Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les écrans de l'intégration
Durmelat Sylvie ; Swamy Vinay
PU VINCENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782842924539
Les immigrants maghrébins et leurs descendants occupent une place importante dans la France multiculturelle d'aujourd'hui. Au cinéma, ils ont acquis la reconnaissance du grand public en tant qu'acteurs et cinéastes ou comme sujets de nombreux films. Premier ouvrage à traiter ce sujet, Les écrans de l'intégration présente une analyse critique de ce cinéma, élaborée selon une variété d'approches, mêlant l'histoire et la critique du cinéma aux études postcoloniales francophones. Les auteurs se concentrent spécifiquement sur la vision complexe de l'intégration que développent les films de la diaspora maghrébine. Cet ensemble d'essais analyse les conditions qui ont permis le développement de ce cinéma, et les changements sociaux dont ces films témoignent ou qu'ils ont eux-mêmes contribué à initier. L'émergence au sein de cette production d'une multiplicité de genres fait éclater le concept figé de différence ethnique.
Dans cet ouvrage, Sylvie Durmelat examine la notion d'intégration à travers l'étude d'histoires et récits littéraires, de cas et événements médiatiques, de films ou documentaires prenant pour sujet ou ayant pour auteur les héritiers d'origine maghrébine de l'histoire conjuguée de la migration et de la colonisation. Elle explore comment ces mises en récits postcoloniales dénoncent le mythe idéologique d'une intégration républicaine à sens unique au sein de la nation française, tout en contribuant simultanément à réinventer et à faire advenir autrement l'intégration qu'elles questionnent. Ce travail se concentre sur trois moments (parfois simultanés) de l'invention d'une culture franco-maghrébine potentielle qui sont aussi trois modalités de cette inscription hexagonale - dans le champ littéraire, dans la géographie et la mythologie urbaines, dans les mémoires collectives. Cette triple inscription littéraire, urbaine et mémorielle aboutit à un constat d'autonomie impossible : la signature collective beur échappe à ses auteurs, la territorialité sans territoire des banlieues débouche sur un enfermement potentiel et le travail de mémoire convoque autant de fantômes qu'il en conjure. Cette série d'impossibilités et d'expropriations n'est cependant pas synonyme d'impasse. Elle continue plutôt de poser la question récurrente du comment apprendre à vivre avec et du vivre ensemble et suggère que l'intégration des populations devenues françaises, empreintes du passé colonial de la France, nécessite d'autres métaphores, d'autres fictions pour raconter autrement les histoires et l'histoire.