Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Harengs frits au sang
Duperray Jean ; Dussert Eric ; Vanoli Vincent
ARBRE VENGEUR
7,50 €
Épuisé
EAN :9782916141602
Le livre que vous venez de saisir au milieu de l'étal n'a le goût d'aucun autre. Roman à intrigue policière pour les uns, chant populaire à la verve fabuleuse pour les autres, il interdit tout classement, stupéfiant d'inventions et de richesses. Le très rare et méconnu Jean Duperray s'est fait avec Harengs frits au sang le rornancier délectable d'un fait divers sanglant pour lequel il a inventé une langue à même d'en saisir l'intensité et l'énergie, une langue inattendue et terriblement musicale. La fascination qu'il éprouvait pour la foire, le cirque, le divertissement et l'expression populaire, doublée d'une attirance pour la subversion, la transgression voire la révolution se déploie dans ce récit dramatique et palpitant. Il pourra paraître âpre, noueux, corsé aux âmes sensibles, qui ne s'étonneront pas de ce qu'il contient de spectaculaire ou de râpeux. La fiction selon Jean Duperray n'a rien d'une bluette. " Du brutal " aurait dit Michel Audiard. Une redécouverte goûteuse et sanguine.
Trois dates sont fondamentales pour l'histoire du Vaucluse dans la cascade de celles qui rythment la Révolution : le 14 septembre 1791, Avignon et le Comtat sont réunis au royaume de France, le 21 septembre 1792, le coeur de " l'an premier de la République " bat, le 25 juin 1793, le département de Vaucluse est né. De ces avènements successifs, tout le sort ultérieur du Vaucluse a porté la marque et le poids. Premier acte : le voeu d'union à la France que revendique un parti pro-français, acquis aux idées révolutionnaires, alors même que ses adversaires restent attachés à leur souverain, le pape. De la divergence des arguments s'en suivit la commotion d'une guerre civile. Nouvel acte : la République qui installe la souveraineté nationale, l'égalité des droits, le drapeau tricolore, la devise, etc. et s'acculture en ces terres agrégées par une autocélébration omniprésente. Dernier acte emboîtant de cette marche : la création du département de Vaucluse, à force de décrets, dans la plasticité des découpages successifs, liés au pragmatisme mais aussi aux identités profondes des différentes cultures et traditions. Mémoires républicaines en Vaucluse ouvrent une réflexion sur la mémoire, ses représentations, ses étapes, ses accommodements et réévaluations. Elles qualifient et déclinent trois de ses territoires, rangés chronologiquement - La mémoire douloureuse : de la réunion d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France jusqu'à la chute de Robespierre (1791-1794), La mémoire proscrite ou celle des illusions perdues (1848-1851), La mémoire institutionnalisée à l'horizon de 1880 - dont le premier chapitre nous entraîne au coeur des émotions populaires et affrontements traumatiques qui, dans l'imaginaire collectif, ont symbolisé les violences provinciales sous la Révolution.
Thomas De Quincey occupe une place particulière dans les lettres anglaises. Il est d'ailleurs toujours en marge, du romantisme qui est le contexte de son écriture, de sa famille ou de l'école auxquelles il se soustrait momentanément, voire de la société tout court : il ne s'y intègre jamais vraiment et ressent une fascination morbide pour la déviance malgré une idéologie conservatrice, voire réactionnaire. Il inaugure une poétique urbaine qui le fait entrer de plain-pied dans la modernité et lui assure une grande longévité dans la littérature à venir. Le recours au narcotique devient chez lui le vecteur d'une introspection morbide qui situe le texte entre une autobiographie prosaïque et un essai poétique aux images hallucinatoires. On relira le texte à la lumière de sa longue suite, " Suspiria de Profundis ", en intégrant la recherche qui depuis une trentaine d'années au moins s'efforce de décrypter les hiéroglyphes du mangeur d'opium.
Paul Auster serait "le plus européen des romanciers américains" bien que son univers mêle les quadrillages urbains et les vastes échappées de l'Amérique. Cité de verre fit découvrir aux Français ce novateur qui cultive l'énigme et le paradoxe, lie subtilement réalisme et onirisme, ferveur et dérision, humour et inquiétude, réserve et outrance. Poète, traducteur, critique, romancier, scénariste et réalisateur, Auster nous livre une ?uvre multiforme, que Le Livre des illusions, né de sa passion de l'image, vient d'enrichir.
Que se passe-t-il quand un écrivain, par nature voué au confinement quotidien, se voit rejoint par l'ensemble d'une population qu'on invite à rester cloîtrée ? Au pire il écrit ce qui lui arrive pour constater que ses congénères font comme lui et se racontent à grand renfort d'adjectifs égotistes et d'évidences narcissiques. Engagé dans L'Autofictif depuis treize ans, Eric Chevillard a pris l'habitude de concentrer en quelques phrases l'expérience d'une journée ou d'un moment, faisant d'une contrainte une stimulation. Avec Sine die (à l'origine à une commande du journal Le Monde venue se greffer à l'entreprise journalière), il réinvente le reportage immobile, le voyage autour de ma chambre (et mon jardinet), il s'amuse à voir son univers si habituellement balisé éclater en bulles inattendues, laissant venir à lui de dérisoires mais souvent hilarantes épiphanies.
Résumé : Le pirate Farfali et ses frères et soeurs d'aventure bavardent et bandent dur et fermement, si bien qu'un livre en sort comme braquemart. Le sort en est jeté face aux tristes et sages livres d'aujourd'hui par un auteur qui, en écho à Rabelais, Sterne, Gogol ou Jean Paul, démontre ainsi que le contraire, livres joyeux donc, est possible si on y met du souffle, de la ferveur et de la folie... "Ecrire, c'est converser" lit-on dans Tristram Shandy mais lire, c'est converser aussi ; il y faut donc écoute réciproque. La parole est au Pirate : ouvrez vos écoutilles ! Car qui veut décharger doit engranger aussi.
Ce court roman obsédant d'Emmanuel Bove n'est pas seulement un hommage au romancier russe qui l'a influencé et une manière de nous rappeler ses origines slaves : avec cet épisode de la vie d'un raté qu'obsède l'aveu d'un crime que nous ne connaîtrons pas, flanqué d'une jeune femme qui ne comprend pas les fluctuations de l'homme qu'elle accompagne, il nous livre un de ses textes les plus aboutis. Désespéré impossible à plaindre, son héros rejoint le groupe de ces personnages qui veulent payer pour des fautes qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir commises, coupables avant tout d'oser élever une voix que leur misère devrait éteindre. Personnage fugace, Changarnier, cousin exaspérant du Victor Bâton de Mes amis, est une des plus pathétiques créatures de l'univers bovien, un récalcitrant qui exige un respect qu'il sait pourtant illusoire. Un Bove nocturne et acide.
Surgissant au Nord de la France, la maladie bleue s'attaque aux métaux qu'elle détruit impitoyablement et se répand dans l'Europe avant de gagner le monde entier. Engendrant un chaos sans nom qui révèle les pires penchants de l'espèce humaine, cette apocalypse inattendue va réveiller une humanité endormie, la pire qui se déchaîne, et la meilleure qui va trouver une occasion de rédemption. Politique, satirique, saisissant dans sa peinture des moeurs et des comportements, La mort du fer impressionne par sa capacité à nous emporter dans une fable réaliste et sa volonté de nous édifier sans cesser d'être littéraire. Un petit chef-d'oeuvre inconnu du roman d'anticipation.