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Le fou du jour
Faraggi Claude
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246849964
Voici l'histoire d'un homme qui renonce : à son métier de professeur, à sa femme, à sa maison. Il quitte l'ordre voulu par les hommes, il tourne le dos à la société et à ses règles, attiré par quelque chose de fort et de mystérieux qu'il sent vibrer tout autour de lui dans la splendeur solaire de la Provence. Amour de la nature, sans doute, mais qui recouvre une profonde insatisfaction. A la suite de Lawrence et de quelques autres, Faraggi dénonce l'étroitesse d'un certain humanisme qui limite l'homme à ce qu'il pense, en le coupant des innombrables racines qui pourraient l'unir paniquement au monde de la terre et des plantes. Cet homme donc s'en va, impatient de renouer les liens que l'éducation a brisés. Compagnons de sa quête seront des êtres en marge de la société, en marge de l'humanisme : un berger algérien sans feu ni lieu, un assassin qui se cache dans le maquis, une jeune folle, enfin, qui inspire au héros une tendresse mêlée de crainte sacrée. Compagnons aussi le vent, le mouvement des saisons, le sang qui court dans les veines des collines. On retrouve dans Le Fou du jour le même lyrisme, à la fois violent et mesuré, qui faisait le prix du premier roman de Faraggi, Les Dieux de sable. Ecoutons cette voix qui s'élève pour chanter les promesses cosmiques du voyageur éperdu sur la terre.
Un homme, qu'on devine jeune, arrive dans un village du Sud - pour se reposer, croit-il, en réalité pour se connaître, pour se meurtrir, pour se détruire. Tout de suite, la violence du soleil et de la mer, le faste cruel de l'été, s'emparent de lui, le dépouillent de sa personne, le brisent, le consument, c'est-à-dire transfigurent sa modeste existence en célébration d'un instant unique, mythique. Mais voici que, au bout de quelques semaines, sa femme le rejoint. Le drame éclate. Oh, ce n'est pas que ces deux êtres ne s'entendent point, ni qu'ils aient oublié comment retrouver dans l'amour une extase déjà connue. Mais celui qui a été visité par les dieux, les dieux du Sud, les dieux du sable, reproche à sa (à la) femme de ne pas se laisser terrasser par la splendeur caniculaire ; il lui en veut de le ramener dans les limites de l'homme et du temps, alors qu'il a été initié à une ardeur de vivre proche du désir de se tuer. " Je te maudissais dans ta vie étroite, qui ne savait pas participer au grand remuement du monde qui me brisait. " Le premier roman de Claude Faraggi renouvelle, avec une richesse et un bonheur d'images assez peu communs aujourd'hui, l'éternel problème des rapports entre l'homme et la femme : la femme qui met en avant ses gestes, son amour, ses exigences ; l'homme qui ne se résout pas à ne pas se changer en dieu et qui préfère à toute tendresse un isolement destructeur.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.