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Bête noire. Condamné à plaider
Durand-Souffland Stéphane ; Dupond-Moretti Eric
MICHEL LAFON
17,95 €
Épuisé
EAN :9782749916163
Extrait Trente ans Il est 2 heures du matin, je suis épuisé, j'ai peur et je pue la sueur. La nuit épaissit l'angoisse qui précède le prononcé du verdict. Quand la cour et les jurés sont-ils partis délibérer ? Je ne m'en souviens pas mais c'était il y a trop longtemps. J'ai plaidé l'acquittement, je sens que je ne serai pas suivi - sinon, ils seraient déjà revenus l'annoncer. Ce procès a duré trois jours. Pendant trois jours j'ai défendu un homme et, aujourd'hui, je n'ai plus d'énergie. Cette interminable attente de la sentence n'est pas un temps comme les autres : c'est un moment suspendu, une parenthèse de mystère durant laquelle se joue le destin d'un être. Quand l'horloge recommencera à tourner normalement, tout sera joué. Je déteste l'idée que pendant ces heures-là, je ne sers à rien. Souvent, je passe voir celui que je défends, détenu dans une geôle minuscule qui sent le malheur. Pas pour le «préparer» à affronter l'épreuve du verdict, ni pour lui remonter le moral : le mien est en général plus bas que le sien. Pour être auprès de lui quelques brefs instants, pendant qu'il est encore «présumé innocent». Il y a, dans ce tête-à-tête, des moments surréalistes. Je me souviens d'un client - j'ai ce mot en horreur mais il n'y en a pas d'autre, j'y reviendrai - pour qui j'étais intervenu avec mon ami Jean-Yves Liénard. C'était aux assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer. Une affaire atroce. L'homme en question répondait du meurtre de sa mère, de son grand-père, et d'une tentative de meurtre sur son père. L'avocat général avait, logiquement, requis la réclusion criminelle à perpétuité. Je venais de terminer ma plaidoirie et j'étais encore ruisselant. Jean-Yves et moi entrons dans la cellule. L'homme, qui y avait été reconduit peu avant, était en train de déjeuner. Il nous montre son sandwich, furieux : «Regardez, ils n'ont même pas mis de beurre !» C'était à la fois grotesque et pathétique de voir un être humain incapable de trouver les mots convenant à la gravité de sa situation. Cet homme qui ne savait pas parler s'est pendu quelques années plus tard. Je viens d'aller dîner sans appétit dans la seule brasserie restée ouverte, j'ai bu deux bières dont l'amertume me colle à la bouche, j'ai trop fumé, je n'en peux plus, j'ai de plus en plus peur. Les assises constituent un monde à part, dont je connais parfaitement les codes mais dont la violence me sidère toujours. Le verdict va bientôt tomber, cela va durer quelques minutes sèches après les heures de débat au cours desquelles j'ai tout donné. Un premier signal ne trompe pas : les forces de l'ordre commencent à se mettre en place devant la cour d'assises et aux abords du palais de justice. L'huissier m'appelle sur mon portable dont il a noté le numéro au premier jour de l'audience, ainsi que celui de mes confrères et de l'avocat général, mon adversaire. Il enfile sa robe noire quand j'entre dans le prétoire qui, lui aussi, sent la sueur. Autrefois, une acre odeur de fumée vous sautait au nez et à la gorge, car on détruisait dans un poêle les bulletins secrets remplis par les jurés. La justice sentait le papier brûlé, elle s'accompagne désormais du cliquetis de la broyeuse qui dévore les douze ou quinze bulletins qui ont scellé le sort d'un homme. Les verdicts n'ont plus d'odeur.
Un faux coupable? Le 27 février 2000, Suzanne Viguier disparaît à Toulouse. Les soupçons de la police se portent rapidement sur son mari, professeur agrégé de droit public. Celui-ci sera acquitté à deux reprises par des cours d'assises, en 2009 et 2010. En réalité, Jacques Viguier a été jugé non tant pour les faits qui lui étaient reprochés qu'en fonction de sa personnalité. Sa conduite totalement erratique, on pense, entre autres, au matelas de Suzanne qu'il va jeter le 8 mars 2000 sans raison apparente, son obstination à ne jamais fournir ce qu'on attend de lui pour prouver son innocence, en font un personnage extrêmement intriguant. Brillantissime face à ses étudiants, il se révèle terne, voire nul, dans la vie quotidienne. L'amant et le policier sont également des personnages riches, en ce sens que l'un et l'autre veulent avoir le dessus, coûte que coûte, face au brillant universitaire, comme s'ils étaient obsédés par un complexe d'infériorité sociale. Enfin, le mystère perdure sur le destin de Suzanne Viguier. Avec un sens remarquable de la dramatisation, Stéphane Durand-Souffland relate les deux procès de Jacques Viguier, dans un style totalement hitchcockien.
Avocat depuis trente ans, Eric Dupond-Moretti a plaidé dans les procès d'Outreau et Erignac avant de défendre Jérôme Kerviel et Nikola Karabatic. Il a obtenu plus de cent acquittements devant la Cour d'assises. Stéphane Durand-Souffland est chroniqueur judiciaire pour Le Figaro.
Tous les grands procès d'assises connaissent un point de bascule, un moment précis qui résume l'audience et, parfois, en détermine l'issue. Revirement spectaculaire d'un témoin, aveux inattendus d'un accusé, plaidoirie d'un avocat, ces instants constituent un condensé d'émotion et de tragédie. Ils font de la cour d'assises un théâtre du réel. Guy Georges, Michel Fourniret, Yvan Colonna, Jacques Viguier, Jean-Michel Bissonnet, Outreau... Les procès importants de ces dix dernières années ont donné lieu à des scènes d'anthologie judiciaires, racontées dans ce livre par un journaliste qui les a vécues. Témoin privilégié de ces procès, toujours très informé du dossier d'instruction, Stéphane Durand-Souffland sait en reconstituer l'histoire, les personnages et l'atmosphère. Au-delà de son métier de chroniqueur, il parvient à en restituer le ressort dramatique, la finesse souvent diabolique des rouages et surtout l'intense émotion.
Résumé : Recordman des acquittements aux assises, Éric Dupond-Moretti aurait un peu trop tendance, selon ses détracteurs, à faire relaxer tous ses clients. Il nous montre ici que la Justice, elle, à une réelle propension à condamner tous ceux qui paraissent devant elle. À travers le récit de plusieurs affaires criminelles dans lesquelles il est intervenu, traitées comme des thrillers dans des chapitres coups de poing, il dénonce les imperfections d'un système qui respecte de moins en moins les droits de la défense. Oubli délibéré de la présomption d'innocence, comme si juger consistait surtout à prouver la culpabilité? Écoutes tous azimuts, atteinte non justifiée à la vie privée? Communications intempestives à la presse qui influencent le public et sans doute les jurés? Ruses procédurales qui tordent le cou au déroulement équitable du procès? S'ensuit une guerre de plus en plus dure entre la magistrature et les avocats qui en ont assez d'être traités à leur tour comme des suspects. Sans compter tous les citoyens sans peur et sans reproche qui croyaient jusqu'ici qu'il suffisait, face à un tribunal, d'avoir la conscience tranquille?
Ce roman retrace les derniers instants radieux, nuageux puis dramatiques d'une ultime histoire d'amour. Abandonné par la jeune femme qu'il aime éperdument, un homme mûr se retrouve face au vide et à la solitude de son existence qu'il découvre sans avenir. Il avait déjà perdu l'inspiration et la foi en l'humanité, cette rupture achève de briser le créateur, le laissant à ses souvenirs et aux images d'un bonheur révolu. L'auteur nous entraîne finalement sur le toboggan d'une réflexion sans concession sur le sens de sa vie et les liens entre l'amour et l'art.
Résumé : Alors que les deux frères pouvaient jusqu'ici faire les quatre cents coups en totale liberté, la figure d'autorité de la famille rentre à la maison : Mi, la mère de Ki et Hi ! Et l'autorité, elle y connaît quelque chose ! Désormais, à la moindre bêtise, les enfants subissent ses châtiments, tous plus inventifs et humiliants les uns que les autres. Voilà qui devrait ramener un peu de calme et de paix au village... A moins que la mère des garçons ne soit encore plus dangereuse qu'eux ?
Après le succès grandissant de Deux frères et Une famille de fous !, Kevin Tran et Fanny Antigny récidivent pour notre plus grand plaisir avec un tome 3 de Ki & Hi sur le thème des jeux Olympiques ! Ki & Hi, les avatars de Kevin et son petit frère Henri, vont cette fois encore se retrouver dans des situations improbables et ubuesques en participant aux jeux Olympiques. Les chapitres se succèdent au rythme des disciplines olympiques été et hiver auxquelles nos deux protagonistes vont devoir se confronter malgré eux !
Cavalière professionnelle, Pénélope doit maintenant se faire un nom et une place dans le milieu très masculin de la compétition de haut niveau. Elle doit redoubler d'efforts et ne compte plus les sacrifices pour briller dans les concours les plus prestigieux. Sa carte secrète : son don et sa patience pour transformer les chevaux les plus tempétueux en véritables champions. Mais est-ce suffisant pour devenir la meilleure cavalière au monde ?