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La Sagesse du Photographe
Elkoury Fouad
EDITIONS DU 81
12,70 €
Épuisé
EAN :9782915543056
Lorsqu'on imagine la photographie comme un moyen de se retrancher dans un univers peuplé de personnages à la fois graves et drôles, la guerre, comme cadre principal n'est pas vraiment compatible avec la photo. Cette première expérience était loin de coller à mes attentes. Pourtant je m'y accrochais comme celui qui, à peine rencontre-t-il une personne dont il pressent qu'elle pourrait devenir amie, lui raconte des faits marquants de sa vie, sans se soucier de produire une continuité, espérant qu'avec le temps, elle replacera les premiers dans leur contexte pour se faire une idée plus cohérente de son interlocuteur. C'était l'état d'esprit dans lequel j'opérais au début de la guerre. Je laissais les images venir à moi sans me soucier de leur pertinence, remettant à des jours plus calmes le soin de les mettre bout à bout et de comprendre ce qu'elles signifiaient.
L'Amour et la Crainte sont des préceptes positifs qui, de tout temps, ont constitué la doctrine cardinale du judaïsme. La Bible, le Talmud, les philosophes et les kabbalistes du Moyen Age les ont placés au centre de leurs systèmes. Notre introduction examine ces deux valeurs selon différentes perspectives : approches rationaliste, ascétique, ésotérique et théosophique. Dans les trente-trois "Sentiers de l'Eternité", elles occupent une place centrale. A chaque vertu présentée dans sa positivité, est opposé l'aspect négatif : l'humilité fait face à l'orgueil, la vérité est conquise sur le mensonge, le bien triomphe du mal, la prière et le repentir l'emportent nécessairement sur la faute. Pour le Maharal, la morale relève d'une conception existentielle de la relation entre l'homme et Dieu, l'homme et son prochain, l'homme et l'univers. Dans la traduction annotée, l'auteur définit la Crainte de Dieu : elle consiste à se considérer comme rien, comme un néant, un non-être, alors que l'Amour mène à l'adhésion à Dieu et il n'existe pas d'acquis plus élevé que cet attachement. La Crainte révérencielle provient de la puissance de l'Amour. Sans la Crainte, l'homme reste une éternelle interrogation. "Crains Dieu, c'est là tout l'homme" (Eccl. XII, 13). Le Maharal a recours à la Kabbale et à la philosophie. Les deux vertus sont en corrélation avec la connaissance. Il existe une théorie de la connaissance chez notre auteur : la science est l'échelle qui permet d'accéder à la sagesse de la Torah, la Crainte est le conservateur qui permet de préserver les céréales, l'étude de la Torah, de même que l'humilité et le retrait de chacun sur lui-même, opèrent l'adhésion parfaite à Dieu et permettent l'accès à l'intellect divin.
D'Eve à Myriam en passant par Sarah, Rébecca ou Ruth, c'est aux héroïnes bibliques que Janine Elkouby donne la parole dans ces chroniques aussi érudites que poétiques. Mariant subtilement tradition et modernité, exégèse et sensibilité, elle offre une relecture passionnante des grands épisodes de la Bible. Les variations apportées au récit ne sont pas le fruit d'une imagination romanesque mais trouvent au contraire leur origine dans les commentaires du Midrach ou du Talmud. A la croisée de la littérature et de l'interprétation, ces "Chroniques bibliques au féminin" nous invitent à découvrir sous un jour nouveau toute une tradition de lecture d'une infinie richesse.
Près de deux mille ans après sa dispersion, de retour sur sa terre, toujours ancré sur ses valeurs millénaires, mâtinées de l'empreinte des nations-hôtes, le peuple juif est toujours présent dans le monde. La richesse de cette expérience, l'analyse des secrets de cette longévité ainsi que la pérennisation des valeurs ancestrales font partie de ce "kit mobile de l'exil réussi", qui est ainsi décortiqué. Le vécu millénaire de l'exil, avec ses composantes parfois douloureuses et parfois plus heureuses, participe du fait de ne plus le revivre dorénavant, et explique ce titre : Partir encore... Pour ne plus t'exiler, exile toi ! Une analyse linguistique hébraïque, ainsi qu'une analyse détaillée des bases bibliques, talmudiques, historiques, sociologiques, géographiques, de cette réussite étalée sur 2000 ans, doivent pouvoir servir de base à la réflexion sur les phénomènes migratoires récents et à venir.
Il y a 30 000 ans, en Moldavie, le chaman qui prédisait l'avenir en jetant des figurines d'argile dans le feu fut le premier céramiste de l'humanité. Tout au long de son aventure multimillénaire, la céramique sera ainsi marquée par les gestes du sacré, mais aussi par ceux du quotidien, de l'alchimie, de l'art, de la science, en conservant, à travers ses métamorphoses et voyages, la mémoire de ses expériences. Sous la plume du potier Jean Girel, nous découvrons que son histoire est aussi celle d'une célébration.
Et si la pratique d'un métier était aussi un parcours initiatique, un chemin vers la connaissance de soi et du monde ? La sagesse du chirurgien est faite de modération, de prudence, mais aussi parfois de rapidité. Elle ne s'acquiert qu'avec le temps et l'expérience. Elle est plus singulière et peut être moins naturelle quand il s'agit de la conduite managériale d'un groupe de chirurgiens et de para médicaux. La juste répartition des tâches, les précautions prises pour ne favoriser aucun, la reconnaissance des mérites des uns et les mesures correctrices à apporter à d'autres, font du statut de manager dans un service de chirurgie un métier à part entière. Il demande une écoute et des qualités particulières pour mettre là où il "fera" le mieux, celui qui y sera le plus heureux. On peut imaginer que la réflexion qui y préside soit très proche de celle de l'artiste pour la construction d'une oeuvre d'art, surtout si l'on se réfère à la phrase du peintre nabi Maurice Denis : "Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées".
Venise, 1741. En plein automne, à quelques semaines de la fête de la Salute, la terre se met à trembler, les flots envahissent la Piazza San Marco, des incendies éclatent et un cimetière paroissial s'effondre, tandis que les squelettes des morts surgissent à la surface. Une atmosphère de fin du monde s'installe dans la cité des doges. C'est à ce moment qu'arrive à Venise une noble dame française, Madame d'Urfé, alchimiste et cabaliste. Elle fait venir de Prague un mage qui affirme pouvoir sauver la Sérénissime grâce à l'aide des esprits élémentaires. Ces deux personnages sulfureux ne sont-ils animés que de bonnes intentions ? Flavio Foscarini, un nobiluomo curieux de nature, en doute, et il enquête, aidé par son épouse levantine, Assin, et son ami l'écrivain Gasparo Gozzi, tandis que les événements les plus dramatiques se succèdent dans une Venise en proie à la peur, aux superstitions et aux meurtres mystérieux.
Résumé : Le froid de la rivière agrippe ses genoux. Elle distingue à présent l'arche du pont qui enjambe des nappes de brume glacée et le peigne qui retenait ses cheveux a glissé, il s'est perdu quelque part en route, elle traversera ainsi, la tignasse dénouée d'une folle, d'une amoureuse. Sa robe s'accroche à un taillis d'acacias. L'ubac tente une dernière fois de la retenir mais il n'a plus aucune chance d'y parvenir car le pont est là, il a tenu. Elle y pause un instant dans le passage étroit qui s'arc-boute entre les deux rives. C'est le seul lien, il a été construit il y a bien longtemps, avant la haine.