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La dictature des identités
Dubreuil Laurent
GALLIMARD
14,50 €
Épuisé
EAN :9782072843181
Bienvenue dans le monde de la politique d'identité, qui, d'Amérique jusqu'ici, est en passe de devenir notre horizon commun. Selon la bonne nouvelle identitaire répandue chaque seconde par le brouhaha de la communication et le babil des "réseaux sociaux" , nous agissons, vivons et pensons en tant que catégories, au besoin croisées (par exemple homme blanc juif, LGTBQ) et volontiers blessées. Comme le révèle son expérience américaine et préfiguratrice, qui diffuse à partir du foyer des universités, la politique d'identité conforte l'avènement d'un despotisme démocratisé, où le pouvoir autoritaire n'est plus entre les seules mains du tyran, du Parti ou de l'Etat, mais à la portée d'êtres manufacturés et interconnectés que traversent des types de désirs totalitaires. Cet ordre mondialisé est une dictature moralisatrice qui distribue les prébendes en fonction du même, qui remplace le dialogue par le soliloque plaintif et la vocifération, qui interdit, qui censure l'inattendu - dont les arts - au nom du déjà-dit et des comme-nous. Malgré son succès grandissant, une telle entreprise peut encore être défaite, à condition, du moins, d'en vouloir comprendre les manifestations contemporaines.
Entretiens avec Alain BADIOU et Jean-Claude MILNER. Qu'est-ce qu'une "prise de parole" publique aujourd'hui ? Sur quelles scènes ou quels tréteaux les "Intellectuels" s'expriment-ils ? Autant de questions urgentes, dans le contexte du houleux débat sur la place à accorder à la recherche et à la transmission des connaissances. C'est tout le problème du devenir des savoirs (de tous ordres) dans l'espace public qui se pose ici, mais aussi celui de l' "Intellectuel" , de son rôle usé, de son existence même, sur lesquels pèsent des doutes légitimes. Labyrinthe tente d'y voir plus clair dans un paysage hanté par ce fantôme présent-absent de l' "Intellectuel" en dessinant des figures de "parleurs" contemporains, sous formes de "Caractères" à la manière de La Bruyère, rafraîchie et revivifiée de l'Expert au Comique, du Gourou au Porte-parole et de "Portraits" croquant une série de parleurs contemporains et singuliers de Jacques Rancière à Dieudonné, de Francis Fukuyama à Daniel Schneidermann. Le petit théâtre intellectuel ainsi mis en scène est aussi une topographie des prises de paroles contemporaines, réelles, possibles et souhaitables (ou évitables...), qui emprunte à la critique, la sociologie, la philosophie ou la littérature. En-dehors du dossier, mais en rapport évident avec celui-ci, on lira les propos d'Alain Badiou et de Jean-Claude Milner qui s'expriment, dans deux entretiens, sur la question de l'universel, mais aussi sur le gauchisme, la langue française, et Mai 68. DOSSIER LE petit théâtre intellectuel Acte I : Caractères Le Comique Le Débatteur L'Editorialiste / le Blogueur L'Expert Le Gourou Le Polémiste Le Porte-Parole La Pythie Le Renégat Le Témoin La vie rêvée des Revuistes Acte II : Portraits Dieudonné, le Porte-parlure Hrant Dink, l'Intellectuel post-mortem Francis Fukuyama, la Chauve-souris Carlo Ginzburg, Historic Strip Sabina Guzzanti, la Scandaleuse opiniâtre Beppe Grillo, l'Imprécateur connecté Laibach, le Collectif totalitaire Jean-Claude Milner, l'Impossible héritier Orhan Pamuk, Pseudo Orhan Pamuk Jacques Rancière, l'Intervenant paradoxal Daniel Schneidermann, l'Universel renégat Deux prises de parole "De la singularité de l'évènement à Mai 68 : le sens de l'universel" , Entretien avec Alain Badiou réalisé par Aliocha Wald Lasowski ; "De quoi le gauchisme est-il le nom ? " , Entretien avec Jean-Claude Milner réalisé par Aliocha Wald Lasowski. Textes libres "Deux "coups de théâtre" : Sartre, le prix Nobel et l'université de Cornell par Laurent Ferri ; "L'extinction d'une tradition. Crise et marginalisation de l'orientalisme diplomatique américain, 1945-1974" par Nasser Suleiman-Gabryel ; "A propos de Généalogie de la docilité dans l'Antiquité et le Haut moyen âge de Gaëlle Jeanmart par Séverin Yapo.
Les Grecs ", les Grecs, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Maintenant que le respect automatique pour les grands Anciens est passé, que la nostalgie Lettres classiques s'est assez dissipée, que nous reste-t-il à penser des Grecs ? Parfois, l'alternative semble osciller entre l'Antiquité fondatrice, ultra-occidentale et la reconstitution poussive d'Athéniens pas du tout comme nous sous la férule anthropologique. Justement, ce numéro de Labyrinthe veut tenter autre chose : nous croyons qu'il nous en faut encore, des Grecs, que nous les fabriquerons en les écoutant mieux, et nous ressouvenant des divers nous qu'eux et nous pouvons être tout à la fois. Le pari, c'est ceci, trouver des Grecs différents, ici, maintenant, entre nos passés décomposés et futurs imparfaits. D'où cette collection d'articles recherchant l'hétérogène au lieu de tout lisser dans la vieille origine ou la grande sauvagerie hellénique. Dans ces pages, les poèmes répondent aux essais, courts, longs ; les Juifs sont peut-être plus grecs qu'il n'est cru d'ordinaire, et vice versa ; les formes d'écriture se réinventent et produisent une grécité vivante, autre. Ce dossier, dirigé par Laurent Dubreuil, recueille des poèmes inédits en français et comprend des articles nouveaux d'auteurs comme Martin Bernal (Black Athena), ou les hellénistes Pierre Judet de La Combe et Pietro Pucci.
Qui veut encore parler de la littérature aujourd'hui ? Le sujet est souvent considéré comme épuisé par ceux qui font pourtant profession de s'y intéresser. Et si l'épuisement caractérisait moins la question de la littérature que notre démarche critique ? Nous devons dépasser cette époque de transition. En France surtout, les quatre dernières décennies de critique littéraire ont été dominées par l'approche philosophique, puis par un recours massif à l'histoire. L'exploration du passé comme l'exhibition de la pensée rationnelle peuvent certes apporter beaucoup à la lecture. Mais toutes deux retranchent infiniment à la littérature, si elles en font leur chose. Or les oeuvres littéraires ne constituent pas de simples objets de réflexion, car elles parlent déjà le langage de la connaissance. Elles sont pleines de concepts, condensent des traités entiers en quelques vers, jouent sur les mots, modifient les citations en les insérant dans une nouvelle trame narrative. Nous sommes loin, ici, des sources ou des influences. C'est une véritable métamorphose des discours qui a lieu dans la littérature. Il n'est par conséquent plus question d'appliquer aux textes les procédures et les résultats de l'histoire ou de la philosophie. A rebours plutôt, un poème, un roman, un drame changeront notre manière de lire et d'écrire les disciplines. Le présent ouvrage prend ainsi la forme d'un "retour à l'envoyeur" et montrent que les logiques les plus structurantes de l'histoire et de la philosophie sont déjouées par l'élaboration poétique. Les chapitres s'attachent à des corpus circonscrits (ceux de Nerval, Genet, Maupassant, Sartre, Baudelaire, Bataille, Proust ou Artaud), tout en regardant plus loin : vers la philosophie contemporaine, les traités d'histoire universelle ou la poétique des ruines.
DOSSIER - L'éloquence des singes sous la direction de Laurent Dubreuil Essai de sémantique simiesque - Richard Lynch Garner A propos de l'homme, ou comment repenser la sélection naturelle du langage humain - Terrence W. Deacon L'évolution et le développement du langage humain chez Homo Symbolicus et Pan Symbolicus - E. Sue Savage-Rumbaugh/William M. Fields La grande scène des primates - Laurent Dubreuil Paroles de singes RECHERCHE LIBRE : L'aporie de Lorki : une croyance peut-elle être réfléchie ? - David Lemler
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.