Que serait notre alimentation sans les conserves, le frigidaire, les produits surgelés, la cuisson au gaz, le papier d'aluminium? Que serait-elle devenue sans la sélection variétale aussi bien végétale qu'animale, sans les apports du génie des procédés alimentaires ou la mise en ?uvre des certifications qualitatives?Chaque année la création de milliers de produits nouveaux invite le mangeur à modifier ses habitudes quotidiennes. Mais les consommateurs, les politiques, les nutritionnistes, les chefs étoilés, les critiques gastronomiques et les industriels de l'agroalimentaire n'ont pas le même point de vue sur l'innovation alimentaire: les uns la redoutent tandis que les autres y voient un moyen d'améliorer l'alimentation.Dans la longue durée l'évolution des modes de fabrication des aliments et des pratiques culinaires a été continue et complexe. L'analyse historique peut donc légitimement s'intéresser aux origines de l'industrie alimentaire, à la formation des marchés, à la place des normes, des labels de qualité et des techniques ainsi qu'à la réaction des consommateurs face à l'innovation.En croisant lors d'un colloque réuni sous l'égide du Centre de Recherche en Histoire de l'Innovation de l'Université Paris-Sorbonne les témoignages de professionnels et l'analyse des historiens, la problématique de l'innovation alimentaire a pu être abordée de manière globale.Les actes présentés dans ce volume par Alain Drouard et Jean-Pierre Williot témoignent de l'intérêt d'un regard centré sur l'époque contemporaine pour comprendre comment se font les innovations et comment elles sont acceptées ou refusées.
Les débats suscités dans nos sociétés par les progrès des techniques d'assistance médicale à la procréation ne sont intelligibles qu'en référence à l'eugénisme, notion forgée par Sir Francis Galton (1822-1911), cousin de Charles Darwin, pour désigner une doctrine visant l'" amélioration " de la population par le contrôle et la sélection des procréateurs. Le présent ouvrage cherche avant tout à éclairer les citoyens sur cette notion problématique que l'on confond trop souvent avec le darwinisme social, le racisme ou l'hygiénisme. Si l'eugénisme s'est développé depuis la fin du XIXe siècle dans une trentaine de pays en Europe et hors d'Europe, il présente dans chacun d'eux des traits différents et originaux. En confrontant la notion d'eugénisme à la réalité historique, on a voulu comprendre autant les caractères spécifiques de l'eugénisme " français " que ses applications.
Vous allez pouvoir découvrir une ?uvre sensationnelle, appelée à un retentissement énorme: les surprenantes, mystérieuses, inattendues, originales et passionnantes aventures du génial escroc Arsène Lupin, dont l'habileté et la chance infernales dépassent tout ce que nous savons jusqu'ici des tours de force les plus extravagants des grands aventuriers.
Le Docteur Alexis Carrel (1873-1944) fut un pionnier de la chirurgie cardio-vasculaire, de la culture des tissus et des transplantations d'organes, couronné par le Prix Nobel de médecine en 1912. Il fut aussi une figure emblématique de l'eugénisme français en raison du succès exceptionnel de son best-seller L'homme, cet inconnu, publié simultanément en anglais et en français en 1935 qui fit connaître à des centaines de milliers de lecteurs ses idées eugénistes. Enfin, il dirigea, de 1941 à 1944, dans la France occupée, la Fondation française pour l'étude des problèmes humains qui se prolongea à la Libération dans l'Institut national d'études démographiques, aujourd'hui l'un des pôles de développement des sciences sociales en France. Alexis Carrel a toujours mené de front recherches scientifiques et réflexions philosophiques. Il a abordé tour à tour les sujets les plus variés comme la santé, la religion, l'éducation, la recherche, la nutrition, la médecine du travail en associant démarche expérimentale et recherche d'une synthèse des connaissances. Alexis Carrel n'a cessé de susciter des questions et des controverses. De son vivant, il est le type du savant magicien dont les travaux font rêver les foules. Dans les années trente, il se croit investi d'une mission de salut public et se lance dans la construction de la "science de l'homme " définie comme la réponse à la crise de la société moderne. Après sa mort, il est accusé de collaboration et devient aux yeux de ses adversaires le "diabolique " Docteur Carrel, précurseur du nazisme et inventeur des chambres à gaz. Qui était donc Alexis Carrel ? Cette biographie retrace les événements extraordinaires qui ont ponctué sa vie sur les deux rives de l'Atlantique : le "miracle de Lourdes, le Prix Nobel, l'épopée de la Grande Guerre et l'invention du "Dakin ", la collaboration avec Lindbergh, le succès de L'homme, cet inconnu, la création de la Fondation française pour l'étude des problèmes humains. Mais au-delà de l'événementiel, elle analyse "le mythe personnel " de Carrel forgé autour de quelques interrogations devenues pour lui obsessionnelles : comment penser les rapports entre la science et la religion ? Peut-il y avoir une connaissance de l'homme ? Comment créer un ordre social stable et durable ? L'eugénisme peut-il être un remède à la "dégénérescence " de la société occidentale ?
Histoire de l'alimentation et définition des grands concepts, itinéraires des denrées, marchés du blé et du riz, agriculture de subsistance ou nouveaux modes de consommation... Un tour de la question de façon synthétique et abordable.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.