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Encyclopédie des euphémismes contemporains et autres manipulations militantes de la langue
Biasoni Sami
CERF
22,00 €
En stock
EAN :9782204164818
Antispécisme, bienveillance, écriture inclusive... Ces termes chargés d'idéologie inondent nos débats, nos médias, nos universités. Eliette Abécassis, Ferghane Azihari, Maurice Berger, Andreas Bikfalvi, Dimitri Casali, Vincent Cespedes, Marc Chevrier, Vincent Coussedière, Charles Coutel, Chantal Delsol, Jean Ferrette, Samuel Fitoussi, Philippe Foussier, Renée Fregosi, Caroline Goldman, Yana Grinshpun, Noémie Halioua, Emmanuelle Hénin, Philippe d'Iribarne, Marcel Kuntz, Philippe de Lara, Joachim Le Floch-Imad, Anne-Marie Le ourhiet, Samuel Mayol, Sylvie Perez, Emmanuel Pierrat, Gérard Rabinovitch, Pierre Rigoulot, Ingrid Riocreux, Frédéric Rouvillois, Xavier-Laurent Salvador, Paul Sugy, Jean Szlamowicz, Pierre-André Taguieff, Pierre-Henri Tavoillot, Thibault Tellier, Pierre Valentin, Pierre Vermeren, André Versaille, Olivier Vial, Christophe de Voogd. Ces quarante et un intellectuels, réunis par Sami Biasoni, prennent la plume et nous invitent à retrouver la nuance et l'esprit critique, contre le politiquement correct, la montée du populisme et la dictature de la pensée unique. Un décryptage essentiel. Docteur en philosophie de l'Ecole normale supérieure, conférencier, Sami Biasoni est professeur chargé de cours à l'ESSEC et à l'Institut polytechnique de Paris. Il a notamment dirigé, aux Editions du Cerf, l'ouvrage collectif Malaise dans la langue française (2022), et publié Le statistiquement correct (2023).
Pourquoi l'écriture inclusive aboutit-elle à l'exclusion et en quoi, faussement civilisatrice, repose-t-elle sur le barbarisme ? Ce sont Mazarine Pingeot, Boualem Sansal, Matthieu Bock-Côté qui, entre autres, répondent ici à cette question cruciale pour l'avenir du bien commun qui est notre langue. Pour lutter contre des discriminations souvent réelles, parfois fantasmées, on voudrait aujourd'hui modifier la langue française. Nous voilà sommés d'adopter un idiome artificiel mais jugé conforme aux droits des uns et des autres afin de manifester notre adhésion à la cause sacrée de l'" inclusion ". Or, au fur et à mesure qu'il impose sa contrainte, le langage dit " inclusif " cristallise tensions et incompréhensions. Mais qui oserait le contester tant il apparaît relever du progrès ? Le passé montre toutefois que les systèmes autoritaires ont toujours voulu domestiquer la parole et l'écriture. Le présent souligne qu'il y a urgence désormais à protéger la langue française des assauts qu'elle subit. C'est la conviction des douze auteurs, écrivains ou penseurs de premier plan et de tous bords, que réunit ce livre. Ils y analysent, critiquent et combattent ce phénomène de société paradoxal. Chacun pour soi et tous ensemble, contre le péril qui le menace, c'est l'universalisme républicain qu'ils défendent.
Biasoni Sami ; Nogaret Anne-Sophie ; Bruckner Pasc
Racisme d'état, néo-colonialisme, discriminations institutionnelles, un certain nombre de citoyens français accusent aujourd'hui la France de fautes graves, voire de crimes. Dans leurs discours, la notion de "race" fait son retour à tel point qu'en quelques années, il est devenu normal d'évoquer "blancs" et "racisés", y compris dans les lieux de décision et d'influence les plus respectables. S'intéressant à la filiation de ce phénomène, Sami Biasoni remonte aux sources historiques et théoriques du discours racialiste implanté en France par la mouvance indigéniste, dite "antiraciste et décoloniale". Anne-Sophie Nogaret, par les témoignages et verbatim qu'elle a recueillis lors de colloques, de sessions universitaires ou de rassemblements associatifs, dresse un état des lieux inquiétant : derrière l'idéologie affleure de plus en plus nettement la rancoeur, et même la haine, ne laissant rien présager de bon pour l'avenir du pacte républicain. Au point qu'il est temps de se poser la question : que reste-t-il de l'universalisme qui a politiquement fondé la France ?
Une femme devient mère pour la première fois. Sa propre mère n'est pas là pour l'aider à accueillir sa fille nouvelle-née. Elle l'a perdue à l'âge de quatre ans et, adulte, a revécu sa mort par la profanation de sa tombe au cimetière. Cette béance n'a d'égale que l'omniprésence de son souvenir : la jeune femme cherche partout sa mère pour en devenir une et ne la retrouve nulle part dans l'image d'une des plus grandes étoiles du cinéma toujours présente dans les coeurs et sur les écrans. Plutôt qu'à sa mère au paradis, elle décide alors de s'adresser à sa fille, cadeau du ciel. "Personne ne veut oublier ma mère, à part moi. Tout le monde veut y penser, sauf moi. Personne ne pleurera autant que moi si je me mets à y penser. On me parle d'elle en disant son nom au lieu de dire "ta mère", "votre mère". Comme si je n'étais pas là, devant eux. Je ne comprends pas ce qu'ils disent. Je ne les écoute déjà plus. De qui parlent-ils ? Son nom ne m'intéresse pas, il n'y a que ma mère qui m'intéresse". S. B. "J'ai essayé d'écrire un livre plus large que ma simple histoire. Car on n'arrête jamais d'être la fille de sa mère. On n'arrête jamais d'être l'enfant de ses parents, même quand on devient parent à son tour. On est toujours la petite fille, toujours ! C'est une problématique universelle". Sarah Biasini, interrogée dans Paris Match, le 10 janvier 2021
Résumé : "Nous voulons que ce livre soit à la hauteur de ce qu'a été Romy Schneider, de ce qu'elle est, de ce qu'elle représente. Nous voulons que les lecteurs soient bouleversés par sa grâce et sa beauté, par la vie qui se dégage d'elle malgré les drames qui l'ont frappée, par l'évidence de son talent, par la richesse de son parcours et de ses rencontres. Nous voulons la montrer belle, vivante, contemporaine." Jean-Pierre Lavoignat
Et si l'effondrement avait déjà eu lieu. Les croyances, les catégories de jugement et les manières de penser le monde et l'humain qui ont fondé et inspiré les sociétés thermo-industrielles se sont effondrées. Nos malheurs actuels, - pandémie, crise climatique, crises sociales et psychiques -, attestent tels des symptômes de notre impréparation culturelle, sociale et civilisationnelle. Notre sol s'est dérobé, nos fondations s'effondrent, comment alors penser l'avenir ? Les lueurs du présent proviennent d'un astre mort, celui des croyances du XIXe siècle, obscurcies par les tragédies du siècle suivant. Et pourtant, ces valeurs guident encore nos conduites, orientent nos actions, fabriquent nos visions du monde et nos subjectivités. Nous retrouvons ces illusions zombies dans des discours progressistes qui, au nom de la modernité - sélection, compétition, progrès continu, évolution orientée par une conception linéaire et mécanique du temps... font du futur leur paradis perdu. Ce déséquilibre majeur, entre la force de nos découvertes et l'indispensable sagesse qu'elles requièrent, nous fait rater depuis un siècle nos rendez-vous avec l'histoire. Un nouveau langage nous manque pour dire un monde aujourd'hui disloqué, chaotique, fait d'une multitude d'événements inattendus. Or, nous avons plus que jamais besoin de l'histoire, de la philosophie et de la psychanalyse pour nous délivrer de ce passé qui est moins trace qu'actualité d'une histoire méconnue. Il nous faut sans attendre inventer une nouvelle forme d'utopie fabriquée avec l'étoffe de nos rêves, pensée moins comme le projet d'un avenir meilleur sans cesse repoussé aux calendes grecques que comme l'originalité à saisir à tout moment pour inventer un futur inédit.
Résumé : Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d'une cause menace et veut censurer parce qu'il se dit "offensé" . Souvent, le procès est mené en criant à l' "appropriation culturelle" , ce nouveau blasphème. Au Canada, des étudiants réclament la suppression d'un cours de yoga pour ne pas risquer de "s'approprier" la culture indienne. Aux Etats-Unis, des étudiants s'offusquent aux moindres contradictions, qu'ils considèrent comme des "micro-agressions" , exigent des safe spaces, dans lesquels on apprend à fuir le débat et l'altérité. La France elle-même n'y échappe pas, où des groupes tentent d'interdire des expositions ou des pièces de théâtre... souvent antiracistes ! Ce livre propose une autre voie, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l'hommage, tout en continuant à penser et à se parler. Le cri d'alarme d'une figure de la gauche qui ne reconnaît plus les combats des siens. Le Point.
Résumé : Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ? Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique (aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics, mises à jour de scandales politiques...). Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique (applications donnant le sentiment que le monde est à nos pieds, réseaux sociaux où ma parole vaut celle de tous, mon image magnifiée...), c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses. C'est le I de Iphone, le You de Youtube. Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude". Dans cet essai brillant, mené tambour battant, Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble
La chute du Mur a laissé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont cédé la place à une nouvelle triade directement importée des USA : le genre, l'identité et la race. On se battait hier au nom du prolétariat, du Tiers-monde et des damnés de la terre ; on condamne aujourd'hui l'homme blanc, coupable du colonialisme, de l'esclavage et de la domination des femmes. Trois discours - néo-féministe, antiraciste et décolonial - le désignent comme l'ennemi commun de l'humanité. Il est devenu le nouveau Satan, celui que son anatomie même désigne comme violeur ontologique, sa couleur de peau comme raciste, sa puissance comme exploiteur de tous les "dominés" et "racisés" . Tout l'enjeu de cet essai est d'analyser comment, sous l'impulsion d'une américanisation caricaturale de l'Europe, la lutte des genres et celle des races sont en train de remplacer la lutte des classes, de balayer la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune. Faire de l'homme blanc le bouc émissaire par excellence, ce n'est jamais que remplacer un racisme par un autre ; avec, comme horizon funeste, des sociétés tribalisées, crispées sur leur trésor identitaire et en proie à la guerre de tous contre tous.