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AU NOM DE L'ART. Pour une archéologie de la modernité
Duve Thierry de
MINUIT
15,20 €
Épuisé
EAN :9782707312815
On ne devrait jamais cesser de s'émerveiller, ou de s'inquiéter, de ce que notre époque trouve parfaitement légitime que quelqu'un soit artiste sans être peintre, ou écrivain, ou musicien, ou sculpteur, ou cinéaste... La modernité aurait-elle inventé l'art en général? Ne serait-ce pas plutôt que tout au long de la modernité la formule "Ceci est de l'art", appliquée à une chose quelconque, aura été de préférence à toute autre, par exemple "Ceci est beau", la phrase par laquelle se sera exprimé le jugement esthétique en général? Voici donc une pissotière. Elle a été choisie toute faite un certain jour de 1917 par un dénommé Marcel Duchamp. Elle fit son succès d'artiste, d'anti-artiste ou d'anartiste et inspira, pour le meilleur et pour le pire, la moitié des artistes après lui. On a dit à son propos: "Ceci est de l'art." Ce livre le redit. L'ayant redit, il trouve à sa portée quelques éléments de réponse aux questions de la modernité. A la question théorique "Qu'est-ce que l'art?", la première partie répond de biais et en retard: L'art était un nom propre. A la question critique "Quelle esthétique pour la modernité?", la seconde partie répond de face et au présent: Kant (d')après Duchamp. A la question éthique "Que faire, et que ce soit de l'art?", la troisième partie ne répond pas, mais reprend sur le fil de l'histoire l'impératif moderne: "Fais n'importe quoi," La carte dont ce livre esquisse le contour pointillé est celle d'une époque qui demande à être périodisée - tâche paradoxale, ironique sans doute et rien moins qu'académique - pour éviter qu'elle ne touche à sa fin prématurée.
Le sage dont notre monde a besoin a bel et bien existé. C'était il y a deux mille ans. Il se nomme Jésus. Son message reste d'une actualité brûlante. Ce message annonce une nouvelle forme de rédemption qui correspond exactement à ce que notre vision darwinienne de la condition humaine recommande si nous voulons échapper aux conséquences fatales de la tache originelle imprimée dans nos gènes par la sélection naturelle. Clercs et laïcs, croyants et libres-penseurs de toute obédience doivent chercher ensemble, au-delà de ce qui les divise et avec le concours du plus grand nombre possible de philosophes, de moralistes, de scientifiques et d'autres penseurs unis par l'honnêteté intellectuelle, un énoncé du message de Jésus adapté aux conditions actuelles. C'est notre seul espoir si nous voulons tirer parti, d'une manière humaine et rationnelle, des moyens, préservés par la sélection naturelle, qui, paradoxalement, pourraient nous permettre de contrecarrer les conséquences délétères de celle-ci".
Duve Thierry de ; Pélenc Arielle ; Groys Boris ; C
Résumé : L'?uvre de l'artiste canadien Jeff Wall a porté la photographie au premier plan de l'art contemporain. Wall exploite une technologie cinématographique et informatique avancée dans un travail évoquant, par la composition, l'échelle et les sujets traités, celui de peintres tels Vélasquez, Goya et Manet. Ses cibachromes gigantesques montés sur des caissons lumineux associent l'éclat séduisant d'un écran de cinéma à la présence physique de la sculpture minimaliste. Ses mises en scène soigneusement composées décrivent les rapports sociaux quotidiens ; elles explorent les forces obscures que dissimule la façade brillante, saturée par les médias, du XXe siècle finissant. Tous ces éléments - peinture figurative traditionnelle, cinéma, minimalisme, art conceptuel, photographie documentaire - sont consciemment évoqués et explorés dans le travail de Jeff Wall. Etroitement associé depuis la fin des années 1960 à des artistes conceptuels comme Dan Graham, avec qui il a réalisé le Pavillon des enfants (1988-1993), Wall s'est engagé à un niveau élevé dans le débat sur les théories de la représentation et sur la dimension sociale de cette dernière, tant dans son art que par ses écrits théoriques sur la culture et l'art contemporains. D'importantes expositions sur l'?uvre de Jeff Wall ont été présentées au Museum of Contemporary Art de Chicago (1995) ; à la galerie nationale du Jeu de Paume à Paris (1995) ; au musée d'Art moderne d'Helsinki (1996) ; à la Whitechapel Art Gallery de Londres (1996) ; au musée d'Art contemporain de Montréal (1999) et à la Tate Modern de Londres (2005). L'essai de Thierry de Duve, auteur de " Nominalisme pictural " et de " The Definitively Unfinished Marcel Duchamp ", propose une autre histoire du modernisme. La critique et commissaire d'expositions Arielle Pélenc s'entretient avec l'artiste de thèmes allant du récit à la cinématographie. Boris Groys, auteur de Contemporary Art from Moscow, traite de la signification de la lumière dans l'?uvre de Jeff Wall. Dans la section Actualisation, le critique d'art et historien de la photographie Jean-François Chevrier s'attache aux ?uvres de Jeff Wall réalisées entre 1995 et 2001. L'artiste a choisi des textes de Blaise Pascal et de Franz Kafka. En incluant certains de ses textes et entretiens les plus significatifs, cet ouvrage rend également hommage à Jeff Wall en tant qu'historien et théoricien de l'art.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.
Un des pionniers du Théâtre de l'Absurde, Samuel Becket, offre un spectacle qui fait rire jaune à plus d'une reprise. Deux personnages en attendent un troisième et pendant cette attente, ils refont le monde à leur manière. Jamais ce que l'on nomme l'absurde n'aura été si visionnaire et réellement vrai.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.