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Laques, regards croisés
EMMERIQUE/SARMANT
LOUBATIERES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782862667836
Du 31 mars au 16 mai 2020, la bibliothèque Forney, à Paris, accueille dans le cadre prestigieux de l'hôtel de Sens une exposition où les oeuvres de quatorze laqueurs contemporains de l'association LAC dialoguent avec les laques patrimoniales conservées dans les collections du Mobilier national. C'est l'occasion d'offrir un florilège de la création liée à la laque, depuis les chefs-d'oeuvre du rocaille et de l'Art déco jusqu'aux créations les plus novatrices et les plus audacieuses du XXIe siècle. Laques orientales ou inspirées par l'Orient, laques occidentales en continuité ou en rupture avec la tradition, contraste de la laque avec toutes sortes de matériaux, effets de profondeur et de lumière, recherche sur les couleurs et sur les ombres : ce catalogue donne à voir les différentes palettes d'un art à la séduction inépuisable. Sous la direction d'Isabelle Emmerique, laqueur, Thibauld Mazire, laqueur, président de l'association LAC, et Thierry Sarmant, directeur des collections du Mobilier national. Préface de Hervé Lemoine, directeur du Mobilier national.
La laque est une résine issue de la sève d'arbustes de la Famille des Anacardiacées qui, en séchant, forme un revêtement solide, résistant aux intempéries. Utilisée dès le néolithique en Chine pour protéger divers objets, elle procède d'un savoir-faire millénaire. Aujourd'hui, il existe plusieurs gammes de laque, réunies par une esthétique commune dont la spécificité est le jeu des textures, des reflets, des brillances et des transparences. Art unique, la laque est pourtant riche d'une multitude de traditions nées de lieux et de matériaux différents. C'est à une exploration de ces nombreuses facettes que convie le présent ouvrage. Richement illustré, il commence par retracer l'histoire de la laque dans le monde et à travers les âges, de son utilisation millénaire en Asie à son arrivée en Europe où de nouvelles formules ont été élaborées. Il présente ensuite différentes techniques de laque, en proposant pour chacune d'elles des pas-à-pas pour comprendre comment sont réalisées les oeuvres. Enfin, une importante partie consacrée à la laque contemporaine permet de découvrir le travail de nombreux artistes laqueurs en France et dans le monde. Page après page, la laque se raconte en images, portée par ses oeuvres les plus remarquables.
Isabelle Emmerique crée des laques depuis 1980. Elle a gardé son fond d’archives, mémoire de ses œuvres, toutes parties rejoindre des collections ! Pour connaître son travail, il faut aller à Vienne en Autriche où elle a reconstitué chez un particulier un salon 1930, dans une villa contemporaine de Moscou ou bien un hôtel design de Paris. Ses derniers chantiers l’ont amenée à concevoir non plus des œuvres isolées mais les éléments décoratifs d’un décor global : panneaux de laque, tapis, luminaires. Comme ses illustres prédécesseurs, Isabelle devient ensemblier-décorateur. Parallèlement, elle continue ses recherches autour d’un thème qui nous emporte au cœur du monde… En ouvrant ce livre, le parfum de la térébenthine, l’ambiance silencieuse et studieuse d’un atelier de laque imposent instantanément leur séduction.
Comment les professionnels peuvent-ils mieux comprendre les situations multiculturelles où ils sont impliqués et y favoriser la communication ? C'est ce à quoi essaient de répondre, ici, des praticiens et chercheurs familiers de la question. Un exposé sur les notions de base de l'anthropologie psychologique aide, en même temps, à s'approprier les principaux référents théoriques ; et une réflexion finale balise le passage du multiculturel conflictuel à la régulation interculturelle.
Du funiculaire de Valparaiso à l'île de Chiloé, du phare des Evangélistes aux rues de Santiago, sur les traces d'un écrivain disparu ou d'un ancien passage à travers les glaces, ces onze nouvelles de Mireille Picaudou-Arpaillange nous plongent dans un monde où les lieux isolent autant qu'ils protègent, dans lequel le passé se vit au présent, les rêves sont réels et le fantastique vrai. Les personnages, absorbés dans leur histoire, se croisent et se frôlent, à la fois étrangers aux autres et reliés par une mémoire et une terre communes.
Silvio Trentin était de ces êtres rares qui savent relier la pensée et l'action. La montée du fascisme en Italie, puis la guerre, vont servir de cadre à son engagement politique. Universitaire, juriste, homme politique, combattant, Européen, il fut tout cela à la fois. Son opposition à l'oppression le conduit à quitter l'Italie pour la Gascogne en 1926, puis Toulouse ou il ouvre une librairie. Celle-ci, 46 rue du Languedoc, devient vite un foyer ouvert aux idées progressistes. Son soutien aux républicains espagnols l'amène à se rendre à plusieurs occasions à Barcelone. La deuxième guerre mondiale survient et son engagement devient résistance. Il soutient, organise, théorise la Résistance; son organisation - Libérer et Fédérer - sera un mouvement original de reconquête de la liberté dans le Sud de la France. Mais la lutte a lieu aussi en Italie et Silvio Trentin ne peut pas ne pas y participer. Il retourne dans son pays, il combat, il est fait prisonnier. Il meurt en détention en 1944. Dans cette dense biographie - écrite à partir de sa thèse soutenue en 2005-, Paul Arrighi rend hommage à ce grand Européen dont l'action et la pensée continuent aujourd'hui encore à servir d'exemple.
L'Algérie à l'ombre de Maria " En 1954 [début de l'insurection algérienne], j'ai deux ans. Le 5 juillet 1962, l'Algérie accède à l'indépendance. Entre ces deux dates : huit années de guerre et toute mon enfance. " Ainsi commence le récit de Luce Rostoll. Une enfance passée dans la maison familiale située dans l'enceinte de l'hôpital d'une petite ville de l'Oranie. Hôpital qui est pour elle " un lieu initiatique, un paradis et un enfer. J'apprends comment les femmes enfantent, comment des hommes perdent la vie et donnent la mort. " Une enfance entre des parents qui pensaient avoir leur place en Algérie, des pieds-noirs qui refusaient d'être assimilés à la figure du colon. Eux-mêmes enfants d'exilés espagnols, ils portaient en eux une Méditerranée mythique. " En famille, nous ne parlions plus de la guerre. La nostalgie de l'Algérie restait suspecte pour mes parents. A leur tour ils nous léguèrent un territoire intérieur, imaginaire hors du temps et des frontières. Ma mère créait autour de sa table un "chez nous" d'odeurs et de saveurs. L'Algérie s'entendait dans les silences de mon père. " Luce Rostoll a su reconstituer les fragments de la mémoire de son enfance algérienne avec justesse. Ce faisant, elle fait écho aux souvenirs de tous les enfants d'Algérie.
Dans ce treizième tome de L'Europe et la Profondeur, à partir d'analyses, tant picturales (Cézanne, Van Gogh, Lascaux, Vermeer, Picasso) que poétiques (Rimbaud, Hôlderlin, Rilke), Pierre Le Coz ne tente rien de moins que de raconter l'histoire des rapports que, depuis son origine, l'espèce humaine entretient avec l'image. Et cela comme si la capacité de cette espèce à "fabriquer des images" constituait, avant même peut-être le langage, sa véritable essence : de signature donc, non tant d'abord "poétique" que picturale. L'homme, avant que d'être l'homo sapiens de notre moderne anthropologie, serait-il cet homopictor : la créature qui, pour avoir loisir de configurer le chaos phénoménal d'un "univers sans images" (Rimbaud) en un monde de/du sens, doit faire passer cet univers au filtre de l'élaboration - par traitement préalable de celui-ci en "motifs" - de telles images ? Il faut donc lire ce Paradis des orages comme une sorte de plongée généalogico-pensive dans l'abîme du temps en direction de l'origine de notre propre espèce : comment l'homme est devenu "humain" par cette faculté qu'il a développée de tirer-"figure"-de/isoler-en-"motifs" les choses qui l'environnent. Faculté toutefois, qui, tout en ayant fait de lui ce "configurateur-de-monde" (Heidegger), trouve aujourd'hui sa sanction comme "hubristique" - en le mouvement de l'oubli de cette même essence picturale - dans cette inflation du procédé de l'image qui semble être comme la signature de notre époque. Ce pour quoi ce Paradis - de tonalité le plus souvent, dans le cours de sa rédaction, analytico-picturale - s'achève par un long examen du concept debordien de "Spectacle", avatar moderne- marchand de l'ancienne idolâtrie. Par quoi l'ouvrage, après cette exploration de l'origine ontologico-iconique de l'humanité, revient à des questions, elles, très actuelles et, pour cette humanité-là : la nôtre, tout ce qu'il y a de plus crucial : celles qu'avaient déjà abordées - quoique par des biais, selon, plus "philosophiques" ou plus "théologiques", voire très "politiques" - les tomes précédents du "grand récit" de Pierre Le Coz.