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Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Cahier de doléances contemporain
FABER LUCE
AMSTERDAM
12,00 €
Épuisé
EAN :9782350960647
Depuis juin 2010, un appel à doléances contemporaines a été écrit et proposé à la cantonade pour rédiger un cahier de doléances en vue d'une cité à refonder. Sans attendre aucune convocation, ce cahier exprime la volonté de faire entendre la lassitude d'un peuple. On le dit souverain dans un régime démocratique, et il est régulièrement privé des débats qui devraient donner sens aux élections et à la représentation. Alors sans attendre, il faut dire à nos futurs représentants de venir faire connaissance avec leur souverain peuple; faire connaissance avec cette autre souveraineté forte de l'autorité de l'épreuve des jours qui affecte les corps pensants. Car ces doléances ne sont pas des suppliques, elles ont l'ambition de réinventer la souveraineté, loin du souverainisme étatique, proche d'une conscience commune à l'état naissant. Des doléances pour que ce peuple disséminé se ré-institue en faisant connaissance avec lui même. Sur les plis d'une perception subjective, personnelle, il s'agit de cerner, pas à pas, des situations communes; ce qui ne va plus dans nos vies affectées par la cruauté de politiques déshumanisantes, au travail, dans les écoles, dans les syndicats et les partis politiques, dans nos rues, dans les cafés, dans les fêtes, dans les arts, dans les préfectures et dans la loi. Ainsi, une multiplicité de singularités parfois solitaires, parfois prises dans des mouvements collectifs, disent la fragilité quotidienne et l'espérance d'un autre monde à venir. Cahier de doléances, appel à témoin, à témoigner, c'est-à-dire à traduire une expérience, à dire sa vérité avant que la possibilité même de témoigner ne disparaisse sous couvert d'expertise et d'intelligence artificielle. Les doléances recueillies sont présentées ici avec un nom de lieu et une date. Elles ne sont pas signées. Elles sont paroles errantes d'une chronique où l'Histoire collective se dit au creux de ces histoires singulières. Elles sont le porte-parole du désordre démocratique né du vide laissé par nos institutions politiques épuisées. Grâce aux introductions des chapitres, ces doléances sont le rétroviseur qui permet de revisiter les espérances des doléances d'antan, celles qui avaient été entendues et avaient donné naissance à ce qui est devenu notre trésor perdu: un peuple constamment délibérant.
Résumé : Les Indésirables ? C'est l'Autre, l'étranger, l'immigré, même s'il vit en France depuis plusieurs générations. Ils sont plusieurs millions sur le sol français. Africains, portugais, italiens, algériens, tunisiens, marocains, entre autres : visages anonymes, groupe muet, mosaïque de religions et de traditions. Comment les intégrer ? Comment éviter l'explosion d'une société française à l'heure où l'Europe pourrait s'enrichir à nouveau d'un flux d'immigrés ? Du ghetto ethnique dans les cités violentes à l'image médiatisée du footballeur, du communautarisme culturel aux petits drames quotidiens du racisme, du droit de vote aux charters sans pitié, les fantasmes abondent. Mais qu'en est-il de la réalité ? L'essai de Jean Faber est salutaire à bien des égards. Polémique, dénué de pathos, parfois cruel pour les politiques si frileux, il nous emmène dans le réseau enchevêtré des associations, sur le " terrain ", jusqu'à ces lieux où règne l'absurdité du discours officiel, là où l'homme n'a plus de visage. " J'ai le c?ur navré, de contempler les oripeaux de la République, trois couleurs et deux formules jetées pour cacher la misère des âmes qui nous crachent à la face, en silence et dignement, notre jésuitisme, notre impuissance, notre veulerie. " C'est un livre de c?ur et de raison.
Résumé : Isserley, jeune femme mystérieuse et aguicheuse, passe son temps à sillonner les routes d'Ecosse. Le parfait auto-stoppeur doit être jeune, grand et musclé. Quand elle trouve enfin la perle rare et l'embarque dans sa voiture, les choses se compliquent un peu... Que fait-elle de tous ces hommes au corps parfait qui disparaissent mystérieusement ? Quel destin les attend ?
Résumé : Dilemmes amoureux, incertitudes professionnelles, questionnements amicaux ? Choisissez une carte et laissez les chats vous guider et vous inspirer. Vous pouvez leur faire confiance : du haut de leurs 9 vies (et de leur sale caractère), ils savent ce qu'il faut faire, en toute situation et sans se préoccuper du regard des autres ! 50 cartes conseils et 1 livret pour les interpréter.
Alfred Fabre-Luce a commencé à étudier les causes de la guerre de 1914 dans un livre La Victoire (1924) qui, bravant les mythes et les mensonges, fit à l'époque scandale et qui exerça une profonde influence. L'histoire officielle affirmait alors que la Première Guerre mondiale était née d'un complot contre la paix ourdi par les gouvernements de Vienne et de Berlin. A deux reprises, en 1935 puis en 1951, des commissions internationales d'historiens firent justice de cette allégation et confirmèrent les analyses du jeune auteur français. On considère depuis qu'on ne peut attribuer à aucun gouvernement une volonté préméditée de guerre. Les recherches se poursuivirent et accentuèrent ces premières conclusions, comme le montre bien la préface de Georges-Henri Soutou, qui situe la personnalité et les travaux d'Alfred Fabre-Luce dans la galerie des historiens et des témoins de la guerre de 14-18. Alfred Fabre-Luce y contribua à nouveau, notamment en 1967, dans son livre L'Histoire démaquillée, à propos de l'attentat de Sarajevo et de l'attitude du gouvernement français devant la mobilisation russe. L'essentiel de ses écrits sur ces questions est réuni ici. Leur lecture permet de retrouver le talent de celui qui fut le premier historien lucide de cette crise. Elle permet aussi de dresser le tableau véridique des causes de la catastrophe européenne.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.