Issu des travaux d'un programme de recherche de la DIES, cet ouvrage rassemble les contributions de chercheurs d'universités de l'Ouest autour de l'économie sociale et solidaire. Le lecteur pourra y observer comment cette économie est un levier du développement, par sa capacité à faire émerger de nouveaux marchés et des pratiques novatrices de production et d'échange, entre informel et formel. Il verra comment, en construisant une médiation entre exigences de service public et impératifs de concurrence, les organisations de l'économie sociale et solidaire trouvent, par tâtonnement, des équilibres innovants entre efficacité et valeurs. Il comprendra aussi pourquoi ce processus est susceptible de les bouleverser profondément. A partir d'exemples concrets, l'ouvrage propose des clés pour analyser l'évolution récente de pans entiers de l'économie sociale et solidaire et pour évaluer son apport spécifique à la dynamique de la société. Sept domaines sont étudiés : accompagnement à la création d'entreprises, réseaux territoriaux de. l'économie sociale, services aux familles, tourisme associatif, finance solidaire, environnement, sport. Les publics visés sont tout particulièrement les enseignants, chercheurs ou doctorants en Economie, Gestion, Sociologie, Droit, STAPS ; les étudiants en sciences sociales et politiques ou en management ou préparant un concours de la fonction publique et territoriale ; les professionnels du secteur public, associatif ou privé, soucieux de comprendre les évolutions de l'économie sociale et solidaire au sein d'une économie plurielle ; les dirigeants ou responsables de structures associatives. . . Cet ouvrage est dirigé par Annie Dussuet et Jean-Marc Lauzanas, tous deux maîtres de conférences à l'Université de Nantes.
Pour les associations féministes, le genre constitue un redoutable paradoxe et un défi : utiliser le genre comme concept pour lutter contre le genre comme système social, sachant que celui-ci pèse aussi sur leur fonctionnement et leurs pratiques comme dans toute organisation sociale.
Pourquoi travaillons-nous? Qu'est-ce que les salariés investissent d'eux-mêmes au travail? Pour quelles raisons et selon quelles modalités? La question que pose cet ouvrage est un enjeu central dans la compréhension du monde actuel, le phénomène des suicides au travail venant nous en rappeler régulièrement les aspects inquiétants. A partir de dix enquêtes de terrain, les auteurs proposent une analyse de l'engagement subjectif au travail dont le management entend faire, aujourd'hui, un outil de performance. Loin d'être une simple forme d'adhésion ou de subordination aux objectifs de leur entreprise, loin de se limiter à une seule aventure personnelle liée à une biographie particulière, l'implication subjective au travail traduit aussi un engagement envers la société qui autorise à parler de subjectivité collective. De quoi est-elle faite? Comment se manifeste-t-elle? Comment est-elle investie par le management modernisateur? Quel impact a-t-elle sur notre société, et quel impact notre société a-t-elle sur son contenu? Biographie: Danièle Linhart est sociologue, directrice de recherches au CNRS, et enseignante à Paris x Nanterre, au sein du laboratoire "Travail, Genre et Mobilités".
Cet ouvrage se propose de mettre à jour des "logiques domestiques". Contre l'illusion qui ferait de l'espace et du temps domestiques des lieux délivrés de la contrainte sociale, et partant du constat que les activités domestiques sont un véritable travail imposé aux femmes, il montre comment celles-ci partagent de ce fait des perceptions et des comportements structurés par des "logiques", spécifiques au "domestique". Pour ce faire, il s'appuie principalement sur une enquête sur les représentations du travail domestique réalisée sous la direction de Madeleine Guilbert d'abord, puis de Michel Verret, auprès de femmes salariées de milieu populaire. Au nom de leur charge domestique, les femmes sont sans cesse soupçonnées de moins s'investir que les hommes dans leur tâche professionnelle, et discriminées sur les marchés de l'emploi. Paradoxalement, dans les représentations, le travail domestique est insaisissable. Dévalorisé dans tous les sens du terme, il est nié comme travail en même temps qu'assigné aux femmes. Il est ainsi le lieu de "logiques" particulières, faites d'un jeu d'ambivalences entre contrainte et choix. C'est parce qu'il est assigné aux femmes qu'il est invisible pour les hommes. C'est parce qu'il est invisible qu'il est dévalorisé, c'est aussi pour toutes ces raisons qu'il passe aux yeux des femmes elles-mêmes pour un loisir. Réfractaire au changement, le domestique est aussi un lieu où se construit l'identité des femmes. La libération des femmes vis-à-vis de ses contraintes suppose une construction identitaire alternative, qui passe par la sortie du "domestique", par le salariat ou l'activité militante.
Résumé : Partout, le constat des inégalités de fait entre les femmes et les hommes demeure récurrent, malgré les progrès de l'égalité de droit, y compris dans les pays européens comme la France qui ont mis l'égalité réelle à l'agenda. Cet ouvrage propose donc à la fois d'analyser quelques-uns des processus qui entravent l'égalité femmes-hommes et de mettre en évidence les conditions nécessaires à leur dépassement. Résolument pluridisciplinaire, il regroupe des contributions de chercheures en sciences politiques, sociologie, anthropologie, informatique, sciences économiques et sciences de gestion, qui ont croisé les observations minutieuses effectuées au cours de leurs travaux de terrain afin d'une part, de fournir des éléments d'analyse précis des processus largement invisibles participant à la reproduction du système de genre, et d'autre part, d'interroger les conditions d'efficacité des politiques publiques à déployer pour passer de l'égalité de droit à l'égalité de fait.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.