Les Annales islamologiques est une revue annuelle qui présente l'actualité de la recherche sur le monde arabe. Ce volume est consacré aux Villes et espaces en guerre dans le monde islamique médiéval (IVe-Xe/Xe-XVIe siècle). Du Xe au XVIe siècle, la militarisation du pouvoir et des sociétés alla croissant dans le monde islamique. Ce dossier, qui s'inscrit dans le cadre des travaux menés à l'Ifao autour d'une guerre envisagée comme un phénomène social et culturel, vise à participer à une meilleure compréhension des modalités de cette militarisation. Les études qui y sont présentées s'intéressent à la dimension spatiale de la guerre, qui a été largement délaissée par chercheurs. Elles éclairent non seulement la façon dont les populations percevaient et vivaient la guerre, mais aussi comment elle pouvait configurer ou reconfigurer les espaces, en particulier les espaces urbains, dans la péninsule Ibérique, au Maghreb, en Egypte et dans l'ensemble du Proche-Orient.
Dans un contexte de montée en puissance des usages récréatifs de la montagne, cet ouvrage propose de revisiter l'estive en tant qu'objet géographique, en s'intéressant aux formes d'action collective mise en oeuvre par des groupes d'éleveurs. Il s'agit de comprendre et d'analyser les pratiques, le jeu social et identitaire des hommes et des femmes qui perpétuent et renouvellent l'usage des estives pyrénéennes.
Le corps est une réalité avant d'être un concept. Nous le rencontrons comme un fait extérieur à la pensée, mais qui est, par là même, donné à penser. L'ouvrage aborde les principales tentatives pour constituer le corps en concept de Platon et Aristote à Foucault en passant par Hobbes, Descartes, Kant, Fichte, Hegel ou Nietzsche, ou du christianisme (Augustin, Tertullien) à la phénoménologie (Levinas, Henry) en passant par l'empirisme (Condillac, Rousseau). Ces auteurs sont envisagés au prisme de la question : Qu'est-ce qu'avoir un corps ? Le verbe avoir revêt ici un sens singulier. Est-ce se servir de son corps comme d'un instrument, en disposer librement, en dépendre, en être propriétaire, se sentir l'être... ? L'opacité de la relation au corps demeure aussi longtemps qu'il est posé comme un fait. Aussi propose-t-on de l'envisager également comme un processus d'appropriation qui en cultive les puissances, les sublime parfois dans l'expression de la beauté ou dans la jouissance. Mais un tel faire l'expose au risque de se défaire – ainsi dans le dénuement ou la maladie –, lorsque je m'éprouve assigné à un corps dont à certains égards je ne dispose plus.