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Epistolaire politique. Tome 1, Gouverner par les lettres
Dumézil Bruno ; Vissière Laurent
SUP
27,00 €
Épuisé
EAN :9782840509318
Tout au long du Moyen-Age, la lettre demeure l'un des vecteurs essentiels de l'action politique. C'est par elle que l'on s'informe, que l'on négocie, que l'on ordonne. C'est par elle que l'on prépare l'avenir et que l'on célèbre le passé. En un mot, c'est par elle que l'on gouverne. Mais la lettre, autographe ou dictée à un secrétaire, véhicule aussi une pensée, des émotions, des espoirs et des craintes. Toute correspondance se présente en effet comme un dialogue inter absentes, tantôt solennel et tantôt familier, qui illustre la composante éminemment personnelle du pouvoir. L'épistolaire politique, essentiel pour comprendre la pensée et l'action des gouvernants médiévaux, est cependant resté un champ relativement peu étudié. Sans doute parce que l'extrême émiettement des correspondances rend difficile leur appréhension ; c'est un champ dont il convient donc de prendre la mesure.
Résumé : Des temps mérovingiens, ne surnagent aujourd'hui que quelques images d'Epinal : le vase de Soissons, la culotte du bon roi Dagobert... La modeste notoriété de ces anecdotes n'est même pas méritée. Le coup de hache de Clovis n'est connu que par un seul texte, plutôt tardif, et le brave Dagobert ne fut accusé d'étourderie qu'à partir du XVIIIe siècle. Avant le temps de la mémoire oublieuse, il y eut pourtant une famille qui occupa le trône des Francs entre les environs des années 450 et 751. Trois siècles, c'est plus que toutes les autres dynasties, à l'exception des Capétiens. En outre, les contemporains avaient une haute idée de leurs rois. Ecoutons par exemple un évêque italien, Aurélien qui, dans les années 540, s'adresse à son maître le roi Théodebert Ier (533-548), petit-fils de Clovis : " Passant outre l'éclat céleste de ta famille, je ne dirai pas que si ton sceptre est unique, tes sujets sont nombreux, si ton peuple est divers, ta domination est unifiée, si ton royaume est solide, ton empire est étendu". Le royaume de Théodebert ne constitue pourtant qu'une fraction du monde franc : il coexiste avec d'autres Etats appartenant à d'autres descendants de Clovis, des rois qui s'opposent tout autant qu'ils collaborent. Tel est le monde de Théodebert et de sa famille, celui dont Aurélien est lui-même un sujet : l'empire des Mérovingiens.
A vingt-quatre ans, en 768, Charlemagne devient roi des Francs. La mort, en 771, a emporté son frère Carloman. Il est donc le seul héritier de Pépin le Bref. Il va régner durant quarante-cinq ans, jusqu'à sa mort en 814. Il est entré dans la légende. Il est d'une haute stature - "sept fois la longueur de son pied" -, peut-être un mètre quatre-vingt-dix. Tête ronde enfoncée dans les épaules car le cou est court. Il est vêtu comme les Francs d'une chemise de lin et d'une tunique courte auxquelles il ajoute pendant l'hiver quelques fourrures. Des bandes de cuir enveloppent ses jambes et ses pieds. Un manteau bleu et une épée dont la garde et le ceinturon sont d'or et d'argent complètent sa tenue. Sa prestance l'impose d'emblée. Il est Carolus Magnus, Charles le Grand, Charlemagne. Charlemagne est "fils" de l'Eglise de Rome. Les territoires qu'il pacifie, les conquêtes qu'il entreprend visent aussi à convertir ses peuples. On le voit avec les Saxons, massacrés, vaincus, soumis et baptisés. Pour une défaite - à Roncevaux, le 15 août 778 -, que de victoires! Charlemagne est bien Carolus Magnus, le souverain le plus puissant d'Occident. Il a ranimé, rénové une civilisation. Son règne crée un ensemble de comportements, d'institutions qui font surgir un Etat. Charlemagne a unifié, pacifié, réformé, converti, administré, enseigné. Son pouvoir, son autorité s'entendent de l'Elbe à l'Ebre. Mais est-il l'un des fondateurs de la France?
Maître de conférences à l'université Paris Ouest Nanterre-La Défense, Bruno Dumézil est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le Haut-Moyen Âge occidental, dont Les Racines chrétiennes de l'Europe (Fayard, 2005), La Reine Brunehaut (Fayard, 2008), Les Royaumes barbares (Puf, 2010) et Les Barbares expliqués à mon fils (Seuil, 2010).
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.