Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le brigand de Cavanac. Le fait divers, le roman, l'histoire, Edition revue et augmentée
Blanc Dominique ; Fabre Daniel
VERDIER
9,00 €
Épuisé
EAN :9782864328278
Tout au long du vingtième siècle circulait à Cavanac, un petit village de l?Aude, un manuscrit anonyme relatant la biographie de Pierre Sourgnes, dit l?Antougnou. Le récit nous apprend qu?à la suite du différend qui l?opposa à sa mère à propos d?une liaison amoureuse, le jeune homme, dans l?été 1837, prit le maquis ; sa carrière de brigand, riche en coups d?éclat, s?achèvera tragiquement quatre ans plus tard. Dans la multitude de récits qu?a suscités la brièveté intense et romanesque de cette vie, les auteurs de l?ouvrage ont isolé les trois canevas qui donnent à ce destin un sens tout différent. Selon la position que chaque narrateur, chaque groupe social, lui assigne, l?Antougnou est tour à tour criminel monstrueux, bandit d?honneur et individu révolté contre l?ordre du village. Cette lecture, proposée lors de la première édition en 1982, a aussitôt provoqué une controverse parmi historiens, sociologues et anthropologues sur les représentations de la figure du brigand. La présente édition, largement augmentée, offre au lecteur, outre le "roman" qui a contribué à alimenter la légende et l?analyse de Dominique Blanc et Daniel Fabre, le dossier de la controverse qu?a suscitée leur ouvrage après sa première publication.
Ce soir-là, Louis, seize ans, n'est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l'attente, par l'absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille. Chaque jour, aux abords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu'elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l'histoire se resserre sur un amour maternel infini. Avec Une longue impatience, Gaëlle Josse signe un roman d'une grande retenue et d'une humanité rare, et un bouleversant portrait de femme, secrète, généreuse et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées.
Son enfance, sa mémoire, sont la matière même de ses livres. Pourtant, c'est seulement en 2012 qu'Annie Ernaux retourne à Yvetot sur invitation de la ville de Normandie qui l'a vue grandir. Elle vient y donner une conférence sur son travail qui y est intimement lié. Ce retour en tant qu'écrivaine est un véritable événement littéraire et c'est cet événement qui est retranscrit ici. A la suite de ce texte lu par Dominique Blanc, Annie Ernaux se remémore, dans un entretien inédit, des moments de son enfance et de sa jeunesse à Yvetot à travers des photographies qu'elle a choisi de commenter.
Un court fragment énigmatique de la Genèse, celui qui traite de la confusion des langues, inspire les personnages et le monde en apparence intemporel d'Éden. Samuel Molina est traducteur dans une ville où la multiplication des langues a plongé les habitants dans l'incommunicabilité. Dominée par l'ombre d'une Tour en construction, la ville décrite ici n'est pas une ville du passé elle est, à l'image de la Babel de la Bible, la métropole dans laquelle nous vivons et vivrons dans le futur. Engagé pour la traduction d'un mystérieux Livre, écrit dans un idiome inconnu, Samuel Molina va devoir mettre à l'épreuve ses extraordinaires dons d'interprète. La commande, vitale pour la cité, l'est aussi pour Samuel dont les problèmes visuels et les déboires avec une administration aussi absurde qu'omniprésente mettent en péril l'identité et la vie. Le désir et l'amour d'une femme inaccessible accompagneront sa recherche jusqu'au dénouement.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.