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Traces. Des adolescents en maison de redressement sous l'Occupation
Einaudi Jean-Luc
SEXTANT
17,90 €
Épuisé
EAN :9782849780114
Educateur et historien, Jean-Luc Einaudi découvre, abandonnés dans un grenier du centre d'archives historiques de Savigny-sur-Orge dont il était responsable, les registres d'écrou complets d'une maison d'éducation surveillée, située 19 rue de Crimée, à Paris, pendant l'Occupation. Sur les quelques 2000 fiches d'adolescents passés par celle-ci entre 1940 et 1945, il s'intéresse au sort de ceux qui ont été remis aux Autorités allemandes, dont la plupart étaient juifs, et mène un travail d'enquête et de croisement d'archives. Le livre comporte environ 80 histoires d'adolescents dont les âges varient entre 14 et 17 ans. Leur identité, leur religion, la raison pour laquelle ils sont arrêtés (souvent le vol de nourriture), la rédaction qu'on leur demande d'écrire, la date de sortie. Leur parcours ensuite, qui les mène pour certains et souvent leur famille, jusqu'à Auschwitz, jusqu'à la mort. D'autres ont survécu et, retrouvés par l'auteur, ont pu témoigner de leur histoire. Des photos en noir et blanc sont intégrées dans le corps du texte : cartes d'identité, numéro de déportation, empreinte digitale, ou fac-similé de rédaction. Traces, car c'est ce qui reste de ces adolescents dont personne n'a cherché à savoir ce qu'ils étaient devenus, comme s'ils n'avaient jamais existé. Livre de la mémoire, et donc de réparation, ce livre poignant n'en pose pas moins la question de la responsabilité, individuelle, mais aussi collective, à cette époque sombre de notre histoire.
Cet ouvrage est le troisième, après La Bataille de Paris (1991) et Octobre 1961, un massacre à Paris (2001), que Jean-Luc Einaudi consacre à la période allant de l'été à l'automne 1961 et singulièrement aux manifestations algériennes du 17 octobre dans la capitale, où la répression sanglante fut orchestrée par le préfet de police d'alors, Maurice Papon. Jean-Luc Einaudi a recueilli de nouveaux témoignages d'une vérité crue et a eu accès à des archives inédites de l'ex-fédération de France du FLN. Ces documents éclairent particulièrement la guerre sans merci, dans le Nord et l'Est de la France, entre le FLN et le MNA, l'autre organisation nationaliste algérienne, dirigée par Messali Hadj. Un ouvrage essentiel sur l'une des faces cachées de la guerre d'Algérie.
La torture est la grande et dérangeante question de la guerre d'Algérie. Sous la Quatrième puis sous la Cinquième République, elle fut pratiquée par des policiers et des militaires français. Ses techniques furent enseignées. Elle fut institutionnalisée, avec ses lieux de détention spécialisés. Elle devint la méthode courante de recherche du renseignement. Inévitablement, cela mena à la barbarie. Cependant, la France officielle nia son existence, continuant à afficher à la face du monde sa prétention à être le porte-parole des droits de l'homme. L'auteur a enquêté sur ce qui fut l'un des plus importants et des plus terribles centres de torture que connut l'Algérie : la ferme Améziane, à Constantine. Un tribunal français a jugé et condamné le gestapiste Klaus Barbie. C'est justice. Mais le commandant de la ferme Améziane ne comparut jamais devant un quelconque tribunal. Il poursuivit, au contraire, sa carrière d'officier dans l'armée française. Les souffrances et la mort des victimes françaises de Klaus Barbie étaient-elles différentes des souffrances et de la mort des victimes algériennes du commandant Rodier ?
Née en 1920 à Alger, Baya est très tôt éprise de liberté - elle ne se résignera jamais à un mariage imposé par un oncle. Scolarisée grâce à la persévérance de son père, se liant d'amitié avec des Européens, elle s'engage à leurs côtés pour les droits et la dignité des Algériens. Seule femme indigène membre du Comité central du Parti communiste algérien, Baya milite sans relâche pour le droit des femmes algériennes puis pour l'Indépendance. Devenue Secrétaire de l'Union des femmes d'Algérie, elle représente son pays lors de conférences inter-nationales de femmes (elle est ainsi la première Algérienne à se rendre en Chine en 1949). En 1956, les autorités françaises l'expulsent d'Algérie vers Marseille, qu'elle ne quittera plus (elle y mourra en 2007). Là, elle continue la lutte, organisant les actions de femmes algériennes pour l'Algérie indépendante, servant de relais et de soutien à des Français refusant cette guerre. A partir des années 1980, elle s'engage contre le racisme sous toutes ses formes (elle deviendra responsable du MRAP) et combat le Front National. Lors de la guerre civile algérienne des années 1990, elle organise l'accueil des victimes à Marseille. L'histoire de Baya est un témoignage exemplaire pour toutes les femmes qui se battent pour la liberté, ici et là-bas.
Les héros de ma jeunesse ne sont pas footballeurs, chefs d'entreprise, experts humanitaires, soeurs de charité ou présentateurs de télévision. Dans mon panthéon, il y a. de la place pour les poètes, ceux qui n'acceptent pas les défaites, ceux qui n'écoutent pas. les intégristes de l'économie, ceux qui ne se soumettent pas à la sous-culture américaine, ceux qui n'acceptent pas la "fin de l'histoire'... Une histoire inédite, une fresque extraordinaire. Georges Mattéi fut tour à tour soldat en Algérie, passeur de frontières, fabricant de faux papiers, journaliste et écrivain. Il rencontra de nombreuses figures marquantes de son époque, comme Jean-Paul Sartre, Fidel Castro ou Daniel Cohn-Bendit, qu'il fit entrer clandestinement en France, en mai 1968. La biographie d'un homme, le portrait d'une époque. Biographie de l'auteur Jean-Luc Einaudi est l'auteur de nombreux ouvrages, dont: Pour l'exemple, l'affaire Fernand Iveton (Préface de Pierre Vidal-Naquet, L'Harmattan, 1986), La bataille de Paris, 17 octobre 1961 (Seuil, 1991) et Octobre 1961, un massacre à Paris (Fayard, 2001)."
Je repérai un embranchement de rail. Avec l'aide de mes compagnons, je plaçai cinq ou six charges dans les aiguillages en les fixant avec du sparadrap, comme j'avais appris à le faire, de manière à produire le plus de dégâts possible. J'enfonçai les détonateurs profondément dans les explosifs et les reliai entre eux par du cordeau détonant. Enfin, après avoir placé des crayons à retardement d'une demi-heure à l'extrémité des cordons Bickford, j'écrasai les ampoules des crayons. Un dernier regard pour voir si tout était en ordre et nous nous éclipsâmes sans bruit. Nous n'allâmes pas loin. Nous nous mîmes à l'abri d'une haie et nous restâmes là. Les minutes passaient, lentes. La demi-heure approchait. Toujours rien. C'est raté, dit un de mes compagnons. À ce moment même retentit une explosion formidable qui réveilla la campagne endormie. Sans attendre, le c?ur en fête, nous rejoignîmes notre véhicule.