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La peur du peuple. Agoraphobie et agoraphilie politiques
Dupuis-Déri Francis
LUX CANADA
10,00 €
Épuisé
EAN :9782898330001
Zapatistes, Indignés, Occupy, Printemps érable et Gilets jaunes. Alors que certains érigent ces mouvements populaires en idéal de la démocratie directe, d'autres n'y voient que des mobilisations certes sympathiques mais insignifiantes, quand ils ne tentent pas de les discréditer en les associant à la violence. S'appuyant sur une grande diversité d'expériences des pratiques démocratiques d'hier et d'aujourd'hui, y compris hors de l'Occident, Francis Dupuis-Déri propose une réflexion inspirée et critique. Ce récit de la lutte historique entre agoraphobie et agoraphitie, entre la haine et l'amour de la démocratie directe, offre une analyse approfondie des arguments et des manoeuvres des deux camps et du rapport délicat entre le peuple assemblé à l'agora pour délibérer (le dêmos) et celui qui descend dans la rue (la plèbe). D'abord paru en 2016, cet ouvrage à la fois original et provocateur est d'autant plus stimulant qu'il se situe à la croisée des chemins de la philosophie politique, de l'anthropologie et de la sociologie.
Résumé : "Il n'y a pas plus de tyrannie totalitaire dans les universités que d'ogre sous votre lit. Vérifiez tout de même, on n'est jamais trop prudent...". Plusieurs poussent des cris affolés à propos d'une Université soi-disant assiégée par les féministes et les antiracistes, qui menaceraient jusqu'à l'ensemble de la société au nom de la "rectitude politique". Pour stimuler la panique collective, on agite des épouvantails - social justice warriors, islamo-gauchistes, wokes, gender studies - et on évoque les pires violences de l'histoire : chasse aux sorcières, lynchage, totalitarisme, extermination. Même des chefs d'Etat montent au front. Or, cette agitation repose non seulement sur des exagérations et des mensonges, mais elle relève d'une manipulation qui enferme l'esprit et entrave la curiosité intellectuelle, la liberté universitaire et le développement des savoirs.
L'étude des discours des "pères fondateurs" des prétendues "démocraties" modernes aux Etats-Unis et en France révèle qu'ils s'opposaient ouvertement à un régime où le peuple se gouverne seul, par voie d'assemblées populaires. Comment expliquer qu'aujourd'hui, le régime électoral libéral est perçu comme l'ultime modèle "démocratique", alors qu'il fut fondé par des antidémocrates déclarés ? L'histoire du mot "démocratie" montre comment l'élite politique a d'abord refusé ce régime avant de réaliser que ce terme pouvait être utilisé positivement pour séduire l'électorat. Bonifiée par une analyse dans d'autres contextes, cette étude comparée France/Etats-Unis confirme l'extrême maléabilité du sens politique des mots.
Apparue à Berlin-Ouest au début des années 1980, fréquemment employée après le Sommet de l'OMC à Seattle en 1999, la tactique du black bloc connaît un nouvel essor depuis 2010. Des black blocs ont pris la rue lors des manifestations contre le G20 à Toronto, lors du Printemps arabe, pendant le mouvement Occupy et celui des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec, de la campagne contre la vie chère au Brésil, etc. Cagoulés, vêtus de noir, et s'attaquant souvent aux symboles du capitalisme et de l'Etat, les black blocs sont présentés par les voix dominantes au mieux comme des "casseurs" apolitiques s'adonnant à la destruction par pure jouissance du chaos, au pire comme de dangereux "terroristes". Ce livre, paru pour la première fois en 2003 et dont la présente édition offre une mise à jour, sera utile à qui veut comprendre l'origine de ce phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens avec des militants et réflexion éthique et politique, Francis Dupuis-Déri inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l'action directe.
« Ayant vécu enchaîné depuis sa naissance et étant l?héritier d?une longue série d?esclaves, l?homme a cru, quand il a commencé à penser, que l?esclavage était la caractéristique même de la vie, et la liberté lui est apparue comme étant chose impossible. De la même façon, contraint depuis des siècles et donc habitué à attendre du patron le travail, c?est-à-dire le pain, et à voir sa propre vie perpétuellement à la merci de celui qui possède la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c?est le patron qui lui permet de manger et il se demande naïvement comment il pourrait vivre si les maîtres n?existaient pas. » ? E.M.4e de couverture : « Ayant vécu enchaîné depuis sa naissance et étant l?héritier d?une longue série d?esclaves, l?homme a cru, quand il a commencé à penser, que l?esclavage était la caractéristique même de la vie, et la liberté lui est apparue comme étant chose impossible. De la même façon, contraint depuis des siècles et donc habitué à attendre du patron le travail, c?est-à-dire le pain, et à voir sa propre vie perpétuellement à la merci de celui qui possède la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c?est le patron qui lui permet de manger et il se demande naïvement comment il pourrait vivre si les maîtres n?existaient pas. » ? E.M.
Dans les décombres laissés par les tempêtes meurtrières de 2017, les habitants de Porto Rico rebâtissent leur monde et se mesurent à de puissants adversaires dans une lutte pour L'avenir : pour qui reconstruira-t-on l'île ? Pour ceux qui y vivent ou pour ceux qui veulent y faire fortune ? Après un désastre écologique comme ceux qui promettent de frapper partout et de plus en plus souvent, deux visions du monde s'affrontent : celle d'ultrariches libertariens, déterminés à transformer l'île en un paradis où ils pourraient vivre à l'abri des tumultes d'un monde dont ils ont su tirer profit, et celle d'une population déterminée à reconstruire ses communautés autrement, pour mieux vivre ensemble, et mieux vivre dans le monde. Naomi Klein reprend ici la grille d'analyse de La stratégie du choc pour décrire le pillage en cours, mais elle raconte surtout l'histoire de femmes et d'hommes qui s'organisent pour subvenir à leurs besoins et pour bâtir une société durable et démocratique.
Résumé : Cette édition au format poche rassemble un inédit, Politique de l'extrême centre, en plus de La médiocratie et "Gouvernance", deux opus d'Alain Deneault qui traitent de la révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management et la propension aux petits arrangements institutionnels qui caractérisent les dernières décennies. Parce que les glaciers fondent, parce que le désert avance, parce que les sols s'érodent, parce que les déchets nucléaires irradient, parce que la température planétaire augmente, parce qu'une majorité d'écosystèmes se délitent, parce que l'Etat social s'écroule, parce que l'économie réduite à la finance s'aliène, parce que les repères philosophiques se perdent, notre époque n'a plus le luxe de se laisser conduire à la petite semaine par les médiocres qui dominent.
Je ne saurai jamais ce que pense un ver de terre ou un caillou. Il m'est cependant permis d'espérer comprendre Mathieu Bock- Côté, car on peut toujours aspirer à percer l'écorce d'une idée, même celles qui surgissent devant nous comme des phénomènes extraterrestres". Journal de bord d'une expérience de sociologie extrême, Mélancolies identitaires se penche sur le cas de Mathieu Bock-Côté, volubile conservateur, ennemi déclaré du "politiquement correct" , Québécois et fier de l'être, ce qui ne l'empêche pas de sévir dans l'Hexagone où la droite la plus infréquentable lui ouvre grand les bras. Si Mark Fortier a lu et écouté cet agitateur omniprésent pendant un an, c'est pour tenter de comprendre comment notre société a pu devenir une caisse de résonance pour des discours comme le sien. En effet, s'éloignant rapidement de son pré-texte, l'auteur dépeint un monde contemporain qui menace d'être dépourvu de lui-même et d'où la pensée est bannie, éclipsée par le verbiage dont le jeune pourfendeur de la "gauche progressiste" s'avère être un réel prodige. Un essai littéraire écrit dans les règles de l'art, où il sera surtout question d'hospitalité, d'ornithologie, des centres commerciaux et du père Noël. Mark Fortier est sociologue. Il a pratiqué un temps le métier de journaliste, puis enseigné à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et à l'Université Laval. Il est aujourd'hui éditeur chez Lux.