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Volatiles
Efoui Kossi
JOCA SERIA
9,00 €
Épuisé
EAN :9782848090634
Les oiseaux savaient avant les hommes qu'il y avait, d'une crête à l'autre des continents séparés, des végétations jumelles et des hommes avoisinant, et qu'on pourrait presque s'échanger des territoires et rêver que c'était la même terre qui se continuait. Seuls les oiseaux, qui n'avaient jamais cessé de passer d'une lisière à l'autre des terres et des mers, qui savaient du ciel qu'il était immense et vide, les oiseaux qui avaient vu de tout temps, depuis le vide du ciel, depuis le vide éclaté des continents, depuis la dérive des origines, la forme d'unepeu près ronde, la forme d'un monde comme une petite boule composée de petites boules grouillant de petite; boules séparées par du vide... seuls les oiseaux rappellent encore... avec le tracé migratoire de leur écriture labile... que les hommes sont habitants de l'espace... que les racines de l'homme sont aériennes... de quelque côté que son sommeil ou ses pieds le reposent... qu'il ne reste rien de l'origine éclatée des continents... qu'il ne reste rien d'aucune origine... sinon la trace volatile des transmigrations... " Biographie de l'auteur Né en 1962 à Anfoin au Togo, Kossi Efoui a étudié à l'université du Bénin au Togo avant de s'établir en France. Il a publié pièces de théâtre et deux romans parus au Seuil."
La colonisation européenne s'est accompagnée de révoltantes atteintes aux droits des peuples en Afrique. Le Cameroun se hisse au sommet des territoires ayant payé le prix le plus élevé des crimes et des forfaitures commis par les hérauts de la citadelle coloniale. Dans le Sud-Cameroun, les noms des commandants Malsen et Günther Von Hagen rappellent les moments les plus forts des massacres des populations par les forces coloniales du 2e Reich. Les Français, qui chassent les Allemands en 1916, ont continué dans la même logique. Les peuples du Sud-Cameroun ont aussitôt compris qu'au lieu d'être libérés, ils étaient tout simplement tombés sous le joug d'un autre colonisateur, à la seule différence que ce que les sujets du Kaiser faisaient avec brutalité, les maîtres venus de l'Hexagone le firent avec perfidie. Ce livre revient sur les pages les plus glorieuses certes, mais aussi les plus sombres et les plus tragiques du combat mené par les Ekang du Sud-Cameroun pour sortir le Cameroun du joug colonial à travers la Réunification et l'Indépendance. Le leader de cette dynamique, Daniel Awong Ango, trouva la mort dans les conditions les plus ignobles le 15 octobre 1949 à la prison d'Ebolowa. Cette mort fit de lui le tout 1er martyr de la Réunification et de l'Indépendance du Cameroun. De même, elle donna lieu à un sursaut clanique de la part de ses frères yeminsem qui, derrière le notable David Mvondo Medjo, se mobilisèrent pour pérenniser l'oeuvre d'Awong Ango à travers la vitalité de l'Efulameynh, l'héritage légué par le défunt à tous les Ekang du Sud-Cameroun. Pendant près d'une décennie, l'Efulameyon marqua le Sud-Cameroun par son combat social, culturel et économique. Mais dès la seconde moitié des années 50, les évolués, menés par Charles Assa'ale Mbiam, l'ancien cégétiste et l'un des fondateurs de l'UPC historique, se lancèrent à l'assaut de l'Efulameyon pour leur positionnement sur la scène politique camerounaise. Une fois à la tête de cette puissante fédération tribale, ils n'hésitèrent pas à la sacrifier en 1962 à l'autel des privilèges personnels, des prébendes républicaines et, surtout, au profit de l'Union camerounaise (UC) du président Ahmadou Babatora Ahidjo. La dissolution forcée de l'Efulameyon, pour permettre à l'UC de s'implanter dans l'espace qui constitue l'actuelle Région du Sud, fut en ces premières années de l'Indépendance et de la Réunification, le point de départ de la "descente aux enfers" des masses dans cette partie du Cameroun.
Un jeune homme d?une vingtaine d?années, s?adressant à un auditoire imaginaire depuis le fond de sa cellule, nous raconte son histoire, son enfance. Cette cellule, on le comprendra vite, est en fait une cachette d?où il attend d?être tiré par des hommes qui peuvent lui apporter le meilleur comme le pire: tout le livre est rythmé par cette attente dont l?issue ne sera connue qu?aux dernières pages. Lorsqu?il avait neuf ans, son père lui est revenu après quatre ans d?internement dans un camp à la réputation terrible, appelé la Plantation. Véritable mort-vivant, spectre méconnaissable, ce père ne prononce plus une parole, il n?est plus dans la vie. Les seuls sons qui s?échappent en secret de son gosier, il les réserve aux oiseaux prisonniers de la boue des marais, dans une forme de communication hors du monde, extra-naturelle. Cependant, une soi-disant nation nouvelle est en construction. On s?y gargarise de slogans creux, de périphrases absurdes. Le contrôle de la parole est un enjeu primordial de tous les régimes. Devenu presque adulte, le garçon refuse cette falsification du langage et ce qui va avec: l?incorporation obligatoire dans une guerre inter-ethnique qui n?avoue pas son nom. Il se cache en attendant la fuite. Paradoxalement, comme pour refermer la boucle, c?est sur les lieux mêmes de la Plantation qu?il va trouver un refuge provisoire, là où la vie de son père s?est brisée.
Elle n'a d'abord été qu'une légende énigmatique tracée au dos d'une carte postale représentant une adolescente au buste nubile, tête inclinée vers l'arrière, les cheveux tressés en fines antennes, et le sourire comme jeté vers le haut des arbres. Une icône touristique ordinaire sortie du grand sac sombre de l'Hornme-Papier, marchand d'images à l'érudition débridée, seul à s'intéresser au mystère de la rencontre entre un cliché tropical et une danse polonaise à deux temps, cousine lointaine de la biguine. Jusqu'au jour où Nahéma do Nacimento tombe du ciel dans l'arrière-cour du Bar M, là où toute la ville vient se frotter sur une lancée d'arpèges de flûte avec crépitement de congas, maracas et castagnettes. C'était un temps où la vie - ceux qui y croyaient disaient la vraie vie - était rythmée par la rumba et son incessant appel de jour et de nuit jusqu'au plus impatient des jours: vendredi; jusqu'au plus frétillant des mois de l'année: novembre et ses nuits de carnaval. C'était avant ce que les journaux ont appelé les événements. Alors la ville sans nom, ou baptisée par orgueil et dérision du nom de St-Dallas, la ville a commencé à se défaire, privée de rumba, de polka, privée de la danse vitale du corps et de l'espit.
L'idée des résidences d'auteurs à Grand-Lieu m'est venue, il y a un peu plus de vingt ans, je travaillais alors pour une association de développement culturel crée et administrée par les élus des communes riveraines du lac. La première a eu lieu en 1999 avec Jean-François Morange. Depuis, chaque année, un auteur ou un plasticien vient à Grand-Lieu. Il y réside un peu plus d'un mois, à plusieurs périodes de l'année pour découvrir les multiples visages du lac au fil des saisons : l'hiver, lorsque l'eau recouvre les marais pour qu'il devienne un de plus grands lacs de France ; au printemps lorsqu'il est envahi par les cris du peuple des oiseaux migrateurs et les chants des grenouilles, refuge de la vie sauvage cerné par la ville qui étend ses ramifications de rive en rive ; l'été lorsqu'il se recroqueville, qu'il se cache derrière les roselières et se couvre de plantes aquatiques, jusqu'à presque disparaître ; l'automne le lac reprend son souffle en attendant les premières pluies qui viendront gonfler ses eaux jusqu'au grand débordement. C'est à partir de cette idée du débordement des eaux que Delphine Bretesché, Kossi Efoui, Hélène Gaudy, Anthony Poiraudeau et Didier Trenet proposent des dérives entre visible et invisible, réalité et fiction, comme pour tenter de saisir ce Grand-Lieu qui nous échappe." Arnaud De La COTTE
Sous le patronage de l'Institut Français de Barcelone, Eric Fonteneau et Pierre Perron présentent, à l'occasion d'une exposition accueillie par la galerie Met. room, un choix de dessins anciens, modernes et contemporains qu'ils font librement dialoguer rapprochement inaccoutumé d'?uvres, plaisir de l'analyse, exercice de la transmission.