Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Mémoire du yiddish. Transmettre une langue assassinée
Ertel Rachel ; Bou Stéphane
ALBIN MICHEL
20,60 €
Épuisé
EAN :9782226436948
Rachel Ertel a consacré sa vie à faire connaître et reconnaître la littérature yiddish aux lecteurs francophones. Par ses essais, ses traductions et son enseignement, elle a oeuvré pour la sauvegarde et la transmission de ce riche espace culturel. Son parcours personnel est bouleversant : c'est celui d'une petite fille aux parents écrivains rescapés de la Shoah, qui fut déportée en URSS pendant la guerre avant de trouver refuge en France et de voyager aux Etats-Unis ; c'est aussi celui d'une femme de conviction, déracinée mais passionnée, amie des artistes, des poètes et des grands auteurs yiddish du XXe siècle. Au fil des souvenirs convoqués émergent les grandes problématiques au coeur de la création littéraire, et en particulier les enjeux de toute traduction : Comment transmettre une mémoire perdue, ressusciter un monde aboli ? Comment transposer une langue mourante, liée à un vécu et à une destruction hors parole, en une langue vivante ? Comment concilier le deuil de la langue et la jouissance esthétique de la translation, de la transposition, de l'écriture ? A travers la voix forte d'une grande passeuse de la mémoire du monde yiddish, nous entendons la langue des assassinés. Rachel Ertel nous rappelle que l'Anéantissement est au-delà des pleurs, du temps, comme une entaille dans l'histoire de l'humanité, dont seule l'écriture peut porter témoignage, afin qu'il ne soit jamais oublié. Rachel Ertel a enseigné la littérature américaine à Paris 7 où elle a fondé le Centre d'études judéo-américaines. Elle est également présidente d'honneur de la maison de la culture yiddish. Stéphane Bou est journaliste.
Résumé : Dans la petite ville polonaise de Baluty, au début du siècle précédent, dans le quartier des petits juifs misérables, Chayélé nous raconte son enfance. Une enfance entourée d'une nombreuse famille qui forme toute une galerie de personnages pittoresques : tante Beïlé la lavandière, qui attend désespérément le retour de son époux parti "au service du tsar" ; tante Léa dite l'Autruche, pécheresse réprouvée ; oncle Hil, le joyeux fossoyeur ; grand-mère Ité-Biné qui vend des légumes au marché pendant que son mari lit les psaumes à la maison ; tante Esther, la belle nihiliste qui fuit à l'étranger tandis que Moshé, père du petit garçon, se fait arrêter. Et c'est ainsi que Chayélé, dont la mère est malade, séjourne chez les uns ou chez les autres, ne dormant jamais seul dans son lit. C'est avec une grande justesse que l'auteur a su rendre la sensibilité de l'enfant qui questionne les adultes, saisit des bribes de conversations qu'il interprète à sa manière, pressent des drames dont on cherche à le protéger. Car la parole est sacrée et le sens souvent obscur, ce qui donne au moindre mot une puissance infiniment créatrice de rêve et fondatrice de rites et de traditions, ces traditions religieuses et ces légendes familiales qui, pour les juifs de la Diaspora, finissent presque par se rejoindre dans une commune origine mythique. Vu par les yeux d'un enfant, ce monde à la fois réel et mystérieux, concret et magique, est une source intarissable d'émerveillement.
La poésie yiddish... Un fantôme? Depuis la Seconde Guerre mondiale on imagine que la langue - et donc la poésie - yiddish est morte en même temps que ses locuteurs. En vérité, cette langue est toujours présente - même si elle vit désormais autrement - et sa poésie toujours vigoureuse. Le choix, pour ce volume, s'est porté sur Jacob Glatstein, un témoin de l'histoire juive récente: il a écrit aussi bien avant, du temps de la paix, qu'après le génocide et ses heures terribles. Ce recueil présente un choix de poèmes composés entre 1920 et 1970 - cinquante années lourdes en événements. Jacob Glatstein en a été un témoin inspiré; il sait faire partager au lecteur ses émotions, sans pathos ni artifices. Le choix des poèmes et leur traduction yiddish sont l'?uvre de Rachel Ertel.
En 1939, le nombre de locuteurs et de lecteurs du yiddish atteignait plus de dix millions, répartis entre l'Europe - et en premier lieu la Pologne -, la Russie et les Etats-Unis. L'immense majorité du yiddishland fut anéantie sur le Vieux Continent, et cette annihilation s'étendit, en cercles concentriques, engloutissant peu à peu ce qui en restait ailleurs. Dans l'introduction du premier volume de ces Royaumes juifs, Rachel Ertel explique comment, depuis le XIVe siècle, des centaines de milliers d'oeuvres en yiddish, des milliers de quotidiens, des centaines de troupes de théâtre avaient essaimé dans le monde entier, les inspirations s'échangeant dans l'effervescence, les oeuvres se fécondant les unes les autres. Les auteurs de langue yiddish ont constitué au cours des âges une immense bibliothèque aux formes inédites, alliant leur spécificité et les emprunts aux cultures environnantes en une alchimie propre. A partir du XIXe siècle et jusqu'au Génocide, avec l'emballement de l'histoire mondiale et les migrations de masse, ils connurent une ardeur, une impétuosité, une intensité qui est allée s'amplifiant à mesure qu'ils se dégageaient de la contrainte des traditions. La publication de ces oeuvres, dont certaines sont épuisées et d'autres inédites, redonne à la culture yiddish toute la place qui était la sienne dans cette Europe où elle naquit et fleurit pendant des siècles. Les Royaumes juifs, en deux volumes, constituent en quelque sorte une "bibliothèque portative" de la littérature yiddish. Ce second volume rassemble sept auteurs de nouvelles ou de romans écrits au cours du XXe siècle et montre la diversité de cette littérature du monde: Pologne, Russie, Etats-Unis, Israël, France... Biographie de l'auteur Rachel Ertel est professeur des universités en études américaines et spécialiste des littérature et culture yiddish. Elle a traduit une trentaine d'oeuvres du yiddish, romans et poésies, et est l'auteur, entre autres, de: Le Roman juif américain (1980); Le Shtetl (1982); Dans la langue de personne: poésie yiddish de l'anéantissement (1993); Brasiers de mots (2003). Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux Etats-Unis dans les années 1970.
Résumé : En 195 aphorismes, les Yoga-Sutras de Patanjali codifient l'enseignement d'une pratique traditionnelle plusieurs fois millénaire. C'est l'esprit même du Yoga qui se trouve ici décrit, résumé en une série de remarques lapidaires et lumineuses. Vrai traité de connaissance de soi, cet ouvrage est l'un des textes majeurs de l'humanité. Son message, transcendant les siècles, se révèle bien plus que moderne : essentiel.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".