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Les lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison
Engel Pascal
ELIOTT EDITIONS
28,01 €
Épuisé
EAN :9782493117205
La voix de Julien Benda (1867-1956) nous est devenue inaudible. Quand l'auteur de La Trahison des clercs accuse ses pairs de se détourner des valeurs éternelles, nous n'entendons qu'un appel à revenir à la tour d'ivoire. Quand l'une des gloires de la NRF, contemporain de Gide et de Valéry, voue ceux-ci aux gémonies et accuse toute la littérature de son époque de bysantinisme, nous avons du mal à le prendre au sérieux. Dans son culte de la vérité en politique nous ne voyons plus que des vieilles lunes dreyfusardes. Nous pouvons trouver Eleuthère délicieusement réactionnaire, mais nous ne parvenons pas à le suivre. Ce livre voudrait montrer au contraire que Benda est un penseur français de première grandeur. Sa défense du rationalisme, sa conception des valeurs intellectuelles et sa théorie de la connaissance littéraire méritent encore toute notre attention. On aura compris aussi qu'il n'est pas seulement question de Benda dans ce livre, mais de la nature de la raison et de ses normes. Et de l'incongruité absolue de quelqu'un qui prétendit vivre uniquement pour les valeurs de l'esprit.
Longtemps, il eut les mariages: Descartes, Bergson, Merleau-Ponty, longue est la liste des philosophes qui, au nom de la conscience ou de la raison, firent sa part à la psychologie. Puis vint l'enterrement, quand, en ce dernier demi-siècle, la philosophie, française notamment, dénonça en sa rivale un hybride suspect, ni tout à fait une science, ni tout à fait un art. Et, en une formule de Georges Canguilhem demeurée célèbre, de conseiller aux psychologues qui sortiraient de la Sorbonne de prendre à gauche afin d'atteindre le Panthéon plutôt qu'à droite, au risque de descendre jusqu'à la Préfecture de Police. Or la guerre froide entre les deux disciplines ne devrait plus avoir lieu. Les murs tombent sous la poussée particulièrement des questions que formulent à nouveaux frais les sciences cognitives: dès lors qu'on redécouvre l'esprit qu'on s'accorde sur l'importance du mental - ce niveau ni purement cérébral, ni strictement non physique où, à travers perceptions, images, croyances et jugements, s'élabore la connaissance -, les rapports entre la philosophie et la psychologie se redéfinissent. Pascal Engel, grâce à cet état des lieux, le montre, qui révèle combien des acquis de la psychologie sont nécessaires à l'enquête conceptuelle qu'est la philosophie; combien, en psychologie, des approches conceptuelles, de nature philosophique, sont requises pour l'interprétation de résultats comme pour la formulation d'hypothèses nouvelles. Il se célèbre ici non pas une nouvelle alliance, mais les vertus d'un dialogue raisonné - qui n'aurait jamais dû s'interrompre.
La logique occupe dans la pensée contemporaine une place privilégiée : elle est, pour certains, une méthode universelle et, pour d'autres, l'accomplissement d'une rationalité arrogante.Pascal Engel montre combien les questions philosophiques que soulève la logique sont, au-delà de leur apparente technicité, des plus classiques. La logique, en effet, circonscrit le domaine du vrai : quelle est la nature des vérités logiques ? En quoi se distinguent-elles des autres vérités et sont-elles «nécessaires» ou «a priori» ? Décrivent-elles les lois d'un univers immuable ou sont-elles des règles et des conventions linguistiques que nous pourrions changer à notre guise ? Les inférences dont traite la logique et que l'on dit souvent triviales peuvent-elles être fécondes, comme le soutenait Leibniz, par la seule «force de la forme» ? Et qu'est-ce qu'une forme logique ?Faire une philosophie de la logique, ce n'est pas seulement inventorier des formes, c'est surtout analyser leurs conditions d'application au langage, à la pensée et à la réalité. Ainsi la logique retrouve-t-elle sa place : celle d'une théorie des conditions normatives de la rationalité, d'une norme du vrai.
Que recouvre exactement la division entre la philosophie de type "analytique" et la philosophie de type "continental', qui se fait sentir dans les thématiques, mais plus encore dans les méthodes et le style des philosophes d'aujourd'hui? Est-elle inéluctable? Analyphron, un partisan de la première, et Philoconte, un partisan de la seconde, en débattent ici à travers un dialogue qui les conduit des origines du courant analytique jusqu'aux développements contemporains, qui semblent consacrer une dissolution des idéaux des fondateurs de cette tradition, et obligent à en repenser le sens. Analyphron se laissera-t-il ébranler par les objections de son adversaire? Peut-être ne parviendront-ils pas à s'accorder, mais du moins ils pourront avoir une idée plus claire de ce sur quoi ils sont en désaccord: Philoconte doute que la philosophie puisse encore incarner des normes idéales de vérité et de rationalité; Analyphron, pour sa part, n'est pas prêt à renoncer à ces normes."
Résumé : A la question "Que devons-nous faire ? ", au coeur des réflexions éthique et politique, l'utilitarisme apporte une réponse étonnamment simple : ce qu'il est juste de faire, c'est agir en vue des conséquences les meilleures, soit le plus de bonheur ou bien être possible, pour le plus grand nombre. Les premiers penseurs utilitaristes luttèrent sans relâche pour la justice, réclamant des droits égaux pour les femmes, dénonçant l'esclavage, et militant en faveur du respect des animaux, contre les souffrances et la cruauté dont ils continuent à être les victimes. En nous exhortant à prendre en compte les intérêts de ceux que nous ignorons le plus souvent, l'utilitarisme constitue une puissante doctrine éthique, qui nous invite à interroger les principes de notre réflexion morale.
Expérience familière et souvent troublante, le rêve n'en constitue pas moins pour la philosophie un objet d'investigation paradoxal, à la fois marginal et privilégié. Marginal, si l'on considère le peu d'écrits qui lui ont été consacrés, y compris par les philosophes de l'esprit contemporains. Privilégié, néanmoins, puisque le rêve se présente comme une expérience limite, susceptible d'éclairer une part du fonctionnement de l'esprit, et dont l'énigme se trouve disputée par de nombreuses disciplines, des neurosciences à la psychanalyse et à la philosophie de l'esprit. Contemporain des premiers articles de psychologie sur le sommeil profond des années 1950, et rédigé dans le sillage des Recherches philosophiques de Wittgenstein, cet essai, publié en 1959, constitue l'une des rares monographies consacrées à l'expérience onirique. Recourant à l'analyse conceptuelle des récits de rêve dont chacun peut témoigner à son réveil, Rêver constitue un jalon important dans la vaste entreprise visant à percer le secret des songes.
Stanley Jason ; Dang Van Antoine ; Réhault Sébasti
Résumé : Pourquoi parler, à notre époque, de politique fasciste ? A partir d'exemples pris dans de nombreux pays, des Etats-Unis à la Hongrie en passant par l'Inde, la Birmanie, la Russie, la Turquie ou encore la France, Jason Stanley dresse un tableau saisissant des stratégies visant à saper les institutions démocratiques : propagande et théories du complot, défiance à l'égard des intellectuels, critique de l'Université et des médias, nostalgie pour un passé patriarcal mythique, opposition entre territoires ruraux et villes cosmopolites, obsession sécuritaire, stigmatisation et criminalisation des minorités ethniques et des populations pauvres. Rédigé sous le mandat de Donald Trump, dont il a anticipé la fin par bien des aspects, ce livre dévoile les ressorts du fascisme et nous met en garde contre la naïveté consistant à croire qu'il s'agirait d'une histoire révolue.
Invraisemblables, dénuées de preuves, réfractaires à la critique, les théories du complot prolifèrent. La popularité dont elles jouissent est l'indice que quelque chose ne tourne pas rond dans la culture politique de nos sociétés contemporaines. Mais comment comprendre un tel succès ? Dans cet essai bref et incisif, Quassim Cassam soutient qu'on ne peut se contenter d'expliquer pourquoi les gens adhèrent aux théories du complot. Il faut s'interroger aussi sur leur fonction : ce sont des écrans de fumée masquant les objectifs politiques de leurs promoteurs. Et si le complotisme était la politique continuée par d'autres moyens ? Dans la mesure où ces théories constituent un problème majeur pour la démocratie, nous ne pouvons ni les ignorer ni les laisser prospérer.