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Débordements. Littérature, arts, politique
Engélibert Jean-Paul ; Lampropoulos Apostolos ; Po
PU BORDEAUX
24,00 €
Épuisé
EAN :9791030007329
La métaphore du débordement suggère à la fois une fonction de l'oeuvre littéraire ou artistique, voire une aptitude qui lui est inhérente, et une façon de rappeler ses limites ou de lui imposer un certain contour, de la mettre en contact avec le monde vers lequel elle déborde tout en la séparant de lui, ne serait-ce qu'artificiellement. Toutes sortes de "bords" peuvent aider à penser le monde des arts et ses ambivalences, à différents niveaux de réalité : l'artiste est pris entre la sensation que l'art "déborde", ne lui laissant aucun dehors saisir, et l'impérieuse nécessité où il se trouve de "déborder" lui-même ; le lecteur ou spectateur est pris dans des réseaux complexes de cercles savants plus ou moins conscients du vaste hors-champ constitué par tous ceux qui n'ont pas l'art dans leurs vies et n'ont aucune pensée de ses enjeux politiques ; diverses institutions, enfin, hiérarchisent et "bordent" les gestes critiques. Le présent volume interroge ces différents acteurs, dans le sillage de cheminements critiques familiers, émanant d'artistes comme l'écrivain Italo Calvino ou le plasticien Jorge Méndez Blake (dont une oeuvre illustre la couverture), ou de philosophes comme Jacques Derrida et Jacques Rancière. La première section, Traductions critiques : mots et figures du débordement, interroge le rapport entre langue et action et à travers lui les moyens de l'écrivain. La deuxième section, Gestes critiques : interprétation et performance, pose l'horizon d'une réception dans l'espace public du théâtre ou de la rue, aborde la question du débordement comme "confluence". La troisième section, Débordement dans le genre, propose une déclinaison de la notion de genre à travers les représentations des femmes au XVIIe siècle et le croisement des questions du genre, de la race et de la classe sociale dans les littératures du début du XXIe siècle. La dernière section, Au bord du contemporain, interroge spécifiquement la façon dont le récit contemporain travaille les cadres. L'ambition du volume n'est pas seulement de parler des débordements, d'en faire la liste ou d'en rappeler la diversité. Il montre que ce sont surtout des occasions de rencontres, des invitations à des assemblées publiques et à des croisements de corps et de voix.
Quand la notion d'intertextualité est apparue à la fin des années 1960, elle s'inscrivait dans une " théorie du texte " insistant sur la " productivité " de l'écriture et la signifiance comme " procès ". Instituée en catégorie générale par ses promoteurs, elle ne prétendait pas constituer un instrument critique, mais participait d'un projet philosophique. Plus tard, quand l'intertexte a commencé à faire l'objet de descriptions dans une visée poéticienne, la critique littéraire y a gagné des concepts opératoires ; elle y a peut-être perdu les perspectives générales que la théorie du texte cherchait à imposer. En se proposant de travailler sur trois mots - reprise, répétition, réécriture - les comparatistes ont voulu relancer l'intérêt pour l'intertextualité en ce début de XXIe siècle où cette notion, employée dans un contexte très éloigné de celui où elle a vu le jour, semble avoir perdu de son pouvoir de questionnement. Or toute étude comparatiste la convoque nécessairement, même si cela reste implicite, au point qu'on oublie de s'interroger sur son sens. Combien d'études de source ou d'influence se sont-elles masquées depuis vingt-cinq ans sous le vocabulaire de l'intertextualité ? Ces trois mots évoquent trois types de lecture des rapports que les ?uvres d'art entretiennent avec d'autres ?uvres d'art. Le premier est métaphorique : si texte veut dire tissu, comme on le dit couramment depuis Barthes, sa reprise suggère à la fois les fortunes et infortunes de sa réception (accrocs, raccords, raccommodages...) et la nécessité de toujours remettre l'ouvrage sur le métier ; il insiste sur le fait que toujours déjà tout est dit et que pourtant, sans cesse, le langage se réinvente. Le second est pratique et herméneutique : que la répétition porte sur des unités de discours plus ou moins grandes, ou qu'elle renvoie, dans une autre acception, au travail théâtral, elle suppose toujours un usage réfléchi de la langue et implique une transformation, même minimale, de l'énoncé. Le Pierre Ménard de Borges est ici l'exemple canonique ; la répétition interroge paradoxalement l'histoire : que s'est-il passé entre ses deux occurrences pour qu'un énoncé soit devenu différent de lui-même ? Le troisième est scriptural et critique : la réécriture renvoie aux opérations multiples qu'un texte effectue toujours sur d'autres textes et dont on peut entreprendre le repérage et le classement. Les quarante-et-une études de ce volume s'attachent à ces trois perspectives par lesquelles se décrit l'infini travail de pliage et de dépliage en quoi consiste l'écriture.
Engélibert Jean-Paul ; Attridge Derek ; Brezault E
Auteur majeur des lettres anglaises depuis une trentaine d'années, désormais traduit et commenté dans le monde entier, J. M. Coetzee est encore peu étudié en France et souvent perçu à travers le filtre post-colonial. Or, le romancier sud-africain est aussi un lecteur assidudes plus grands écrivains européens de l'Antiquité au XXe siècle. Depuis ses débuts, il entretient un dialogue constant avec ses prédécesseurs. Les douze essais de ce volume cernent les contours de cet intertexte qui se développe de Terres de crépuscule à L'Homme ralenti et l'analysent. Virgile, Defoe, Dostoïevski, Kafka, Beckett apparaissent comme les interlocuteurs les plus importants, derrière lesquels se profilent Nietzsche, Rilke, T. S. Eliot et bien d'autres: poètes, romanciers, autobiographes, philosophes. L'intérêt proprement critique du repérage de ces sources est évident. Mais, s'agissant d'un auteur qui a vécu la plus grande partie de sa vie sous l'apartheid, le travail critique même oblige à s'interroger sur les rapports de la littérature et de l'histoire. A leur carrefour se situe le classique: l'ensemble des oeuvres humaines que 1. M. Coetzee définit comme ce qui survit à la barbarie parce qu'hommes et femmes ne peuvent s'en passer à aucun prix. Sous l'apartheid et dans la nouvelle Afrique du Sud, il affirme la nécessité du classique et celle d'une littérature qui, tendue elle-même vers un devenir-classique, transmette ses pouvoirs éthiques et politiques. Biographie de l'auteur Jean-Paul Engélibert, qui a dirigé cet ouvrage, est maître de conférences à l'université de Poitiers où il enseigne la littérature générale et comparée. Il est l'auteur d'une thèse sur ta Postérité de Robinson Crusoé (Droz, 1997) et d'un essai sur J. M. Coetzee, Aux avant-postes du progrès (Pulim, 2003) et a dirigé un volume sur la Dimension mythique de la littérature contemporaine (La Licorne, n° 55, 2000).
Depuis les années quatre-vingt, la littérature a retrouvé un intérêt pour le travail qu'elle avait perdu depuis des décennies. Effet "d'un retour au réel" qui pousse les écrivains contemporains sur les voies du témoignage, de la mémoire, de l'enquête et de l'entretien : autant de pratiques qui suscitent des formes d'écriture autant qu'elles constituent des rapports au monde social. Aussi les oeuvres qui en émergent n'ont-elles rien à voir avec une résurgence du naturalisme ou de l'engagement. Le monde des ouvriers, des employés et des cadres, observé, décrit, raconté ou fictionné pour lui-même, n'est pas un objet comme un autre, mais un de ceux qui ont le plus contribué à renouveler les formes narratives depuis trente ans en France et ailleurs dans le monde. Entre autres raisons parce que c'est un objet de langage : dans un monde où l'entreprise a imposé ses normes à la langue, le roman, comme la poésie, doit inventer les formes qui rendent toute sa puissance critique à la pensée.
Regourd François ; Castelnau-l'Estoile Charlotte d
Comment les empires de l'époque moderne ont-ils gouverné à distance des terres lointaines encore méconnues ? Comment la collecte et la diffusion des savoirs sur les espaces d'outre-mer ont-elles été organisées ? Quelles étaient les finalités de cet effort de connaissance dirigé vers les périphéries du monde moderne européen ? Les liens complexes et ambigus qu'entretiennent les savoirs et les pouvoirs politiques ou religieux au sein des espaces impériaux de l'Ancien Régime sont au coeur du livre. Nourri des récents renouvellements de la recherche dans les domaines de l'histoire des savoirs et des pouvoirs impériaux, l'ouvrage illustré d'une trentaine de documents rares pose la question de la connaissance du monde et de l'"autre" dans une perspective impériale, au cours de la première vague de l'expansion européenne, 16-18e siècles. Adoptant une démarche comparatiste entre trois empires majeurs de l'époque moderne (Espagne, France et Portugal), alternant études spécialisées et articles de synthèse rédigés par des spécialistes internationaux originaires du Brésil, d'Espagne, des Etats-Unis, de France, du Mexique et du Portugal, l'ouvrage met à la disposition du public français des clés originales pour comprendre les fondements intellectuels qui sont aux origines de la mondialisation.
Pour le notaire, la déontologie fonde aussi sûrement sa fonction que les dispositions juridiques qui la décrivent. Elle en est la justification comme la conséquence. Son respect, également partagé, est le ciment de la confraternité et par là même de l'union de la profession. Sa promotion assure au citoyen la solidité comme l'équilibre du contrat établi ou du conseil prodigué par l'étude. Sa description permet à chaque notaire ou à celui qui aspire à le devenir, de confronter à tout instant son action aux principes qui doivent la guider. C'est assez dire l'importance de l'ouvrage de référence de notre confrère Gilles Rouzet, enseignant à la Faculté de droit de Bordeaux, qui en propose aujourd'hui une nouvelle édition aux étudiants comme à tous les notaires. Le lecteur ne pourra qu'être sensible à l'exceptionnelle qualité du travail accompli, et la profession toute entière y puisera un puissant motif de confiance. (Hubert Gence, Président honoraire du Conseil supérieur du notariat.)