En 1959, la comtesse Rosario Julia Zoubov (1892-1984), riche héritière d'une famille argentine qui a épousé un comte russe en exil, offre à l'Etat de Genève la plus grande partie de ses collections, qu'elle aménage elle-même dans les appartements d'un hôtel particulier, situé dans la vieille ville de Genève. Son musée, créé à la mémoire de sa fille Tatiana, est conçu comme un lieu de vie que détermine l'esthétique de la Belle Epoque, fondée sur la nostalgie du XVIIIe siècle et de ses fastes princiers. Caractérisé par une attention soutenue aux arts appliqués, il abrite des objets de grande qualité (meubles, chinoiseries, tableaux, etc) formant un ensemble remarquablement cohérent. Ce livre en propose une relecture à travers la sélection d'une cinquantaine d'oeuvres significatives, pour la plupart inconnues des spécialistes comme du grand public. Introduit par des études sur l'histoire du bâtiment et sur l'aménagement des appartements, il vise avant tout à replacer la collection Zoubov dans l'histoire du goût.
Cet ouvrage procède d'un colloque tenu au musée Ariana le 8 mars 2019 et est conçu comme un complément du livre publié à l'occasion de l'exposition Gustave Revilliod (1817-1890). Un homme ouvert au monde (Genève, Musée Ariana, 2 novembre 2018-2 juin 2019). Là où l'exposition et le livre se sont concentrés sur le collectionneur et son contexte, il se focalise, lui, sur son héritage et la manière dont il a été géré jusqu'à aujourd'hui, en analysant d'une part les transformations successives du domaine de Varembé, d'autre part la réorganisation profonde des collections réunies par Gustave Revilliod.
Issu d'artisans de Beauvais, Antoine Caron connut une ascension artistique remarquable, travaillant pour cinq rois successifs et pour la reine mère Catherine de Médicis. Sa formation en province, puis sur les chantiers royaux, lui permit de devenir un artiste polyvalent, qui pouvait répondre aussi bien aux commandes de la ville qua celles de la cour. Membre de la corporation des peintres parisiens, il a, sa vie durant, réalisé peintures et dessins qui furent transposés dans des techniques aussi diverses que l'enluminure, la peinture, la sculpture, la gravure, la tapisserie ou encore le vitrail. L'engouement pour ses inventions fut tel qu'il fut souvent copié de son vivant. Il fut redécouvert en 1850 par Anatole de Montaiglon et étudié par Gustave Lebel puis par Jean Ehrmann, mais sa carrière comportait encore de nombreuses zones d'ombre, et le corpus qui lui était attribué demeurait hétérogène. Basé sur l'exploitation de nouveaux documents, sur l'examen des oeuvres ainsi que sur les réalités sociales du métier de peintre en France dans la seconde moitié du XVIe siècle, ce livre propose de revenir sur les principales étapes du parcours d'Antoine Caron ainsi que sur son abondante production qui en fait, avec Jean Cousin et Baptiste Pellerin, l'un des artistes les plus importants de la Renaissance française.
Elsig Frédéric ; Salzmann Daniel ; Marin Jean-Yves
Résumé : Avec la collaboration exceptionnelle du Musée d'art et d'histoire de Genève, la Fondation Pierre Arnaud expose une sélection de 81 tableaux flamands et hollandais, enrichie du présent catalogue. Focalisée sur le XVIIe siècle, le Siècle d'or, c'est-à-dire l'époque de Rubens et de Rembrandt, l'exposition s'organise en six sections thématiques. Elle met en évidence le phénomène de spécialisation des peintres dans un genre particulier, en soulignant le contraste entre le marché diversifié des sept Provinces-Unies (les Pays-Bas actuels, souvent désignés par métonymie comme la Hollande), majoritairement calvinistes, et celui, plus centralisé, des Pays-Bas espagnols (la Belgique actuelle, désignée comme la Flandre), restés catholiques. Elle se donne deux objectifs principaux : d'une part révéler à un large public un pan aussi important que méconnu des collections genevoises ; d'autre part, le replacer dans une histoire du goût.
Campagnolo Matteo ; Fallani Carlo-Maria ; Spina Lu
De l'aigle à la louve s'adresse à la fois au passionné de l'Antiquité et au féru de zoologie, mais également au zoologue antiquisant ou à l'antiquisant zoologue. L'ouvrage apporte un éclairage original, tout aussi scientifiquement contrôlé que convivial, sur quelque cent vingt monnaies de la République romaine, intailles, camées et pâtes de verre, faisant partie d'une collection prestigieuse et unique en son genre. Les deniers en argent n'étaient pas uniquement voués aux transactions commerciales, au paiement des soldats et au règlement des impôts. Ils véhiculaient la propagande politique, les croyances religieuses, certaines histoires ou légendes servant à asseoir la réputation des familles qui cherchaient à s'illustrer dans la cité. Parmi les sujets représentés, les animaux sont particulièrement à l'honneur, qu'il s'agisse d'animaux réels, d'animaux mythiques, ou d'animaux totémiques. C'est dire combien ces objets, chargés de multiples significations, constituent une documentation aussi précieuse qu'inépuisable. Le texte et les photos qui l'accompagnent éclairent le sens de ces antiquités, les sortant tout à coup d'un silence plus que millénaire.
Ascari Giancarlo ; Valentinis Pia ; Guenette Magal
Résumé : Un premier livre parfait pour découvrir Monet, la vie de cet artiste et son travail au travers du célèbre jardin qui fut sa source d'inspiration. Il voit Monet arriver dans son jardin, puis évoque les estampes japonaises qui l'inspirèrent ainsi que les personnages importants de l'époque qui furent ses amis. Les enfants y découvriront que Monet peignait de grands tableaux en plein air, sur le motif, quel que soit le temps au dehors. Ils en apprendront également plus sur les jardiniers de Giverny, contraints de laisser leur jardin pour partir à la guerre.
Il est évidemment provocateur et quelque peu prétentieux d'intituler un ouvrage Un milliard d'Indiens. Personne ne peut vraiment envisager de restituer toute la diversité d'un pays d'une telle dimension. Il y manque beaucoup de choses : des provinces entières, différentes identités religieuses, ethniques ou sociales. Cependant, les raisons d'un tel choix ne sont pas anodines. La première est que si l'on veut comprendre ce pays, ce " milliard d'Indiens " est l'une des clés-fondamentales. Il détermine son aspect physique, son architecture, sa logistique, ses transports publics et, par conséquent, façonne l'impression que l'on en retire en l'observant. Au c?ur des convictions politiques et religieuses, il occupe le devant de la scène à cause de l'expansion rapide des centres urbains. La seconde raison est liée au style photographique de Paolo Pellizzari : sa vision panoramique, sa volonté de montrer un milliard de détails, un milliard de sentiments. Ce livre rassemble principalement des scènes de la vie quotidienne, aux quatre coins de l'Inde. On ne nous donne à voir ici ni le pire, ni le meilleur, mais plutôt quelque chose qui se situerait entre ces deux extrêmes. Il ne s'agit pas, non plus, d'un récit de voyage ou d'un journal intime. En revanche, l'ouvrage restitue une centaine de détails de l'Inde d'aujourd'hui saisis dans différentes régions, sur une période de quatre ans, à partir de 1999. Le format panoramique des photographies crée la sensation d'être projeté sur la scène d'un théâtre lyrique démesuré. Chacune des personnes, chacun des détails suscite chez le spectateur des sentiments tour à tour vagues et ardents, comparables à ceux que ressent le photographe devant ses sujets. Inévitablement, on pense à ces quelques mots de Michel Tournier : " La réalité dépasse infiniment les ressources de mon imagination et ne cesse de me combler d'étonnement et d'admiration ". L'Inde de Pellizzari n'est pas une représentation idyllique ou édulcorée du sub-continent indien. C'est plutôt l'Inde de tous les jours, celle de ses rues, de ses magasins, ou des places de l'un des plus grands pays du monde, et le second de par sa population.