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Travaux de femmes. Enquêtes sur les services à domicile
Dussuet Annie
L'HARMATTAN
21,00 €
Épuisé
EAN :9782747585385
Quasi exclusivement féminins, les emplois de services à domicile sont aujourd'hui en plein développement. Quels sont les enjeux, pour les femmes, de cette externalisation du travail domestique gratuit ? S'agit-il d'une forme de " néo-domesticité ", ou bien au contraire ces emplois peuvent-ils offrir à certaines une opportunité de professionnalisation de leurs compétences domestiques et familiales ? A partir des résultats de plusieurs enquêtes de terrain menées auprès d'organisations et de salariées du secteur, cet ouvrage montre combien la précarité y est enracinée dans des logiques de personnalisation des tâches attachées au cadre privé, comment, dans le même temps, ces caractéristiques entérinent et renforcent la féminité affichée de ces emplois. Mais il montre aussi que des alternatives existent, débouchant à la fois sur une moindre précarité et sur une certaine professionnalisation. Leur mise en œuvre suppose toutefois la présence d'organismes employeurs jouant un rôle médiateur, permettant ainsi la construction d'un véritable espace public de travail. Celui-ci ouvre la possibilité de l'exercice " professionnel " d'une activité de service, actuellement encore souvent confondue avec une sollicitude à l'égard d'autrui qui serait " naturellement " féminine. C'est dire l'importance stratégique, pour toutes les femmes, des formes prises par le développement de ce secteur à travers lequel se joue, au quotidien, la définition du féminin au travail.
Essentielle dans notre société vieillissante, l'aide à domicile est un secteur en souffrance, malmené depuis trop longtemps. Bas salaires, pénibilités multiples, faible reconnaissance... malgré des changements majeurs dans la profession depuis vingt ans, les conditions de travail et d'emploi peinent à s'améliorer. Ce métier qui exige pourtant formation et expérience reste considéré comme un débouché privilégié pour des personnes non qualifiées, avec des conséquences dramatiques pour tout le monde... Analysant les blocages, et notamment les incohérences des politiques publiques, qui empêchent ce secteur crucial de près de 600 000 salariées - presque exclusivement des femmes - de sortir de cette situation préoccupante, cet ouvrage dessine les pistes qui permettraient de changer radicalement la donne. François-Xavier Devetter est enseignant-chercheur en économie à l'université de Lille, spécialiste de l'emploi dans les services, et particulièrement de l'aide à domicile. Il a notamment publié Deux millionsde travailleurs et des poussières (avec J. Valentin, Les Petits Matins, 2021) et Les Services à la personne (avec F. Jany-Catrice et T. Ribault, La Découverte, "Repères" , 2015). Annie Dussuet est enseignante-chercheuse en sociologie à l'université de Nantes, spécialiste de l'emploi féminin dans les services associatifs et des transformations du travail auprès des personnes âgées. Elle est l'autrice de Travaux de femmes (L'Harmattan, 2005) et de Vers l'égalitéfemmes-hommes au travail (Presses universitaires de Rennes, 2021). Emmanuelle Puissant est enseignante-chercheuse en économie à l'université Grenoble Alpes, spécialiste de l'emploi associatif, et en particulier de l'aide à domicile. Elle est l'autrice de Economie politique desassociations (avec A. Le Roy, F. -X. Devetter, et S. Vatan, De Boeck, 2019).
Parler d'identités féminines au pluriel, c'est tenter de dépasser l'opposition entre universalisme et différencialisme, le premier réduisant au silence les femmes dans un universel à une seule voix, le second étouffant leur parole dans l'expression dominante d'une identité féminine " innée ". Les contributions réunies dans ce volume proposent donc d'analyser les modes de construction, l'évolution et la recomposition des normes sociales concernant l'identité sexuée. Assiste-t-on aujourd'hui à une diversification des rôles et des pôles identificatoires ? Quels aménagements, quelles compensations, quelles résistances les femmes d'aujourd'hui mettent-elles en œuvre dans les places qui leur sont assignées par les rapports sociaux ? Comment se tisse et se distingue l'identité des femmes dans l'espace professionnel et dans celui des luttes collectives ? Construisent-elles leur identité (individuelle, de classe et de genre) avec ou contre les modèles et les normes traditionnels ancrés dans l'espace domestique et la maternité ? Telles sont quelques-unes des questions posées par Isabelle BUROT-BESSON, Anne-Sandrine CASTELOT, Erika FLAHAULT, Marie-Pierre GUIHO-BAILLY, Sylvie GUIONNET, Sarah LECOMTE, Martine LEFEUVRE-DEOTTE, Jean-Jacques MALO, Safaa MONQID, Ana-Maria RIVAS.
Cet ouvrage se propose de mettre à jour des "logiques domestiques". Contre l'illusion qui ferait de l'espace et du temps domestiques des lieux délivrés de la contrainte sociale, et partant du constat que les activités domestiques sont un véritable travail imposé aux femmes, il montre comment celles-ci partagent de ce fait des perceptions et des comportements structurés par des "logiques", spécifiques au "domestique". Pour ce faire, il s'appuie principalement sur une enquête sur les représentations du travail domestique réalisée sous la direction de Madeleine Guilbert d'abord, puis de Michel Verret, auprès de femmes salariées de milieu populaire. Au nom de leur charge domestique, les femmes sont sans cesse soupçonnées de moins s'investir que les hommes dans leur tâche professionnelle, et discriminées sur les marchés de l'emploi. Paradoxalement, dans les représentations, le travail domestique est insaisissable. Dévalorisé dans tous les sens du terme, il est nié comme travail en même temps qu'assigné aux femmes. Il est ainsi le lieu de "logiques" particulières, faites d'un jeu d'ambivalences entre contrainte et choix. C'est parce qu'il est assigné aux femmes qu'il est invisible pour les hommes. C'est parce qu'il est invisible qu'il est dévalorisé, c'est aussi pour toutes ces raisons qu'il passe aux yeux des femmes elles-mêmes pour un loisir. Réfractaire au changement, le domestique est aussi un lieu où se construit l'identité des femmes. La libération des femmes vis-à-vis de ses contraintes suppose une construction identitaire alternative, qui passe par la sortie du "domestique", par le salariat ou l'activité militante.
Pourquoi travaillons-nous? Qu'est-ce que les salariés investissent d'eux-mêmes au travail? Pour quelles raisons et selon quelles modalités? La question que pose cet ouvrage est un enjeu central dans la compréhension du monde actuel, le phénomène des suicides au travail venant nous en rappeler régulièrement les aspects inquiétants. A partir de dix enquêtes de terrain, les auteurs proposent une analyse de l'engagement subjectif au travail dont le management entend faire, aujourd'hui, un outil de performance. Loin d'être une simple forme d'adhésion ou de subordination aux objectifs de leur entreprise, loin de se limiter à une seule aventure personnelle liée à une biographie particulière, l'implication subjective au travail traduit aussi un engagement envers la société qui autorise à parler de subjectivité collective. De quoi est-elle faite? Comment se manifeste-t-elle? Comment est-elle investie par le management modernisateur? Quel impact a-t-elle sur notre société, et quel impact notre société a-t-elle sur son contenu? Biographie: Danièle Linhart est sociologue, directrice de recherches au CNRS, et enseignante à Paris x Nanterre, au sein du laboratoire "Travail, Genre et Mobilités".
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.