur vie bascule. Sur une route de campagne traversant des vergers où fleurissent des arbres fruitiers, une voiture s'encastre dans celle de Gerard, le choc est violent. Si les jumeaux et le père s'en tirent avec des blessures légères, il en sera tout autrement pour Gerson. Il est plongé dans le coma et au réveil, il comprend qu'il a perdu la vue. Aidé par Harald, infirmier dévoué, l'adolescent tente d'apprivoiser sa nouvelle vie, alors que les jumeaux et leur père essaient également de faire face, mais le retour à la maison est douloureux malgré le soutien de Jan et Anna, les grands-parents des enfants. Gerson s'enferme dans sa douleur et sa colère, refuse d'accepter toute aide et de se projeter dans un quelconque avenir. Plus personne ne sait comment le soutenir. Gerard presse son fils de prendre des décisions quant à son futur, sans résultat. Lorsque l'été arrive, tous savent que les choses ne pourront pas continuer ainsi. à la rentrée, Le séjour prévu dans la paisible maison des grands-parents au bord d'un lac apparaît alors à tous comme la possibilité d'un nouveau départ... Gerbrand Bakker est un maître incontesté dans l'art de saisir l'essentiel avec peu de mots. Son écriture impressionne par sa concision, sa justesse et surtout, par l'absence absolue de tout pathos. Racontée pour l'essentiel par ses frères, l'histoire de ce jeune garçon qui ne parvient pas à accepter de vivre dans le noir n'en devient que plus déchirante. Traduit du néerlandais par Françoise Antoine
Dans une colonie néerlandaise des tropiques, un lieu moite, malsain, aussi bien par son climat que par ses moeurs, une femme voilée demande de l'aide à un ancien médecin, et le fait plonger peu à peu dans une folie meurtrière. Tel un de ces fous de Malaisie qui dévalent parfois subitement les rues armés de leur kriss et poignardent tous ceux qui se trouvent sur leur chemin dans une course insensée que l'on nomme amok, le héros de cette nouvelle se lance à la poursuite de cette mystérieuse femme. Ce chef-d'oeuvre de Stefan Zweig est ici publié dans une traduction inédite en poche. Comme dans sa parution originale de 1922, il est suivi de La Ruelle au clair de lune, nouvelle avec laquelle il présente nombre de points communs.
Cherchons étudiant(e) pour donner des cours de soutien scolaire à quatre enfants (de huit à seize ans) tous les jours." Dans les années 1990, afin de financer ses études, la jeune Margot Vanderstraeten répond à une petite annonce. En se rendant à l'entretien d'embauche, elle ignore qu'elle s'apprête à entrer dans un monde à des années-lumière du sien : celui d'une famille juive orthodoxe de la ville d'Anvers. Dans Mazel tov ! , elle revient sur cette expérience et offre aux lecteurs une immersion unique dans cette communauté. Elle qui vivait à l'époque avec un Iranien, réfugié politique, s'est peu à peu vu accepter dans un environnement très religieux, respectueux de traditions séculaires. Mazel tov ! , c'est le récit du choc des cultures, le portrait d'une famille qui peine à concilier coutumes et modernité, mais a pourtant su nouer avec l'auteure des rapports privilégiés. Dans un contexte politique alors particulièrement tendu, marqué par la guerre du Golfe et les intifadas, Margot Vanderstraeten nous parle de respect, de curiosité, d'humour, et interroge avec brio le thème, plus brûlant que jamais, du vivre-ensemble.