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L'Animal voyant. Art rupestre d'Afrique australe
Ego Renaud
ERRANCE
39,00 €
Épuisé
EAN :9782877725835
Pourquoi, dans la grotte Chauvet ou dans celle de Lascaux, l'exigence de représenter les animaux a-t-elle été l'impulsion cruciale donnée à la naissance de l'art ? Et pourquoi ces derniers ont-ils régné si longtemps sur la figuration ? Afin de répondre à ces questions, Renaud Ego met en lumière l'efficacité singulière des images qui furent, pour les hommes, un moyen de nouer un contact avec le monde, mais plus encore, de le réfléchir et d'y agir. Il s'appuie sur l'un des plus beaux arts rupestres, celui des San d'Afrique australe, dont l'iconographie exceptionnelle de ce livre révèle la virtuosité et la splendeur. Pendant plusieurs milliers d'années, ces chasseurs et cueilleurs nomades ont peint ou gravé sur la roche de leurs abris la faune qui partageait leur vie. Certains animaux, telle la plus grande des antilopes, l'Eland du Cap, y ont été l'objet d'un regard fasciné, comme si leurs corps aux formes et aux parures exubérantes avaient été la clé d'un savoir dont le si troublant silence des bêtes gardait le secret. C'est ce secret que les San ont cherché à leur dérober, dans un geste de capture, dénué de toute violence, mais paré du prestige de rendre visible ce qui se cachait. Ils devinrent ainsi cet animal voyant qui, possédant le don des images, allait s'ouvrir à un pouvoir visionnaire. Alors, dans l'invention d'un fabuleux bestiaire de créatures fantastiques, comme dans la composition de scènes qui sont des pactes visuels passés avec les puissances ancestrales, ils accédèrent à la dimension spirituelle de leur pleine humanité. Plus qu'une incantation, leur art y est une action visant à préserver l'intégrité d'une existence liée à l'harmonie du monde et de tous les êtres, réels ou imaginaires, qui le peuplent.
La découverte des peintures de la Préhistoire s'est accompagnée du sentiment très puissant d'assister à une apparition. Cet enchantement a culminé avec la grotte de Lascaux puis avec celle de Chauvet, mais l'éblouissement qui continue d'envelopper les peintures laisse sur nos yeux une taie, semblable à un point aveugle, qui ne s'est toujours pas dissipée. Il est vrai que les préhistoriens ont concentré leur attention, non sur ce geste si novateur de rendre visible le monde sous la forme de figures, mais sur les usages supposés de ces premières images : être un passetemps décoratif ou une tentative d'infléchir le succès de la chasse par " la magie sympathique " ; représenter une mythologie, faite de couples d'animaux incarnant une conception sexuée du monde ou encore, être un rituel chamanique de contact religieux. Mais la question de la genèse du dessin demeure entière et, tout environnés que nous sommes par les images, nous avons perdu de vue que cette invention est un prodigieux saut de pensée. Synthétiser une forme ou un être vivant en quelques traits qui saisissent leur apparence est une opération intellectuelle d'une folle portée. Quel a pu être le désir, si patiemment poursuivi, qui a conduit à la naissance de cet art ? De la pensée qui s'est ainsi haussée jusqu'au dessin, peut-on reprendre le trajet ? Le geste du regard est l'hypothèse de son acheminement vers la figure.
Ce volume réunit un ensemble d'entretiens et de textes écrits par Bernard Moninot depuis sa première exposition en 1971, à l'âge de 21 ans, jusqu'à aujourd'hui. Cette oeuvre est celle d'un inventeur de formes à la fois savantes et oniriques. Sa parenté avec l'univers des sciences et des techniques exprime la complicité qui peut lier l'art à la science, quand celui-ci est animé par un sens constant d'une recherche spéculative qui se confond avec la traque, non du visible lui-même, mais des forces physiques invisibles qui le forment. Ouvrage édité et préfacé par Renaud Ego.
Jamme Franck André ; Ego Renaud ; Padoux André ; B
Résumé : Franck André Jamme, dans le sillage d'autres poètes-ethnographes comme Henri Michaux, Michel Leiris et Georges Bataille, portait une attention passionnée à des formes de savoir hétérodoxes et décentrées. Tantra song en témoigne, qui fut conçu comme une initiation aux fascinantes séries de peintures tantriques, après avoir passé plus de vingt ans en conversation avec les communautés de tantrikas du Rajasthan. Après une première édition, partielle, aux Etats-Unis, en 2011, Tantra Song voit le jour pour la première fois en langue française, accompagné d'un entretien avec Bill Berkson, où le poète revient sur la genèse de l'ouvrage, ainsi que de textes dus à Renaud Ego et André Padoux. Le volume donne à contempler une collection singulière de peintures tantriques, réalisées anonymement par des adeptes au Rajasthan, et utilisées pour éveiller des états de conscience élargie. Ces peintures sont le fruit de traités religieux manuscrits et illustrés, datant du XVIIe siècle, qui ont été copiés sur plusieurs générations. Comme les musiciens jouant des ragas de la musique classique indienne, les adeptes peignent dans un état de ravissement mental, répétant et réinterprétant subtilement des structures mélodiques de lignes et de couleurs. Une fois terminées, les peintures, réalisées à la détrempe, à la gouache et à l'aquarelle sur du papier de récupération, sont accrochées au mur pour être utilisées lors d'exercices de méditation. Franck André Jamme, devant la peinture tantrique, s'adonne quant à lui à un exercice d'écriture et de non-écriture ? : "? Elle devient une sorte de moyen de transport, dans tous les sens du terme. On écrit soudain la main dans la main d'une image amie, qui n'est pas loin, dans l'esprit. Comme sous sa protection très aiguë. Sans stylo, sans papier, sans clavier. Moins de choses. Un peu plus de vide. Un peu plus dans le vide. On respire mieux. J'ai écrit beaucoup de choses ainsi, sans les noter, sans les écrire. ? "
Les cinq siècles qui s'étendent de la fin de l'Empire romain à celle de l'Empire carolingien sont caractérisés par une économie basée sur la propriété rurale, la guerre, la faiblesse des échanges et le rôle réduit de la monnaie. C'est la période des rois mérovingiens aux petites propriétés et des incessantes guerres civiles, suivie par l'unification politique, monétaire et fiscale des Carolingiens. C'est aussi la période des dernières grandes invasions barbares, puis, plus tard, celle des vastes raids des Vikings. A partir d'une abondante documentation dont le lecteur trouvera de nombreuses citations et références, l'auteur étudie l'ensemble des faits socio-économiques et dresse un bilan des connaissances. Une cinquantaine de thèmes sont regroupés en six chapitres (la société, la guerre, l'occupation du sol, la vie économique, la monnaie, l'église) en distinguant les périodes mérovingiennes et carolingiennes. Un chapitre conclusif met en perspective l'ensemble des évolutions.
La Méditerranée a été le trait d'union de la civilisation antique. Par elle ont transité les produits, les hommes, les idées, les modèles économiques, sociaux et politiques. Mais la mer n'est pas un milieu simple. Elle change avec les saisons, avec les aléas climatiques, et avec les savoirs des hommes, qui la rendent alternativement repoussante ou attirante, en font une auxiliaire ou une ennemie, une porte ouverte ou une barrière. Les routes, qui n'y sont ni tracées, ni balisées, sont le produit d'une alchimie complexe où se mêlent conditions naturelles, technologie, savoirs empiriques et règles commerciales.Déterminer les itinéraires précis qu'empruntaient les navigateurs, leurs variations saisonnières, et les temps nécessaires à leurs parcours, sont le fruit de la géographie historique. Ces rythmes du commerce, qui ont constitué la trame de l'économie méditerranéenne antique, ont fondé la représentation du monde des Anciens. Un voyage à travers l'espace-temps de la navigation antique donne les mesures de la mer transmises aux géographes anciens par l'expérience des marins.
Si l'archéologie protohistorique française a longtemps fonctionné sur la trilogie césarienne, aedificium, vicus, oppidum, les fouilles de ces dernières décennies ont mis en évidence, que même si cette terminologie est d'un usage commode, elle s'avère beaucoup trop schématique et ne correspond que lointainement aux réalités archéologiques.