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La mort à distance
Esteban Claude
GALLIMARD
20,80 €
Épuisé
EAN :9782070784820
On peut considérer ce livre comme le poème-testament, ou le testament poétique, de Claude Esteban. C'est un poème terrible et magnifique, écrit avant, pendant et après son hospitalisation - juste avant sa mort. L'important n'est pas ici sa construction parfaite en cinq parties, faisant alterner des récits en vers minimalistes avec des poèmes courts ou des proses poétiques, ni sa langue épurée et musicale ; c'est l'extrême lucidité de l'auteur devant la mort qui vient et le bilan sensible qu'il tire de cette expérience. S'il tente encore de mettre la mort à distance, c'est maintenant sans illusions, en la regardant bien en face et dans un poème débarrassé du souci de plaire ou d'être à la mode, dans un poème vital, vivant. Car Claude Esteban y mesure sa vie à l'aune de la douleur, de l'angoisse, du néant. D'un coup, les êtres, les choses, les mots acquièrent un autre poids, celui du réel et de la vérité.
Résumé : Que signifie aujourd'hui pour le poète être absolument moderne, selon l'injonction qu'avait lancée Rimbaud ? Non plus, sans doute, se déprendre des "vieilleries poétiques", depuis longtemps dévaluées, mais peut-être s'inquiéter des multiples mandements qui ont fini par instaurer, tant bien que mal, une sorte de raison poétique, implicite parfois, impérieuse toujours. De Boileau à Breton, la poésie de langue française et les poètes qui l'ont fondée n'ont jamais su faire l'économie de manifestes et d'argumentations théoriques, comme s'ils devaient sans fin justifier leurs entreprises aventureuses. À quoi s'oppose ici Claude Esteban par une critique, qui cherche moins à censurer, à condamner ou à prescrire, qu'à cerner des profils, à suivre pas à pas des itinéraires - de Hölderlin à Octavio Paz, en passant par Saint John Perse, Bonnefoy, Jaccottet, Machado, Jorge Guillen, B. Noël, Adonis, poètes dont il est licite de penser qu'ils représentent à eux seuls une manière de remise en question de cette "modernité" aussi provocante que mal assurée de ses principes. Là où les idéologies, usées, font défaut, les paroles de quelques poètes recouvrent une vertu comme neuve. Tous les écrivains auxquels s'intéresse Claude Esteban ici, se caractérisent par une poésie temporelle et enracinée, à la différence d'autres qui s'attachent à sa littéralité discursive, oublieux que le poème est un mouvement vers le sens. À les lire, on se convainc que "la poésie n'a pas d'autre lieu d'existence que cet Ici et Maintenant d'un peu de terre compromise, mais sous le " bleu adorable " d'un Ailleurs et d'un Toujours".
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.