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ETRE COMME TOUT LE MONDE - EMPLOYEES ET OUVRIERS DANS LA FRANCE CONTEMPORAINE
MASCLET OLIVIER
RAISONS D AGIR
24,00 €
Épuisé
EAN :9791097084066
Il est question dans ce livre de ces femmes et de ces hommes, employées ou ouvriers, qui vivent des revenus de leur travail et s'efforcent de "s'en sortir par eux-mêmes. Ces travailleurs représentent, aujourd'hui encore, un groupe social stable et important. Beaucoup plus qu'autrefois, ils entrent en interaction directe avec les membres des classes moyennes et supérieures, comme clients ou professionnels de services (garde d'enfants, santé, éducation, commerce, sécurisé, transports publics, etc.). Par leurs aspirations, leur fréquentation plus longue du système scolaire, leur accès à la consommation, ils se rapprochent des catégories moyennes ; en même temps, ils demeurent éloignés du capital culturel, leurs ressources économiques restent incertaines et leur travail, peu payé es peu considéré, est toujours subalterne. Par des portraits de couples et de familles, résidant dans des espaces aussi bien ruraux qu'urbains, de générations et d'âges différents, ce livre éclaire ce que signifie "s'en sortir" ou plus exactement "s'en sortir à peu près" dans la société française actuelle. A rebours des discours convenus sur la a France périphérique" ou sur le "déclassement des classes moyennes", il donne à voir les conditions d'existence de ces classes populaires, stables mais fragiles, leurs pratiques à la fois publiques (travail, sociabilités, engagements bénévoles, rapport à la politique et aux institutions) et privées (économie domestique, apports de genre et entre générations, loisirs individuels et "temps pour soi"). Cette série de 21 portraits montre comment ces femmes et ces hommes travaillent à "être comme tout le monde", c'est-à-dire à éviter la relégation parmi les "assistés" et à s'affirmer comme membres à part entière de ce que Robert Castel appelait la "société des semblables". Elle fait comprendre leurs aspirations autant que leurs déceptions et leurs griefs, la manière dont ils s'efforcent de jouer le jeu d'un ordre social qui pourtant leur fait peu crédit.
Aujourd'hui, la question de la " pauvreté urbaine " semble ne plus pouvoir se décrire autrement que dans le langage du " ghetto ", des " favelas ", des " banlieues " ou autres " quartiers sensibles ". Ce sont en effet sur certaines portions de la ville que se sont focalisés les débats publics, en Amérique comme en Europe, pour appréhender les inégalités. Cette focalisation pose cependant certains problèmes. Comment appréhender spatialement la question de la pauvreté sans occulter les mécanismes structurels à l'origine de ces inégalités ? Comment ne pas s'en tenir à une description misérabiliste de territoires qui seraient rongés par l'anomie, ou à une valorisation populiste de quartiers aux pratiques culturelles spécifiques ? Comment, parallèlement, analyser le traitement institutionnel de ces territoires et les transformations qui en découlent, en prenant en compte la manière dont elles sont vécues et reçues ? Pour éclairer les ambiguïtés qui marquent la gestion de la " pauvreté urbaine "au cours des dernières décennies, ce numéro analyse les préoccupations politico-morales, les impératifs managériaux et les dispositifs sécuritaires mis en place pour " lutter contre les ghettos " et créer de la " mixité sociale ".
Cartier Marie ; Coutant Isabelle ; Masclet Olivier
Marie Cartier, université de Nantes, Centre Nantais de sociologie et CMH-ETT, auteure de Les Facteurs et leurs tournées. Un service public au quotidien (La Découverte, 2003. Isabelle Contant, CNRS, chargée de recherche à l'IRIS. tuteure de Politiques du squat (La Dispute 2000 et de Délits de jeunesse La Découverte. 2005). Olivier Muselet, université Paris-V. CERLIS-CNRS, auteur de La Gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué (La Dispute. 2006) Yasmine Siblot, université Paris-I, G. Friedmann-CNRS et CSU-CNRS, auteure de Faire valoir ses droits au quotidien. Les services publics dans les quartiers populaires (Presse. de Sciences Po, 2006)
Résumé : Le concept de "diversité" a investi les champs politiques, économiques, médiatiques, sociaux : invoqué par les uns, controversé pour les autres, il fait ici l'objet d'une nécessaire mise en perspective sociologique. A travers ce nouveau thème, les entreprises, les grandes écoles ou encore les partis politiques entendent manifester leur volonté de mieux représenter la société française dans ses différentes composantes et de lutter contre les préjugés. En ce sens, la diversité exprime la reconnaissance publique des discriminations, et d'abord des discriminations fondées sur "la race" ou "les origines" dont il est ici question. Ce livre examine les enjeux de cette reconnaissance et analyse les usages concrets de la diversité, par-delà les effets d'annonce et de rhétorique. Dans cette seconde édition, il s'enrichit d'un nouveau chapitre sur l'expérience des discriminations. Une question centrale organise l'ensemble de l'ouvrage : la diversité répond-elle bien à la question des inégalités et au sentiment d'injustice exprimé par celles et ceux témoignant des discriminations ?
Masclet Olivier ; Misset Séverine ; Poullaouec Tri
On entend souvent que la société française se serait "moyennisée", provoquant la disparition pure et simple des classes populaires qui, soit auraient accédé à la classe moyenne, soit auraient été rétrogradées parmi les "pauvres"... Or, si les classes populaires ont effectivement changé depuis la désindustrialisation des années 1970, elles continuent bel et bien d'exister et les idées reçues à leur sujet ne manquent pas. Reléguées dans la France périphérique, les classes populaires se vautreraient dans la consommation de masse, s'abêtiraient devant la télé et le foot, seraient réac, sexistes, racistes, voteraient pour l'extrême droite et auraient pour rêve ultime l'achat de leur pavillon... Cet ouvrage, écrit par les meilleurs chercheurs et chercheuses, dépasse ces clichés et dresse un portrait documenté de ces classes populaires qui subissent de plein fouet la montée des inégalités.
Résumé : Des outils de compréhension produits par les sciences sociales. Des pistes de réflexion pour répondre à certaines questions déterminantes pour l'avenir de ce mouvement de contestation inédit : Actions efficaces dans ce combat. Bases et alliances. Positionnement face à la violence. Résistance dans la durée. Structuration (égalité, liberté et solidarité). La guerre des classes face au libéralisme autoritaire. Docteur en sociologie, Laurent Denave a interrompu ses recherches en novembre 2018 pour se consacrer entièrement au mouvement des Gilets jaunes. Cet ouvrage est le fruit deux années d'expérience et de réflexions sur cette lutte politique. L'auteur souhaiterait mettre à disposition des militants engagés dans ce mouvement (toujours en cours, même s'il est moins visible), ou engagés d'une manière ou d'une autre dans la guerre des classes, des outils d'analyse et de compréhension produits par les sciences sociales critiques. Eclairer ou clarifier certains problèmes rencontrés sur le terrain pourrait sans doute contribuer à les résoudre. Il s'agit de donner des pistes de réflexion pour tenter de répondre à certaines questions déterminantes pour l'avenir de ce mouvement de contestation inédit : Quelles actions sont les plus efficaces dans ce combat ? Sur quelles bases peut-on construire des alliances et avec qui ? Comment se positionner par rapport à la question centrale de la violence ? Comment résister à la répression et tenir sur la durée ? Comment structurer le mouvement afin de mettre nos pratiques en accord avec les principes que l'on défend (égalité, liberté et solidarité) ? Cet ouvrage s'adresse également à celles et ceux qui soutiennent la lutte sans y participer directement et qui aimeraient en avoir une meilleure compréhension. Il entend déconstruire (et donc délégitimer) certaines représentations négatives, portées par les médias et leurs intellectuels de service sur la diversité des protagonistes de cette lutte, ce qui peut avoir des conséquences sur la manière dont ils sont considérés, traités et criminalisés, par la police ou la justice. Il donne à voir, derrière les mobilisations des Gilets jaunes, la véritable guerre des classes que les classes populaires livrent en réalité contre le libéralisme autoritaire en marche.
Le rôle de l'industrie agroalimentaire dans la production des normes sanitaires est bien connu, comme par exemple lors du rejet d'amendements à la loi Agriculture et alimentation (dite Egalim) visant à équilibrer les relations avec les agriculteurs et à promouvoir une alimentation saine et durable. Cependant, ce rôle est rarement compris dans toute sa complexité et toutes ses ramifications, bien plus invisibles et prégnantes que l'on pourrait le croire. L'agro-industrie prend en effet le contrôle de la politique nutritionnelle qui devrait être du ressort de l'Etat, en prenant en main, d'abord la recherche, ensuite la formation et la mise à l'agenda de toute forme de politique publique dans ce domaine. Elle maîtrise la production d'informations, y compris scientifiques, elle se construit une image positive en participant à toutes sortes d'associations, d'événements, de financements de recherches et d'expertises, etc. Loin d'être une simple affaire de comportements individuels, de conflits d'intérêt des scientifiques, de cynisme des industriels ou de faiblesse morale des politiques, la prégnance des intérêts économiques est ici systémique. Ce livre montre qu'elle est le produit du travail de longue haleine d'une multitude d'organisations et de professionnels, dont c'est le métier. Leur travail façonne les espaces d'intervention des experts et des décideurs. L'industrie agroalimentaire fait prévaloir ses points de vue et intérêts en s'immisçant dans des espaces scientifiques, politiques et philanthropiques. L'enquête sociologique présentée dans ce livre offre - pour la première fois en France - une vision d'ensemble des interventions mises en oeuvre par l'agro-industrie, en décrivant par le menu les différents types de stratégies, leurs supports organisationnels et humains, ainsi que les espaces sociaux qui en sont le produit. Ces résultats permettent de se faire une idée plus juste de la place des intérêts économiques dans la décision publique en matière d'alimentation et de nutrition, et dans une certaine mesure de s'en prémunir.
Dépensier, "inefficace", l'État social est la cible d'attaques récurrentes et l'objet de multiples réformes. Mais que sait-on des professionnels qui ?uvrent en son nom au quotidien? Comment font-ils face aux changements incessants de leurs conditions de travail? Au cours d'une longue enquête dans plusieurs services sociaux, la sociologue Delphine Serre a choisi comme fil directeur les signalements d'enfant en danger qui sont envoyés à la justice. Entre 1994 et 2006, le nombre de mineurs concernés a quasiment doublé. A travers ces signalements on découvre les savoirs et les pratiques, les règles juridiques et les normes éducatives qui guident les assistantes sociales chargées d'identifier les désordres familiaux. La décision de faire appel au juge dépend aussi du contexte de travail, de l'appartenance générationnelle et de la trajectoire de ces agents. Partagées entre le souci d'agir et la peur d'aggraver des situations déjà dramatiques, les assistantes sociales doivent surmonter leurs doutes et trancher. Elles sont d'autant plus déstabilisées qu'elles sont soumises à un nombre croissant d'injonctions, parfois contradictoires, et disposent de peu de ressources pour venir en aide à un public de plus en plus précarisé. Derrière leur réticence ou au contraire leur empressement à signaler apparaissent les causes structurelles du "malaise" des travailleurs sociaux. En nous faisant entrer dans les coulisses de l'Etat social, ce livre permet de comprendre l'épreuve que traversent les professions du public qui, sur le terrain, sont confrontées au désarroi des familles tout en voyant leurs moyens se réduire.
Que veut dire être gayfriendly ? Avoir des amis gais ? Soutenir. le "mariage pour tous" ? Envisager sans effroi que sa fille devienne lesbienne ? Sortir dans des bars gais et même renouveler ses propres pratiques sexuelles ? Il n'y a pas de "bonne" gayfriendliness, mais des attitudes différentes, en France et aux Etats-Unis, variables selon les âges, le sexe et les parcours de vie. L'acceptation de l'homosexualité, qui progresse indéniablement, n'est pas non plus réservée aux plus riches : ces derniers l'ont plutôt intégrée au sein d'une morale de classe qui leur permet de se distinguer des pauvres, des habitants des banlieues ou encore des populations racisées. Interviewer des hétérosexuels de milieu aisé montre que, dans des espaces de tolérance et de mixité comme le Marais à Paris et Park Slope à Brooklyn, le contrôle n'a pas disparu : la sympathie s'exprime avant tout en direction de gays et de lesbiennes de même statut socioéconomique, qui manifestent leur envie de couple et de famille, et mettent en sourdine tout autre revendication. La gayfriendliness a donc fait reculer la violence et les discriminations ; elle accompagne aussi l'invention, par les femmes surtout, de modes de vie moins conventionnels. Pourtant, si elle a mis fin à certains préjugés, elle ne s'est pas encore complètement affranchie de ce qui reste un élément structurant de nos sociétés : la domination hétérosexuelle.