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Aux gens du livre. Essais et discours
Esterhàzy Péter ; Jarfas Agnès
EXILS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782912969521
C'est bien ainsi, c'est la raison pour laquelle je suis écrivain (et non professeur ou prédicateur). La feuille blanche incriminée, l'épouvantail des écrivains, ne m'a jamais épouvanté. La feuille quotidienne, là, sur le bureau matinal, ça oui, bien sûr, il vaut mieux courir que tenir, mais le fait que je suis écrivain ne m'a jamais causé de souci. Ce qui veut dire à cette date que je n'ai pas de remords d'intellectuel, je ne pense pas que je pourrais, comme on dit, exercer plutôt un métier honnête, mieux, je pense que j'exerce un métier fort honnête (en principe, ce n'est pas un éloge : si un écrivain travaille honnêtement, il n'en découle encore rien ; c'est en ceci qu'il diffère du maçon, en beaucoup d'autres choses par contre ils se ressemblent) - et cela signifiait au départ que je n'avais jamais éprouvé la nécessité intérieure ou extérieure de le prouver. On va encore nuancer ça. " Péter Esterhazy, né en 1950, est sans doute l'écrivain hongrois contemporain le plus important. Ce recueil d'essais, de discours et de nouvelles, qui couvre un quart de siècle, trace un autoportrait, en même temps qu'il propose une approche de son travail d'écriture. Et comme toujours avec l'auteur de L'Œillade de la comtesse Hahn-Hahn, humour et invention sont au service de l'intelligence.
Après le bouleversant diptyque romanesque composé deHarmonia Coelestis et Revu et corrigé, entièrement consacré àla figure du père, Péter Esterhazy décline ici le thème de lamère. Se jouant subtilement des frontières entre fiction etréalité, le grand romancier hongrois la ressuscite en prenantplaisir à brouiller les pistes. Si Pas question d'art foisonned'anecdotes au sujet de la mère, comme sa prétendue passionpour la question du hors-jeu en football, ou sa ressemblanceavec la reine d'Angleterre, Esterhazy semble surtout suivrelibrement le ressac de sa pensée, en contournant pour notreplus grand bonheur les règles de la narration classique. Lesréflexions de l'auteur sur l'amour, la filiation, Dieu, la maladieet le ballon rond s'enchaînent et nourrissent une narrationimpossible à circonscrire, tant ses embranchements et sesrebondissements sont multiples. Tout cela est ironique etdrôle, même si l'obsession de la mort, le narrateur doitprononcer l'oraison funèbre du coach, mais aussi creuser latombe de la mère, caresse avec gravité le texte. Pas questiond'art fouille et approfondit ainsi les thèmes chers à Esterhazy,dans une écriture "thomas-bernhardienne" encore plus libreque celle des précédents ouvrages. Sa mythologie personnelleest constamment modifiée, revue et corrigée, et bon nombred'épisodes contradictoires s'entrechoquent dans le texte,comme pour nous dire que la vérité n'est jamais là où nouscroyions l'avoir trouvée. Insaisissable, en somme.
Résumé : En reprenant un voyage interrompu trente ans plus tôt, le narrateur accomplit la descente du Danube dans l'intention d'y consacrer un livre. Cette exploration de l'espace et du temps, à la fois drôle et grave, permet à Péter Esterhazy de présenter en raccourci l'histoire de sa famille et celle de l'Europe centrale. Et de s'interroger sur la situation de l'écrivain dont le public attend des récits, de préférence distrayants, qui le transportent dans un ailleurs. Le romancier serait donc aux ordres d'un tyran : le Lecteur. Dans quelles limites doit-il se plier à ses exigences ? Doit-il céder à la coquetterie ? Comme ces femmes écrivains qui ont, selon Heine, " un ?il fixé sur le papier, l'autre sur un homme ; excepté la comtesse Hahn-Hahn qui est borgne ". Un auteur doit-il plaire au Lecteur ou est-il préférable qu'il soit " borgne "?
Résumé : "Péter Esterházy dédie son livre au fameux romancier tchèque Bohumil Hrabal, auquel il emprunte non seulement de longs passages, mais aussi l'idée de se décrire lui-même vu par les yeux de sa femme. C'est là l'un des ressorts comiques de cette oeuvre dont le côté ludique ne fait que prolonger une veine esterhazienne devenue célèbre. Le thème central, qui sert de fil conducteur, c'est le dilemme auquel se trouve confrontée l'héroïne Anna : se fera-t-elle ou non avorter ? Dieu le Père, sorte d'adjudant borné au vocabulaire peu châtié, envoie deux de ses anges sur terre pour empêcher l'oeuvre impie. Réussira-t-il ?Sujet mince à première vue. Mais Péter Esterházy touche là à un thème plus universel et plus profond, celui du créateur impuissant face à sa création. Dieu le Père baisse les bras devant l'homme, et lorsqu'il s'essaie à jouer du saxophone, il ne parvient à en tirer qu'un horrible couac." Agnès Kahane.
Et si Bill Gates cessait d?être seul à occuper toute la scène et à représenter avec sa marque l?avènement de la société de l?information ? Au prototype du marchand bouffeur de parts de marché, un jeune philosophe oppose le hacker, citoyen partageur.Les premiers hackers ont adopté le nom dans les années 60, et si le mot a désigné les fouteurs de bordel depuis les années 80, c?est qu?il a été vidé de son sens. Au départ, les programmateurs fous furieux d?informatique oeuvrant au MIT, le Massachusetts Institute of Technology, l?utilisaient pour désigner un passionné, «un expert ou un enthousiaste de toute nature». Ni professionnel, ni commerçant. Cette définition, même limitée à l?informatique, sous-entend une conception du travail particulière. Opposée à celle du protestant Max Weber, qui souhaitait une vie rythmée par le travail pour chacun, elle place comme priorités le bien fait à la communauté et le partage gratuit des connaissances, comme dans les académies grecques. Voyous piqueurs de numéros de cartes de crédit et d?intrusion sauvage sont appelés «crackers». Les vrais hackers se battent pour la liberté de la toile et son usage démocratique. C?est un duo finlandais qui nous aide à modifier notre perception : Linus Torvald, inventeur de Linux, a signé la préface du livre et Pekka Himanen, philosophe de 27 ans, enseignant à Berkeley, a observé les moteurs des membres de la caste. Passion, jeu, plaisir et partage, les ingrédients de son livre lui ont valu une traduction en dix langues. Pas mal, pour un essayiste voltairien. --Luc Biecq -- Urbuz.com
Loin des commémorations de luttes passées et des célébrations nostalgiques de Mai 68, ce livre se veut avant tout, au sens propre, un "pavé graphique". Pour inciter chacun à ouvrir les yeux et à se prendre en main. Pour que chacun aiguise ses perceptions, acquière des réflexes, des habitudes. Dans ces pages sont rassemblées quelques idées, formules et solutions visuelles qui pourront servir encore. L'avenir n'est pas à l'ordre du jour, et les prochains pavés seront sans plage. Ami lecteur, garde ce livre, c'est une caisse à outils.
L'Afrique a survécu à tant de choses, l'esclavage, les guerres, la colonisation. Elle survira au développement ! " Terrible industrie du développement : les missions internationales se succèdent, la Banque mondiale et les Nations unies lancent de vastes programmes, les ONG s'arrêtent à des micro-projets ou interviennent dans l'urgence, contre la sécheresse, la famine, l'exode. Chaque expert, après quelques semaines sur le continent, est persuadé d'avoir compris. De nouveau, il réinvente l'Afrique ; " Nous avons fait croire aux Africains que nous avions les réponses, et ils ont oublié les questions ". Voilà pourquoi, sous prétexte de développement un continent est livré à tous les mauvais rêves des occidentaux, au néocolonialisme et à l'ethnocide. Avec la participation parfois enthousiasme de certains Africains. Au-delà des clichés touristiques, au-delà du sensationnalisme des désastres, ce livre est d'abord un regard en récit. Après des années d'études sur le terrain (d'où sera tiré l'ouvrage resté fameux, L'Afrique étranglée, écrit avec René Dumont). Marie-France Motteux passera huit ans sur le continent noir. Elle nous fait vivre la sécheresse en Mauritanie, les mondanités de Dakar, l'arrivée du Président français au Mali... Quelques années plus tard le paysage s'assombrit : Somalie, Libéria, Rwanda, Zaïre... La confusion, l'anarchie, semblent partout présentes. " Tout n'a pas si mal tourné. Il faut nous laisser à notre propre rythme ", explique pourtant Juliennes K. Nyerere, l'ancien président de Tanzanie. Oui, l'Afrique survivra au développement.