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Critique N° 804, Mai 2014 : "Ruyer l'inclassable"
During Elie
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11,50 €
Épuisé
EAN :9782707323910
Après quelques décennies d'oubli relatif, le nom de Raymond Ruyer (1902-1987) circule à nouveau. Néo-finalisme, son grand livre de 1952 longtemps épuisé, figure cette année au programme de l'agrégation de philosophie. La publication d'un inédit, L'Embryogenèse du monde et le Dieu silencieux, témoigne d'une oeuvre qui traverse en diagonale tous les domaines du savoir : de la neurobiologie à la théologie rationnelle en passant par la psychologie de la perception, la physique quantique, la théorie de l'information, la pensée utopique. Deleuze, Merleau-Ponty ou Canguilhem n'avaient pas attendu le succès public de La Gnose de Princeton pour saluer l'audace et l'originalité d'une métaphysique qui n'hésite pas à ranimer les "grandes questions" à côté des plus techniques. Le dossier réuni par Critique présente quatre perspectives complémentaires sur une oeuvre à la fois séduisante et complexe. André Conrad livre les clés qui ouvrent les portes du système, tandis qu'Anne Sauvagnargues propose une lecture critique de certains de ses aspects les plus problématiques. Jean-Claude Dumoncel brosse le portrait inattendu d'un Ruyer structuraliste avant l'heure. Enfin, un entretien avec Fabrice Colonna offre un éclairage biographique et philosophique sur la trajectoire d'un penseur à bien des égards inclassable.
Il était une fois" : c'est ainsi que commencent les histoires. Mais, dès que s'introduisent d'autres voix, d'autres lieux, d'autres lignes d'actions, il faut bien poursuivre par un "pendant ce temps". "Pendant ce temps", donc, les êtres continuent à vivre, à agir, à durer. Ils coexistent. Le cinéma l'exprime bien à travers le montage alterné, qui est un de ses ressorts narratifs les plus efficaces : les flux de durée s'y raccordent de loin en loin pour donner l'illusion du simultané. Relayé par la vidéo, installé sous toutes ses formes, le septième art doit désormais compter avec un foisonnement d'écrans et d'interfaces, mais aussi avec de nouveaux procédés de transmission en temps réel qui livrent au tout-venant, comme au spectateur des galeries et des salles de musée, des flux d'images animées composant une temporalité multicouche, littéralement spatialisée : des images-volumes. Le flux est d'ailleurs une métaphore trop grossière : il fait oublier que les images ne se contentent pas de défiler ou de glisser les unes star les autres mais coexistent aussi selon des voies étranges, dans un monde plein d'angles morts, de déphasages, de doublures et de faux raccords. C'est cette texture des images, envisagées selon leur connexion ou le nexus qu'elles composent, qu'on se propose d'examiner dans les parages du cinéma, de la vidéo et de l'art contemporain. De Vertigo à Matrix ou à la série 24, du constructivisme aux pratiques des locative media en passant par Marcel Duchamp et Dan Graham, enfin de Bergson à Deleuze et d'Einstein à Virilio, ce livre est finalement un essai de philosophie appliquée : une introduction concrète à la cosmologie des images disloquées.
Résumé : "Vaste et orageux océan, empire de l'illusion, où maint brouillard, maints bancs de glace en fusion présentent l'image trompeuse de pays nouveaux, attirent le navigateur parti à la découverte, et l'entraînent en des aventures auxquelles il ne pourra plus s'arracher, mais dont il n'atteindra jamais le but". Par ces mots, Kant entend décrire les affres de la métaphysique. Quête du sens et de l'essence des choses, créatrice de concepts destinés à mieux saisir l'universalité et la transcendance, la métaphysique cherche à penser ce qui est "au-delà des réalités physiques". Si beaucoup de penseurs l'ont critiquée, elle n'en reste pas moins fascinante. Peut-on la pratiquer sans déjà raisonner en métaphysicien ? A quoi sert-elle ? Est-elle encore légitime aujourd'hui ? La métaphysique est-elle indissociable de l'expérience ou bien est-il possible de penser a priori ? Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la métaphysique, d'Aristote à Peter Strawson, en passant par Avicenne, Thomas d'Aquin, Descartes, Leibniz, Voltaire, Kant, Hegel, Schopenhauer, Comte, Engels, Mach, Peirce, James, Nietzsche, Bergson, Merleau-Ponty ou encore A J Ayer.
Résumé : "L'âme : donner un sens à ce vieux nom de souffle". C'est ainsi que Valéry pose le problème philosophique de l'âme. Ce concept flottant, auquel l'époque contemporaine cherche à tourner le dos, mérite en effet d'être pensé ou repensé, car il est au carrefour de questions philosophiques cruciales : il permet par exemple d'interroger les différences entre l'animé et l'inanimé ou de mettre au jour les rapports qu'entretient l'esprit avec le corps. Puis-je dire que j'ai une âme au même titre que j'ai un corps ? Faut-il considérer l'un et l'autre comme deux substances distinctes mais liées en l'homme ? L'âme est-elle universelle et s'incarne-t-elle en chacun ? Quand je dis "moi", est-ce l'âme qui parle ? Puis-je alors considérer que je suis mon âme ? Puis-je ressentir la présence de mon âme, c'est-à-dire en faire l'expérience ? Est-elle un être connaissable ou une fiction théorique ? Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur l'âme, de Platon à Foucault, en passant par Aristote, Plotin, saint Augustin, Maître Eckhart, Mollâ Sadrâ, Descartes, Spinoza, Leibniz, Voltaire, Hume, Kant, Regel, Bergson, Kandinsky, Wittgenstein, Souriau ou encore Ryle.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.
Il y a le stigmate d'infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l'épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l'accident. Il y a les stigmates de l'alcoolisme et ceux qu'inflige l'emploi des drogues. Il y a la peau du Noir, l'étoile du Juif, les façons de l'homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l'on sait de quelqu'un qui a fait ou été quelque chose, et "ces gens-là, vous savez..." Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent "normaux" et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l'homosexuel, etc., et donne aux autres l'assurance, fragile, qu'à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l'espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l'autre côté de la barrière.
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités, - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'Etat. Chaque thème est censé constituer un "plateau", c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "