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Protéger et rendre capable. La considération civile et sociale des personnes très vulnérables
Eyraud Benoît ; Théry Irène
ERES
29,50 €
Épuisé
EAN :9782749233406
Extrait Extrait de l'introduction générale Cet ouvrage s'intéresse à l'instauration, à l'exercice, et au vécu des régimes de tutelles et de curatelles. Ces mesures de droit civil constituent l'organisation judiciaire de la protection de personnes jugées très vulnérables, non capables de pourvoir par elles-mêmes à leur intérêt. Elles concernent aujourd'hui près de 800 000 personnes en France, ainsi que les milliers de proches, voisins, médecins, juges, travailleurs sociaux, intervenants à domicile, mandataires à domicile, qui les côtoient. Il s'agit là d'un phénomène social qui pose la question de la prise en considération civile et sociale des capacités des êtres humains à se gouverner par eux-mêmes. Dans les sociétés démocratiques, cette prise en considération repose institutionnellement sur les principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui proclament la liberté et l'égalité en dignité et en droit des êtres humains. Ces principes se traduisent en droit civil par la reconnaissance d'une pleine et égale capacité. Celle-ci garantit aux personnes la liberté d'agir de manière autonome. Cette autonomie signifie que nul n'est en droit de prendre des décisions à la place d'autrui, et encore moins d'entraver ses mouvements, sans que le consentement de ce dernier ne soit donné, au moins sous une forme implicite. Dans la vie sociale, la prise en considération de ces capacités à se gouverner se fait le plus souvent sous une forme beaucoup plus informelle, et nécessairement plus confuse. Un encouragement bien ciblé dans un moment d'apprentissage, une attention discrète, un environnement bienveillant, contribuent tout autant à nous rendre capable d'agir que nos aptitudes individuelles. À l'échelle de nos vies, les actions dans lesquelles nous nous engageons ne relèvent pas tant de décisions autonomes mais de multiples enchevêtrements, attaches affectives, matérielles, qui nous tiennent raisonnablement les uns aux autres dans l'action. Ces dimensions institutionnelles et informelles de la prise en considération de nos capacités à agir se régulent ordinairement sans qu'on s'en rende véritablement compte. Les pratiques de solidarité et de soin se renforcent dans certains moments de fragilisation, maladie, coups durs, accidents alors que notre propension à nous sentir libres s'accentue quand tout semble aller bien. Les moments de formalisation de l'évaluation de nos capacités, ceux où la société est amenée à dire ce qui relève de notre propre compétence et ce qui relève de notre environnement, sont rares. La remise en cause du statut civil de personne capable était même traditionnellement exceptionnelle. Pendant longtemps, seules les actions rompant brutalement avec l'équilibre ordinaire de la vie familiale et sociale remettaient en cause l'organisation normale des solidarités informelles et pouvaient conduire à l'instauration d'un statut civil spécifique renforçant tout à la fois la protection de la personne, mais aussi la protection des proches et de l'environnement envers la personne manifestement déraisonnable. L'aliénation mentale a constitué ainsi, pendant de nombreuses décennies, le seul véritable motif de remise en cause de la pleine capacité civile des personnes, celui-ci étant justifié in fine par la promesse thérapeutique de la médecine mentale.
L'entreprise d'Etat, telle qu'elle a été développée par les communistes chinois, est un type d'organisation sociale très particulier. Elle se distingue d'une entreprise occidentale par son caractère de pluri-fonctionnalité : elle possède des fonctions économiques, administratives, politiques et sociales, et peut être définie comme une institution sociale totale au sens qu'E. Goffman donna à ce terme. Du point de vue de ses activités, elle est un simple maillon de l'organisation économique nationale : de nombreux éléments de sa gestion ne sont pas du ressort de la direction de l'entreprise. Les différentes réformes concernant les entreprises d'État commencent à la fin des années 70. Leur objectif est de réaliser un nouveau modèle d'entreprise. Il s'agit de réintégrer les fonctions de gestion de la production, des approvisionnements, des ventes, du personnel et de gestion financière. Ces nouvelles entreprises sont conçues comme des entités économiques indépendantes, pour lesquelles le critère majeur est celui de rentabilité. Il s'agit finalement, dans le même objectif de rentabilité, d'externaliser les fonctions sociales de l'entreprise. L'auteur définit l'entreprise d'Etat chinoise originelle comme une " forme sociale " particulière. L'objectif de son travail est l'analyse des transformations de cette forme tout au long de ces vingt années de réformes. Mais la question ne s'arrête pas là. Chacune de ces formes sociales s'intègre en fait et même présuppose un certain type d'économie et un certain type d'organisation sociale. Ce sont ces relations entre les caractéristiques essentielles de la forme et celles de la société globale que l'auteur analyse, montrant ainsi que l'entreprise est bien une affaire de société. Nous voyons d'ailleurs, en conclusion, comment l'aboutissement de ces réformes signifierait un changement radical de l'organisation sociale et spatiale de la société urbaine chinoise.
Se loger, c'est la sécurité première, ou plutôt, aujourd'hui, la première des insécurités. Tout le monde, ou presque, est concerné. Les loyers n'ont cessé d'augmenter, pour atteindre des niveaux insupportables. Les impayés et les expulsions explosent. L'hébergement d'urgence ne répond plus. Les habitats indignes prolifèrent. Pourquoi ? Et comment tolérer l'intolérable ? L'intolérable, c'est 150 000 sans-logis, quand 2,4 millions de logements restent vacants ! L'intolérable, c'est 3,6 millions de mal-logés, quand on vend au secteur privé des pans entiers du logement social ! Les lois Duflot sont insuffisantes ou contre-productives et ne feront pas baisser les loyers. Les logements neufs promis par le candidat Hollande ne seront pas au rendez-vous. Cet ouvrage dresse le bilan d'un désastre et propose un plan d'urgence pour y répondre : soixante mesures à prendre immédiatement pour que chacun(e) puisse se loger dignement. Parce qu'un toit, c'est un droit !
Professeur émérite de l'Université Clermont Auvergne et avocat honoraire au barreau de Clermont-Ferrand, Claude Devès s'est intéressé pendant toute sa carrière aux collectivités territoriales et plus particulièrement à leur développement économique. Il a de façon constante dans le cadre de ses recherches universitaires, parfois à contre-courant de la doctrine, mis en avant l'intérêt d'une gestion mixte des affaires territoriales alliant ainsi droit public et droit privé. Son approche est aujourd'hui largement partagée. Le partenariat public-privé est en effet devenu une évidence dans la gouvernance des collectivités territoriales. Ce liber amicorum en est une illustration. "Il faut faire le sacrifice de ses préférences, mais pas celui de ses convictions". (René Bazin)
Autour de l'urgence est le reflet d'un travail réalisé par les étudiants du semestre 7 de l'école nationale supérieure d'architecture de Saint-Étienne et de l'université Laval de Québec, dans le cadre d'un studio mené à la fois en France par Thierry Eyraud et au Québec par Jacques White. Cette expérience fut l'occasion pour les étudiants des deux écoles de réfléchir aux différents types de situations d'urgence, catastrophes naturelles, sociales, sanitaires, guerres... aux lieux dans lesquels elles arrivent, à la place de l'architecture et de l'architecte dans ces circonstances. La mise en commun de cette réflexion révéla les différences d'approches et les différences culturelles qui existent malgré notre langue commune. La diversité des projets présentés témoigne de cette richesse et de la vigueur des étudiants. L'expérimentation aux Grands Ateliers de l'Isle d'Abeau fut le point d'orgue de cette rencontre interécole. Au-delà du sujet de l'urgence, les étudiants purent se confronter à la réalité construite de ce qu'ils avaient eux-mêmes dessiné et faire ainsi l'expérience de l'espace de leurs propres projets.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.
La naissance soudaine, au sixième mois de grossesse, d'un enfant pesant souvent moins de mille grammes est toujours une épreuve pour le bébé et sa famille. Sont ici abordés en termes accessibles au plus grand nombre les problèmes médicaux, mais aussi psychologiques et éthiques qu'ils pourront rencontrer. Ce livre constitue une aide pour dialoguer avec les équipes soignantes, un outil pour mieux comprendre les difficultés, un point de repère auquel ils pourront peut-être se référer dans les périodes d'angoisse.