Il est né un mercredi, jour des grandes gueules et des destinées bruyantes. Il a grandi entre la poussière rouge de Kita, les silences d'un père cheminot, et les sacrifices muets d'une mère debout à l'aube pour tresser des femmes et nourrir une fratrie sans jamais courber l'échine. Voici l'histoire de Djimé Kanté, le plus jeune père de toute une ville, enfant de la rue, faiseur de miracles, faiseur de rires, faiseur de justice. Celui qui, sans jamais porter de costume, a redonné du panache aux oubliés du train de Kita. Celui qui, à coups de punchlines et de coups de sang, est devenu une voix - une de celles qu'on ne peut plus étouffer. Ce livre n'est pas un hommage. C'est un cri vivant, drôle, bouleversant, parfois rageur, souvent tendre, toujours vrai. Il retrace le parcours hors normes d'un homme forgé par la débrouille, nourri par les proverbes du Mandé, et rendu indomptable par la misère et l'humour. C'est l'histoire d'un forgeron sans enclume, d'un enfant qu'on disait perdu, mais que la rue a fini par adopter, élever et forger. C'est aussi le récit d'une mère, Bakadia, plus forte que les palabres, plus digne que les prières de façade. Raconté avec ferveur et tendresse par Etienne Fakaba Sissoko, ce livre est une biographie vivante, imprévisible, poignante - à l'image de celui qu'elle raconte : Djimé Kanté. "Un homme passe, mais sa punchline reste. "
Depuis le coup d'Etat du 18 août 2020 au Mali, la forte collaboration du gouvernement avec les activistes et "vidéomans" dans la mise en oeuvre de la stratégie de communication des gouvernements successifs de transition, a eu comme conséquence de décrédibiliser les spécialistes de la communication gouvernementale, mais aussi de la parole publique. En effet, cette communication gouvernementale hyper agressive s est caractérisée par la diffusion de contenus aux caractères douteux. Aussi paradoxale que cela puisse paraitre, la communication gouvernementale, malgré l'inexistence d'une stratégie formelle, a rencontré des succès intéressants. Elle permit, une forte adhésion de la population aux discours des gouvernants à travers les fronts ouverts avec la Communauté internationale notamment la France, la CEDEAO, etc. Cependant, malgré ce succès relatif, notre étude montre que de telles méthodes de communication, basées sur la propagande, l'agitation, la manipulation et même le mensonge souvent, ne peuvent tenir sur le long terme. La communication gouvernementale connait déjà ses premiers revers, signes de son essoufflement.
Cet ouvrage analyse les intérêts nationaux des pays africains. Le chômage, la rébellion, les guerres civiles, le terrorisme avec leurs implications économiques, les fuites de capitaux constituent des menaces graves pour la stabilité et le maintien de la souveraineté de nos Etats. Mais aussi, des accords et traités commerciaux mal négociés, la perte de l'identité culturelle, la corruption systémique, constituent d'une part, des sources de fragilité des balances commerciales des pays africains et, d'autre part, des sources de déstabilisation de l'organisation institutionnelle. En somme, l'intérêt national doit, à plusieurs niveaux (économique, politique, culturel), être une préoccupation majeure des Etats africains. Comment y arriver sur le plan purement économique ? Ce livre tente d'y répondre.
Et si le Sahel ne manquait ni de ressources, ni d'idées... mais de convergence ?? Pourquoi, malgré des décennies d'aide, de réformes et de plans d'investissement, les économies sahéliennes peinent-elles à se transformer ?? Dans cet ouvrage rigoureux et stratégique, Etienne Fakaba Sissoko propose une lecture renouvelée de l'investissement public et privé dans les pays de l'Alliance des Etats du Sahel (AES). S'appuyant sur un cadre institutionnaliste et un modèle ARDL appliqué à plus de trois décennies de données, l'auteur explore les dynamiques croisées qui lient - ou désarticulent - action publique et initiative privée dans un contexte de crise prolongée. A travers une typologie de scénarios prospectifs jusqu'en 2035, une modélisation empirique solide et des recommandations ciblées, ce livre défend l'idée qu'un pacte de confiance public-privé, fondé sur la transparence, l'efficacité et l'intégration régionale, peut devenir le levier d'une souveraineté économique sahélienne crédible.
Et si le silence était devenu une arme aux mains du pouvoir ? A travers la voix de Sabu, narrateur lucide d'un pays fictif - Gayma -, Le carnet de Sabu dévoile, dans une prose perçante, les mécanismes d'un pouvoir autoritaire qui étouffe les voix, maquille les chiffres, enterre les vérités. Né de l'expérience d'un emprisonnement politique, il allie récit littéraire, engagement civique et résilience spirituelle, donnant corps à une résistance ordinaire : celle des mères, des enseignants, des journalistes et des oubliés. Chaque mot exprime un acte de foi, chaque page un refus de plier. Loin d'être une fiction, ce carnet est un miroir tendu aux peuples qu'on veut faire taire.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.