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Le nez qui vogue
Ducharme Réjean
GALLIMARD
12,70 €
Épuisé
EAN :9782070220441
Je suis un joyeux luron. J'aime la vie. Je veux la vie et j'ai la vie. Je prends d'un seul coup toute la vie dans mes bras, et je ris en jetant la tête en arrière, sans compter que les haches dont elle est hérissée font gicler le sang. J'embrasse la vie : on dirait qu'elle est faite pour cela, qu'elle est faite pour me rendre orgueilleux de ma force. Prends une chaise dans tes bras : elle se laissera faire, elle est sans force. La force, tu l'as toute. Comme ce qu'il y a d'écourant en moi et en ce monde s'embrasse bien ! s'enlace bien ! se laisse posséder bien ! Je me fiche pas mal de tout ce que j'ai dit, de tout ce que je t'ai fait : je t'embrasse, je t'emporte, je t'emmène avec moi. Plus on est de fous, mieux c'est. Je ne m'embarque pas. C'est moi, la barque, et j'embarque tout. En avant, maman ! Trêve de bavardise !
Lorraine Pintal a adapté au théâtre le roman de Réjean Ducharme, L'hiver de force. Dans un appartement de Montréal, deux amants, Nicole et André, « voyagent », sans jamais bouger de leur refuge. C'est la TV, l'alcool, l'herbe, parfois l'acide qui les font voyager. Des amis viennent les retrouver: la jeune vedette de cinéma Catherine dite Petit Pois, Laïnou, artiste peintre sur le retour... Nicole et André jouent à mourir. « L'hiver va commencer, une dernière fois, une fois pour toute, l'hiver de force (comme la camisole), la saison où on reste enfermé dans sa chambre parce qu'on est si vieux et qu'on a peur d'attraper du mal dehors, ou qu'on sait qu'on ne peut rien attraper du tout dehors, mais ça revient au même. » Et tout au long, la langue de Réjean Ducharme, si truculente, si savoureuse, si créative.
Ce roman écrit en vers, ce qui lui donne une dimension épique, raconte l'éternelle et picaresque aventure de Colombe, fille de Christophe Colomb revenu s'installer en 1949 sur l'île de Manne qu'il avait bâtie à l'époque de ses découvertes. Après la mort de son père, Colombe, possédée par le démon du vagabondage, part voyager à travers le monde pour revenir dans son pays natal, dégoûtée de n'avoir pas trouvé l'amitié des hommes. Mais, condamnée à voyager jusqu'à sa mort, elle s'entoure d'animaux dont le nombre augmente : elle les aime et se fait adorer d'eux. Quand elle est rappelée au Canada pour y présider aux fêtes du millénaire de son père, la civilisation moderne lui pose un nouveau problème : pour ne pas être victime de l'homme, il faut le tuer. Alors dans une apothéose lyrique, furieuse et truculente, Colombe et ses compagnons se rendent maîtres de l'univers en procédant à l'anéantissement du genre humain.
Mamie, la femme de Rémi Vavasseur, est partie. Pas parce qu'elle ne l'aime pas, mais parce qu'elle ne s'aime pas. Elle court l'Europe et l'Afrique en compagnie de la dangereuse et blonde Raïa. Pendant ce temps, Rémi, à la campagne, accomplit des travaux surhumains pour remettre en état une ruine, à l'intention de Mamie, si elle revient, "en chair et en noces". Dans son lotissement, appelé la Petite Pologne, Rémi se lie avec des voisines. Puis, tandis que les nouvelles de l'errance de Mamie et Raïa se font de plus en plus désastreuses, le petit monde qui entoure Rémi se défait, se disperse. Comme toujours chez Ducharme, la clownerie des personnages ne sert pas à cacher le désespoir, mais plutôt à le souligner. Ainsi qu'il est dit au début: "Il faut investir ailleurs, la vie il n'y a pas d'avenir là-dedans."
Dans un grand appartement agressivement confortable, c'est-à-dire d'une laideur ultra-moderne, se réunissent quatre personnages : Sophie la rousse, Roger son amant gras et mou, Bernard l'élégant taré alcoolique et sa toute jeune épouse Mimi, passive et coupable de naissance. Que vont-ils faire ensemble ? S'empoigner. Se jouer à eux-mêmes autant qu'aux autres un show d'une truculence désespérée qui est le procès même de toute existence. Ils se connaissent. Ils se piègent. D'instinct ils savent que leur hystérie est complaisamment communautaire et qu'aucun d'eux n'en sortira. Enfermés dans le cadre feutré d'un bagne sans limites, ils se battent érotiquement ou haineusement, s'insultent, s'adorent, hurlent sur le rythme d'une musique démente en ne cessant de poser la terrible, la douloureuse, l'ineffable question : "Suis-je un grand acteur ? " A quoi les compagnons répondent en choeur : "Tu es un ignoble cabot". Le langage éclaté de Réjean Ducharme est à la hauteur de ce carnaval burlesque et tragique. Il saisit le lecteur. Il l'embrouille. Il le soumet. Il l'emprisonne à son tour entre les murs d'un abominable huis clos.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.