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Gradhiva N° 35/2023 : Les vies longues de la maison
Durand Marie ; Le Mouel Chloé
QUAI BRANLY
20,00 €
Épuisé
EAN :9782357441361
Une maison est-elle uniquement un assemblage fixe et stable de matériaux et de personnes humaines ? L'anthropologie a très tôt fait de la figure de la maison un puissant révélateur de l'organisation des sociétés. L'architecture, elle, s'est questionnée, à partir de la seconde moitié du XXe siècle, sur les effets sociaux des constructions et les usages qu'en ont les habitants. Si ces approches historiques ont été fertiles, ce numéro propose de reconsidérer l'impensé sur lequel elles reposent : les bâtiments y sont traités comme des artefacts aux contours définis. Ils apparaissent comme des constructions "déjà-là", stabilisées dans des limites matérielles et sociales identifiées, dont la permanence viendrait contrebalancer les aléas de l'environnement et du climat. Les réflexions croisées des anthropologues, architectes et urbanistes présentées ici se placent dans la lignée des recherches récentes qui prennent en compte les multiples vies, humaines et non humaines qui composent le bâti : insectes, éléments atmosphériques, agentivité des matériaux. Il s'agit donc de réinterroger ce qui forme les maisons en déployant les réflexions dans une perspective de longue durée. De quelles substances et de quelles présences les bâtiments sont-ils faits ? Les regards, les vents ou encore les matériaux des maquettes utilisés par les agences d'architecture en font-ils partie ? Quelles sont les limites matérielles et temporelles déterminant leur existence ? Une ruine peut-elle encore être une maison ? Comment penser la durabilité dans un camp de réfugiés en Palestine où des abris deviennent des logements pérennes ou au Vanuatu, dans un environnement soumis aux catastrophes "naturelles", où il faut continuellement reconstruire ? Comment, enfin, les agences d'urbanisme et d'architecture redéfinissent-elles aujourd'hui leurs actions en intervenant sur toutes ces présences humaines et non-humaines et prises dans toutes ces temporalités ?
Résumé : Visiter nos cachettes intérieures, ces lieux qui nous servent de refuge quand nous ne souhaitons pas être démasqué, est l'occasion d'en savoir un peu plus sur soi. Dans cette exploration Dieu nous invite à gagner en clarté afin d'inventer d'autres possibilités d'existence. Pourquoi préférons-nous parfois nous terrer, nous dérober plutôt que de faire face ? Comment comprendre nos stratégies de défense quand un danger se présente ? Visiter nos cachettes intérieures, ces lieux qui nous servent de refuge quand nous ne souhaitons pas être démasqués, est l'occasion d'en savoir un peu plus sur nous et sur nos richesses secrètes. A la suite d'Adam, celui qui se cache parmi les arbres pour ne pas montrer qu'il est nu, Marie-Laure Durand nous invite à un voyage spirituel, inédit, personnel au plus profond de notre âme. En disant : " Où es-tu ? " Dieu propose à Adam, et à toute personne, un chemin, une porte de sortie, d'autres possibilités d'existence, pour gagner en unité. Une rencontre comme on regagne un espace intérieur oublié et qui nous a manqué. Une formidable aventure spirituelle.
En 1971, Marie Durand quitte sa région de Midi-Pyrénées pour la Bolivie. Son objectif : coopérer au développement. Elle y vivra intensément jusqu'en 1985. Son cheminement nous fait comprendre l'origine de son projet, son travail avec les communautés paysannes de l'Altiplano, puis avec les associations des mères de famille qui luttent pour l'avenir de leurs enfants comme pour leurs droits citoyens. Elle traverse ce fragment d'Histoire qui verra renaître le souffle de l'espoir démocratique malgré les implacables dictatures, et côtoie des acteurs engagés auprès des secteurs populaires, au prix de leur vie parfois. Elle nous fait partager, avec empathie, leurs démarches individuelles et collectives, entremêlées, notamment celles de milliers de femmes en quête de nourriture et de services. La dynamique du mouvement participatif est aussi intense qu'empirique et le magnifique décor andin n'est pas ici un objet touristique mais la scène de vies profondément humaines et réalistes. Sur les chemins boliviens, forte de son enracinement originel et de sa rencontre avec celui qui deviendra son mari, Marie Durand s'engage, agit, s'adapte, va de l'avant, encouragée par "la voix de Flora" et de tous les siens qu'elle fait entendre au lecteur.
Nous sommes tous singuliers. C'est notre noblesse et parfois notre faiblesse. Nous rêvons de ressembler aux autres, de nous fondre dans la norme. Mais la singularité, malgré tout, résiste. Et si cette différence était une bénédiction ? La condition même de notre liberté ? Dès l'origine, Dieu a voulu des êtres uniques, porteurs d'une vocation irréductible. Dans une relecture audacieuse de la Bible qui révèle une anthropologie d'une étonnante modernité, Marie-Laure Durand livre un éloge puissant de la singularité humaine. Cet essai invite chacun à reconnaître sa différence comme un don, non comme un manque. Il ouvre un chemin de respect, de responsabilité et de rencontre. Car c'est en assumant nos singularités, en les faisant dialoguer plutôt qu'en les effaçant, que nous pouvons réellement changer le monde. Docteure en théologie, Marie-Laure Durand enseigne l'anthropologie à l'Institut supérieur de formation de l'enseignement catholique de Montpellier et travaille à l'Institut de sciences et théologie des religions de Marseille. Elle a publié, aux Editions du Cerf, Le Roi déçu et Visiter nos cachettes.
Dans sa poursuite des étrangetés qui dépaysent, l'art moderne n'a cessé de faire bouger ses frontières en incluant " l'autre de l'art" dans son espace. Ce que les historiens de l'art ont nommé " primitivisme " désigne ce mouvement qui s'épanouit au début du XXe siècle. Or, dès le romantisme, l'altérité exotique a été confrontée à une autre, celle qu'incarne l'enfant auprès de nous et en chacun de nous. Le court-circuit a eu lieu vers 1845, à Paris, sous l'égide de George Sand, de Champfleury et de Baudelaire. Il marquera de Corot à Picasso, de Courbet à Kandinsky, de Paul Klee à Joan Miro une longue période de la création plastique. L'équivalence, déjà posée par les artistes, entre les productions de l'enfant et celles du primitif, l'un et l'autre détenteurs des " lignes élémentaires ", rencontre l'idée de quelques biologistes qui perçoivent dans la croissance du petit humain la récapitulation accélérée de l'histoire de notre espèce. L'horizon qui s'ouvre est fascinant : l'art des enfants est-il un reflet de l'enfance de l'art ? Les savants ? psychologues, préhistoriens, anthropologues ? prennent alors le relais des artistes. Ils abandonneront bientôt l'idée d'une pure et simple équivalence pour scruter une énigme qui n'est toujours pas refermée : pourquoi, de par le monde, les productions des enfants se ressemblent-elles et comment en viennent-ils à exprimer les différentes cultures graphiques et plastiques dans lesquelles ils sont élevés ? Les ethnologues des années 1930 (Griaule, Evans-Pritchard, Lévi-Strauss, Thérèse Rivière, Margaret Mead) se souviennent de ces questions et savent solliciter ce que les enfants font de leurs mains. Sans doute les points de vue de l'artiste et du savant se distinguent ? retrouver l'enfance n'est pas étudier l'enfant ? mais les moyens qu'ils utilisent ? l'enquête, la collection et l'exposition ? sont identiques et suscitent souvent leur mutuelle curiosité. Aujourd'hui, " l'art des enfants " est devenu une catégorie à part, isolée dans son monde, tout absorbée par la pédagogie; ce numéro voudrait rappeler combien il fut, pendant un long demi-siècle, un des foyers vivants où création esthétique et réflexion anthropologique se passaient réciproquement le relais.
Ce cahier d'activités propose de découvrir les oeuvres exposées au musée du quai Branly - Jacques Chirac en construisant ses propres poupées vaudous, en apprenant la broderie à la mode du peuple Miao... Un moyen ludique d'explorer sans s'y perdre l'immensité des collections, de profiter de la richesse culturelle du musée.