Dupeyrix Alexandre ; Haber Stéphane ; Renault Emma
MINUIT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707322425
Ce numéro est intégralement consacré à Adorno, penseur surtout connu en France pour ses contributions à l'esthétique et à la théorie de la musique, et vise à retracer une image d'ensemble de son oeuvre philosophique. À cette fin sont réunis plusieurs types de textes: des articles portant sur le rapport d'Adorno à des figures centrales de la philosophie (Kierkegaard et Hegel), des contributions s'attachant à cerner l'actualité philosophique de sa pensée, et une étude consacrée à la théorie littéraire du philosophe. Dans "Le Kierkegaardbuch revisité", Agnès Gayraud examine la critique par Adorno de la conception kierkegaardienne de la subjectivité, qu'elle replace dans le contexte philosophique de l'époque: prenant ses distances avec les interprétations de Kierkegaard par Lukács et Kracauer, d'un subjectivisme romantique excessif, il recourt à la figure benjaminienne de l'allégorie pour élaborer une critique matérialiste de l'existentialisme kierkegaardien. S'amorce ainsi dès le Kierkegaardbuch une critique dialectique et matérialiste de la subjectivité. Dans "La dialectique hegelo-adornienne", Alain Patrick Olivier s'attache à ressaisir le lien entre dialectiques hégélienne et adornienne: Adorno se livre moins à une critique qu'à une réhabilitation et une réappropriation de la philosophie hégélienne, se démarquant ainsi des trois positions dominantes qu'étaient le positivisme, l'heideggérianisme et le matérialisme dialectique. Par là s'explique l'aspect provocateur de l'approche adornienne, soucieuse de dégager, dans la pensée hégélienne, ce qui peut y paraître le plus risqué, primat du tout, dialectique comme méthode, définition du Beau comme moment de l'absolu... Dans "un jeu avec le réel", Julia Christ s'intéresse à la méthode d'interprétation adornienne de la réalité sociale, qu'elle définit comme jeu avec le réel: l'acte d'identification n'y est ni pure activité du sujet, ni complète reddition devant une objectivité sociale pré-donnée, mais interaction entre deux sujets où chacun peut faire valoir ses expériences propres et les ajuster à celles de l'autre. Adorno critique ainsi toute pensée identificatrice éludant ce jeu d'interactions où s'opposent et se testent des pratiques subjectives de structuration du réel. Dans "Adorno et le mythe du donné", Gilles Moutot dégage, par un rapprochement original avec McDowell, la portée sociale et cognitive de la théorie de la connaissance adornienne: par le concept de mimésis, Adorno tente de sauver à la fois la réalité de l'objet et la consistance du moment subjectif, élaborant une critique conjointe de l'idéalisme et du poitivisme; l'auto-réflexion du sujet est comprise comme mouvement par lequel il se tente de comprendre le réel tout en prenant une distance critique vis-à-vis de la société qui le détermine. Enfin, dans "Le tact, expérience de la littérature", Antonin Wiser restitue les principes régissant l'interprétation adornienne de Proust: dans l'ensemble des textes où il est question de Proust, Adorno y développe des techniques d'écriture et d'analyse s'efforçant de rendre compte ce qui en lui est "spécifique, et plus que spécifique", tout en lui appliquant sa conception générale de la littérature.
The deep economic crisis that Europe has been facing for several years can be seen as both a cause and a consequence of the political indecision with which the European Community or European Union has been living for so long now. The end-goal of this unique political project has never been clarified. While its objective – to guarantee peace, security, justice and wealth – was certainly explicit from the start and has been repeated in the various treaties underlying the Community or Union, the institutional and political means necessary to attain these goals have so far remained undetermined. In these times of turmoil, this lack of clarity turns out to be a latent defect within the EU. The issue of European constitutionalism paradigmatically illustrates the conceptual, political and legal difficulties that confront us when we try to define the EU and imagine its possible developments and transformations. It emphasizes one of the paradoxes of the European project : it is unable to develop without constitutionalizing the European legal framework but also unable to find the appropriate manner in which to do so, or gain the support of the European peoples. These difficulties are caused by a variety of historical, conceptual and legal factors, which the present volume attempts to identify and discuss.
Agard Olivier ; Dupeyrix Alexandre ; Lartillot Fra
Cet ouvrage réunit des études entendant produire une lecture à plusieurs voix d'Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Une lecture à la fois proche du texte et ouverte sur des perspectives nouvelles, dans le souci de dépasser les controverses usuelles autour de cette oeuvre et de sortir de la glose à laquelle se réduit parfois le commentaire de cet ouvrage qui occupe une place singulière dans l'oeuvre de Nietzsche. Plutôt que de partir des grands thèmes (le surhomme, l'éternel retour…), sur lesquels il existe déjà une littérature secondaire abondante, les auteurs appréhendent la dynamique du texte en tenant compte de l'intertextualité foisonnante (philosophique, poétique et religieuse) qui le constitue.
Jürgen Habermas (1929) est un philosophe et sociologue allemand, qui s'est fait connaître grâce à ses travaux sur l'espace public et sur la philosophie du langage. Ses théories les plus importantes sont discutées dans le monde entier. Il a combiné la tradition continentale et la philosophie nord-américaine. L'auteur nous offre ici une introduction complète à l'une des oeuvres les plus débattues de la pensée contemporaine.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.
Résumé : Des écoles grecques à la philosophie contemporaine, plongez dans un monde réputé difficile et qui n'aura bientôt plus aucun secret pour vous ! Grâce à la Philosophie pour ceux qui ont tout oublié, partez à la découverte du savoir de façon simple, accessible et amusante. Laissez-vous conter la vie et l'oeuvre de près de 100 philosophes, de Socrate à Adorno, en passant par Platon, Pascal, Montaigne, Rousseau, Kant, Nietzsche, Freud, Sartre, Ricoeur, Baudrillard, et bien d'autres encore ! Abandonnez vos idées reçues, vivez et voyez les choses sous un angle inattendu grâce à plus de 30 concepts qui vous aideront à comprendre et à construire des problématiques. L'art obéit-il à des règles précises ou ne relève-t-il que de l'inspiration et du génie ? Le bonheur est-il seulement possible ? Puis-je avoir conscience de moi sans avoir conscience de l'autre ? Comment concilier l'autorité de l'Etat et la liberté des individus ? Peut-on être responsable sans être libre ni conscient ? La politique est-elle un art ou une science ? Les animaux ont-ils des droits ? Enrichi d'anecdotes, d'encadrés insolites, de citations mémorables et de dessins humoristiques, ce livre permet à tous de s'initier à la philosophie, de l'Antiquité à nos jours.
Résumé : Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.
Résumé : L'esthétique est une fois encore à l'ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d'en découdre avec la fin proclamée de l'Art, tient pour évident l'objet de cette discipline. Or l'esthétique est relativement récente : la réflexion sur l'art est une histoire parallèle à celle de la rationalité. Marc Jimenez en retrace ici le développement. C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, qu'elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s'ouvrent des voies diverses : la science du beau (Kunstwissenschaft) n'est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l'Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D'où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche ; le tournant politique de l'esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment) ; le tournant culturel de l'esthétique (Goodman, Danto, etc.). Rarement un ouvrage aura dressé un panorama aussi exact qu'utile de l'esthétique d'hier à aujourd'hui, alors que l'art demeure, pour la philosophie, une question essentielle.
Imaginez un monde dans lequel vous pourriez être jugé "immoral" pour vos actions non seulement à l'égard des autres, mais aussi de vous-même. Qui aimerait vivre dans un tel monde, où rien de ce qu'on est, pense ou ressent, où aucune de nos activités, fût-elle la plus solitaire, n'échapperait au jugement moral ? C'est pourtant ce que propose aujourd'hui l'éthique, largement ralliée aux thèses maximalistes d'un Aristote, qui nous recommande tout un art de vivre et pas seulement un code de bonne conduite en société, et de Kant, pour qui nous avons des devoirs moraux à l'égard d'autrui comme de nous-même. C'est oublier les éthiques alternatives, minimalistes, pour lesquelles le monde moral, moins envahissant, se limite au souci d'éviter de nuire délibérément à autrui. Toute l'histoire de l'éthique aujourd'hui est l'histoire de l'opposition entre maximalistes et minimalistes.