Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le témoin oculaire. Les conditions sociales de l'attestation personnelle
Dulong Renaud
EHESS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782713212468
Qu'est-ce qu'un témoin oculaire ? Selon le sens commun, c'est quelqu'un qui a vu un événement important et l'a enregistré en sorte de pouvoir le décrire exactement. Mais la psychologie judiciaire démontre que la perception et la mémoire humaines ne sont pas à la mesure de cette prétention. Cette faillibilité contredit la définition du témoignage et pourrait rendre suspecte une modalité pourtant très courante de garantie d'un récit. Il importe d'élargir le cadre anthropologique de la description du témoignage oculaire. Le présent ouvrage propose de redéfinir celui-ci à partir de l'expérience de ses auditeurs. Sous cet angle un témoin est quelqu'un qui relate un événement en certifiant sa description sur la foi d'une expérience personnelle : c'est quelqu'un qui affirme avoir perçu un événement important. Cette rectification invite à inventorier le témoignage comme acte de parole, à considérer les conditions dans lesquelles est reçue une certification de cette sorte, et d'abord l'engagement de son auteur à raconter une histoire vraisemblable, à répondre de façon cohérente aux questions et à conserver une version stable des faits. Surtout, le témoin est tenu de répondre moralement de sa réaction à l'événement, de ses sentiments et de son jugement. Cette exigence éthique, peu pertinente dans un contexte judiciaire, devient essentielle lorsqu'il s'agit de témoigner de ces catastrophes historiques que furent le front de la Grande Guerre ou les camps nazis. Figures nouvelles du témoignage historique, l'ancien combattant ou le rescapé des camps imposent, face aux tentatives négationnistes, la fonction " politique " du témoin comme dispositif de préservation de la vérité factuelle dans l'espace public.
Résumé : Note notion de l'aveu recouvre trois significations, usuellement referrées à des contextes typiques. Dans le cadre judiciaire, avouer consiste pour le délinquant à reconnaître sa participation à un délit, et ses aveux ont pour horizon une éventuelle sanction. Dans le rituel pénitentiel catholique, la confession des péchés est au contraire orientée vers le pardon, la conversion, l'engagement à rectifier l'attitude fautive. L'aveu peut enfin signifier la capitulation d'un accusé face à l'autorité au terme d'une interaction agonistique ; ce dernier sens, moins saillant parce que plus archaïque, est encore perceptible actuellement, notamment lorsque l'aveu conclut un interrogatoire policier. Si l'histoire permet de reconstituer les glissements successifs de sens, la sociologie observe que, dans les contextes actuels de l'aveu, ces significations sont souvent enchevêtrées. Par exemple dans une situation pénale, un coupable peut avouer ce dont on l'accuse, soit parce que c'est la vérité, soit en espérant la clémence de ses juges, soit par épuisement de ses arguments de défense. Cette polysémie fait de l'aveu un phénomène complexe, susceptible d'intéresser à la fois les chercheurs en sciences humaines et les praticiens affrontés à ses ambiguïtés ; de plus la richesse de sa dimension éthique en a fait un enjeu pour les moralistes depuis Jean-Jacques Rousseau jusqu'à la philosophie analytique. Le présent ouvrage, en proposant un échantillon de ces diverses approches, pose les bases d'une élucidation des dilemmes posés par l'aveu.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.