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Naissance de l'éditeur / L'édition à l'âge romantique
Durand Pascal; Glinoer Anthony
IMPRESSIONS NOU
22,00 €
Épuisé
EAN :9782906131910
La fonction d'éditeur est de celles qui nous paraissent aujourd'hui aussi naturelles que l'existence d'une littérature faite de livres, de prix littéraires et d'auteurs individuels. Perception trompeuse : l'édition a une histoire et, par conséquent, sa stabilité n'est pas définitivement acquise. Naissance de l'Éditeur entend rendre compte de cette histoire et cerner les facteurs qui ont autorisé l'émergence d'une fonction symbolique sans précédent. En ce sens, l'ouvrage articule à une analyse de fond de nombreux textes d'écrivains, journalistes, critiques littéraires ou éditeurs de la période concernée, dont l'ensemble compose quelque chose comme le portrait collectif de l'Éditeur moderne. Aux côtés de Nodier, Balzac, Gautier, Sand ou Daudet, c'est toute une galerie de témoignages qui sont ici réunis pour la première fois, sous les signatures injustement négligées de Soulié, Régnault, Asseline, Werdet où encore Janin, portant à tour de rôle sur la double marche de la " chose littéraire " et de la " chose éditoriale " un regard souvent ironique, parfois caustique, mais toujours éloquent. C'est aussi une défense et illustration de l'édition dans ce qu'elle a de plus noble que les auteurs proposent. Ce que l'histoire a fait, l'histoire peut le défaire : la réduction du livre à un simple produit parmi d'autres est peut-être en train, aujourd'hui, de mettre en péril l'autonomie conquise, au XIXe siècle, par les producteurs culturels.
Résumé : Mallarmé : son nom n'en finit pas d'irradier la conscience littéraire. Une ?uvre à la fois mince et d'une profondeur inquiétante. Des poésies dont la radicalité formelle reste sans égale. Des proses qui fascinent autant qu'elles déroutent. Un chef-d'?uvre, le Coup de Dés, dans lequel mots et espacements s'ordonnent aux grands rythmes cosmiques. Et pourtant cet adepte déclaré de l'action restreinte fut aussi poète de circonstance, journaliste de mode, chroniqueur culturel, critique d'art engagé dans la cause de l'impressionnisme. D'un côté, un poète métaphysicien. De l'autre, un observateur des rituels de la vie culturelle et sociale. Ces deux Mallarmé n'en font qu'un et le pari est ici de montrer que le sens des formes s'est doublé, chez lui, d'un sens des formalités, c'est-à-dire d'une conscience aiguë des ressorts sociaux qui régissent la littérature. L'?uvre se voit ainsi placée sous le signe d'une étonnante réflexivité critique, en ce qu'elle porte à son comble la logique d'autonomisation du champ littéraire moderne tout en problématisant le principe de fiction dont dépend l'enchantement esthétique. Au miroir du texte mallarméen, c'est tout l'univers symbolique l'ayant rendu possible qui se donne à voir, dans un rapport fait de distance et de participation aux cérémonies de la littérature. Retracer la genèse de l'esthétique mallarméenne, lire de très près les textes dans lesquels celle-ci s'est accomplie, faire valoir à la lumière d'une expérience exemplaire que dans la forme la plus fermée au social c'est encore un principe social de fermeture qui se manifeste, tels sont les enjeux du présent ouvrage, indiquant aussi la voie d'une sociologie de la littérature avec les écrivains.
Gouvernance", "employabilité", "adaptation", "réformes", "processus de Bologne", "flexibilité", "dialogue social", "État social actif", "monde de plus en plus complexe", "modèle danois", "tolérance zéro", "égalité des chances", "contrat pour l'école", "populisme", "excellence": ces mots, ces expressions, vous les avez déjà entendus cent fois. Avec tant d'autres du même registre, ils reviennent en boucle, quotidiennement, dans le discours politique et journalistique. Si présents, si fréquents qu'ils passeraient presque inaperçus de ceux qui les formulent comme de ceux qui les reçoivent.D'où viennent-ils? A quels univers de représentation et d'assignation sont-ils associés? Que signifient-ils? Que nous signifient-ils en fait d'attitude politique ou de comportement social? Opposer à la pensée bête et têtue des nouveaux mots du pouvoir un effort de connaissance conjuguant ironie et rigueur: tel est l'enjeu du présent abécédaire. Tâche nécessaire à laquelle se sont attachés près de soixante-dix spécialistes venus de différents horizons scientifiques et nationaux, politologues, historiens, sociologues, théoriciens du langage, économistes, écrivains, philosophes. Tous portés par un même souci d'y voir plus clair dans l'opacité des mots dont on nous paie.
Durand Pascal ; Lits Marc ; Grodent Michel ; Akoun
Résumé : Le résultat du référendum français sur le Traité constitutionnel européen, les commentaires dont ce résultat a fait l'objet dans les médias et dans le discours politique ont remis à l'ordre du jour, le mot de " Peuple " et ses dérivés " Populaire " et " Populiste ". Pas de mots plus chargés que ceux-là, ni plus tiraillés entre des représentations contradictoires. La cause en est, sans doute, que nos démocraties modernes, tout en continuant d'identifier le " Peuple " au principe de souveraineté qui les fonde, sont portées, pour des raisons qu'il convient d'interroger, à vider de leur substance historique et sociale les " classes populaires ". Mais c'est aussi que le " Peuple " et ses formes dérivées servent d'objets autant que de concepts à des disciplines diverses et que chacune d'elles en construit des définitions singulières. L'objectif de ce numéro est non seulement de dresser la carte de ces migrations théoriques, mais aussi de relier les représentations et usages du " Peuple " aux rapports de force qui s'établissent entre différentes conceptions de la chose politique et sociale, ainsi qu'à différentes traditions nationales, culturelles et scientifiques. Du " Peuple " de la démocratie athénienne aux " populismes " diversement interprétés dont l'Europe est le nouveau foyer d'émergence, de la philosophie politique aux théories et discours des médias, de la sociologie des pratiques culturelles à l'histoire littéraire, c'est toute une généalogie critique qui se trouve ici analysée, études de cas à l'appui. Pascal Durand et Marc Lits
Au premier abord, tout semble opposer le monde créé par Brassens à travers quelque 300 chansons et celui où évoluent Tintin et ses compagnons au long des 24 albums. L'univers des chansons est rèvé, légendaire, celui des Aventures est concret, comme une copie du réel. La poésie et la folie planent sur l'oeuvre du premier tandis que le petit reporter est immergé dans l'action. Brassens est un spectateur distancié, Tintin un aventurier engagé. L'un, amoureux des femmes, parle cru, l'autre, asexué, ignore le désir. Anticonformisme et anticléricalisme d'un côté, valeurs boy-scouts chrétiennes de l'autre. Et pourtant... Ces deux créations majeures du XXe siècle séduisent des publics communs. Est-ce seulement dù à l'immense talent de leurs démiurges ou à leur contemporanéité - 1921-1981 pour Brassens, 1907-1983 pour Hergé - qui suffirait à engendrer une connivence générationnelle et culturelle ? Ce livre démontre qu'une telle explication ne suffit pas : il existe des analogies, voire des affinités entre ces oeuvres apparemment si dissemblables. Contrairement à ce que pourrait laisser penser une approche superficielle, les "philosophies de vie" des personnages mis en scène par Georges Brassens et Georges Remi sont loin d'ètre incompatibles. Grâce à une analyse approfondie des récits du poète sétois et du dessinateur belge, Renaud Nattiez met en évidence des correspondances surprenantes, des similitudes insoupçonnées. Deux mondes parallèles, au double sens du mot : ils ne se confondent pas, ils ne se rejoignent pas, mais ils évoluent dans la mèmc direction comme si, au fil des ans1 Brassens s'était rapproché de Tintin et Tintin de Brassens. Renaud Nattiez est né entre Mouhnsart et Sète, lorsque Tintin s'apprétait a marcher sur la Lune et Brassens à enregistrer son premier disque. Le premier lui a donne le gout de l'ailleurs, le second celui du jeu avec les mot, de la langue française. L'auteur a publié Le Mystère Tintin (2016), Le Dictionnaire Tintin (2017), Les Femmes dans le monde de Tintin (2018). Ancien élève de l'ENA, ex-diplomate, il est docteur en économie.
Malgré la résistance de Roland Barthes à l'histoire littéraire et à la logique séculaire que l'école imposait, le XIXe siècle constitue dans son oeuvre un pivot, dont on ne peut se débarrasser à si bon compte, et sur lequel il bute dès qu'il veut construire certains de ses objets d'élection : une histoire des "écritures", une histoire des "mythologies". Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ses rapports à ce siècle repère furent multiples et parce que, tout au long de sa carrière, ils n'ont cessé d'évoluer. Siècle amical lors de son adolescence, plutôt mal vu au temps de la "nouvelle critique" structuraliste, le XIXe siècle rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand. La place qui leur revient a été ici donnée aux principaux auteurs de prédilection : Balzac, Chateaubriand, Stendhal, Flaubert, sans oublier Michelet, un auteur qui pourtant "n'était pas son genre". Mais ont été prises en compte aussi des affinités plus partielles (Baudelaire, Nietzsche), voire bien plus ambiguës (Zola). Plus qu'une étude raisonnée, ce volume propose donc une approche en mosaïque des amours et désamours du lecteur et de l'auditeur pour certains créateurs, certaines oeuvres, parfois même pour de simples phrases qui façonnent une oeuvre et un imaginaire critique. Mais il dessine en fin de compte un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, mais aussi à sa musique, à sa philosophie et à son histoire.
Peeters Benoît ; Schuiten François ; Rosset Franço
La Maison d'Ailleurs, musée de la science-fiction, de l'utopie et des voyages extraordinaires d'Yverdon-les-Bains (Suisse), présente une grande exposition : "MONDES imPARFAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters", du 17 novembre 2019 au 25 octobre 2020. Ce livre en est le prolongement et l'approfondissement, autour des notions d'utopie et de dystopie. L'acte de naissance officiel de l'utopie est la publication en 1516 du récit Utopia de l'humaniste anglais Thomas More. Il y met en scène un monde autre dans lequel les êtres humains sont postulés comme heureux, en raison d'une organisation socio-politigue novatrice. Mais la dernière phrase d'Utopia laisse entendre que cette cité devrait rester au rang de "souhait", c'est-à-dire de modèle à ne surtout pas réaliser. En effet, dès que l'on se met a raconter, de l'intérieur, ce qui se passe en utopie, la cité supposée parfaite exprime sa dimension aliénante et se transforme en dystopie. Du Meilleur des mondes et 1984 à Blade Runner, La Servante écarlate et Black Minor, les dernières décennies ont vu se multiplier de tels récits, en littérature, au cinéma et ailleurs. "MONDES imPARFAITS" propose une synthèse solide sur le sujet, agrémentée de nombreux documents et de dessins rares ou inédits des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters.