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De l'adolescence errante. Variation sur les non-lieux de nos modernités
Douville Olivier
DES ALENTOURS
18,00 €
Épuisé
EAN :9791095353027
Je témoigne ici d'une expérience de psychothérapeute, adossé à la psychanalyse et à l'anthropologie, travaillant dans des espaces urbains sis aux franges des aspects plus ordinaires et davantage policés des villes modernes, que ce soit en Europe ou en Afrique de l'Ouest. Si le terme d'"errance" (errare/itinerare, l'erreur certes mais aussi l'itinéraire) atteste d'un désordre de l'orientation des corps dans les espaces publics, sa réalité actuelle nous fait rencontrer de jeunes sujets redoutant plus que tout de se trouver retenus dans une demeure. Là, de jeunes errants nous posent un défi, dans une indifférence à peine triste. Il nous reste et il nous revient d'accompagner ces jeunes à s'inventer un voyage et un pays. Jamais je n'ai vu de plus sévère visage que ceux de ces adolescents sans lieu et sans espoirs. Notre obligation est bien de les aider à tracer un sillon, une orientation de corps et de parole, de leur redonner la gourmandise du contact humain.
La démarche clinique en psychologie connaît un développement croissant et emprunte souvent à des théorisations contrastées, voire divergentes. D'où la nécessité d'une réflexion argumentée sur ce qui spécifie la démarche clinique aujourd'hui, sur les conditions de sa fiabilité et sur les caractéristiques du positionnement du clinicien. Les auteurs présentent ici : les liens qui existent entre pratique clinique et recherche clinique ; les principales méthodes de la démarche clinique : la construction du cas, l'entretien, l'observation, les épreuves projectives, à partir des problèmes spécifiques que chacune d'elles soulève. L'objectif étant ici de ne pas réduire ces méthodes à de simples procédures techniques tant il est nécessaire de préciser que la dimension éthique est présente dans chaque acte posé par le clinicien, dans chaque rencontre clinique.
Notre modernité est de plus en plus marquée par des phénomènes de déplacement, d'exil et d'exclusion de familles entières. Comment s'évader des certitudes identitaires afin de devenir des sujets de la multitude et du déplacement ? Cet enjeu importe tant à la psychanalyse qu'à l'anthropologie. Il déplace ces deux disciplines au-delà du culturalisme. Le dialogue est urgent entre cliniciens et anthropologues. L'anthropologie psychanalytique contenue chez Freud et même Lacan est-elle actuelle ? Les mythes psychanalytiques ont-ils une pertinence ? Le mythe freudien est-il universel ? Ce livre expose d'abord l'histoire des rencontres entre les deux disciplines, les filiations et les tensions qui ont marqué leurs échanges. Il situe les moments les plus vifs des débats qui explosèrent autour de l'enjeu très controversé que représente la création de dispositifs thérapeutiques spécialisés pour les dits "migrants" . C'est sur le projet d'une construction de l'anthropologie clinique que se termine ce livre. L'auteur illustre son propos par le témoignage de plusieurs fragments de cures menées avec des personnes et des familles provenant du Maghreb, des Antilles ou de l'Afrique de l'Ouest, que ce soit à Paris, au Sénégal ou au Mali.
L'institution, qu'elle soit éducative, médico-sociale ou sanitaire, a su évoluer au fil du temps, modifiant le rapport des professionnels aux usagers. L'assistance éducative a mis l'accent sur les besoins de l'enfant en développement, voulant tourner ainsi le dos aux pratiques répressives. Quant à la pédopsychiatrie, d'abord préoccupée par la déficience mentale (Philippe Pinel, début XIXème siècle) et l'autisme (Léo Kanner, 1930), elle a connu initialement une approche plutôt asilaire de la maladie mentale qui ne prenait guère en compte le vécu intra et intersubjectif des membres du collectif institutionnel. La compréhension des enjeux relationnels se limitait à renforcer la verticalité de la relation soignants - soignés. Par la suite, des nombreuses recherches ont vu le jour, tentant d'expliquer, comme le dit Réné Kaës, "comment et sous quelles conditions le dispositif institutionnel et les espaces qu'il contient permet la mise en figurabilité et le travail de symbolisation de ce qui n'a pas pu être élaboré dans l'espace privé" . (Kaës, 2012, p. VII). Malgré (ou grâce à) ces efforts, la complexité des institutions continue de nous interroger et nous sommes en quête de modèle(s) pour nous éclairer, mieux la comprendre et y trouver notre place. Créée par l'humain pour prendre soin des humains, l'institution devient un objet tiers qui échappe aux individus qui la constituent. Paradoxale, à l'image de l'homme qui l'a conçue, elle est à la fois un objet du monde réel dépendant du contexte économique et politique, ainsi qu'un objet psychique. Elle peut contenir les débordements pulsionnels, préserver le fonctionnement social, et en même temps aliéner ses membres ou être vecteur de violence. Elle peut être le contenant d'opérations de transformation et de conflits intra et inter-psychiques, ou bien paralyser la pensée par des passages à l'acte. Elle peut être un lieu de jouissance en même temps que de souffrance, et avoir un potentiel thérapeutique ou pathogène. Correspond-elle au modèle de l'enveloppe psychique, à celui du rêve ou s'agit-il plutôt d'une illusion ? Est-elle véritablement un pacte ou tout simplement une folie partagée ? Nous parlerons ici de nos expériences en institution et de nos remises en question, étant nous-mêmes parfois témoins, voire acteurs involontaires de phénomènes proches de l'impensable, qu'il nous faut souvent supporter avec une bonne dose de stoïcisme analytique.
Juan s'arrêta de parler. Il tira une longue bouffée de sa cigarette. Pour la première fois. je regardais vraiment la raideur de son épaule droite et compris son origine. Juan avait quitté les jeux de la fiction pour raconter l'histoire vraie de l'enfant ciel, son frère assassiné par la dictature. Oui, il avait raison. La littérature est l'avenir de la psychanalyse. mais à la condition de dire le réel."
J'ai quitté Paris sans me douter de rien (...) pour huit semaines, pensais-je, ma vieille concierge pleurait, pleurait (était-elle plus clairvoyante que moi ?)". Le 19 juillet 1914, Rilke ne se doutait pas que la guerre se déclencherait le 1er août et qu'il ne reverrait plus la France avant 1920. Quelles raisons profondes l'ont-elles poussé à écrire, aux premiers jours de la guerre. ses Cinq chants qui adhèrent à la ferveur patriotique du moment ? Quels sont leurs liens avec la IVe Elégie de Duino de 1915 qui réaffirme sa vocation poétique ? Militaire malgré lui, mais européen malgré tout, a-t-il été instrumentalisé par la propagande ? Cet essai qui explore pour la première fois cette période de manière approfondie et novatrice, à travers prose, poésie et correspondance, nous donne des éclairages nouveaux sur la personnalité de Rilke et la genèse de certaines de ses oeuvres.
Chaque chapitre de ce petit traité anarchique part d'un épisode de ma vie qui m'a orienté vers l'écriture et la chorégraphie. Sa structure par entrées indépendantes mais interactives, d'une chronologie désordonnée, en est la conséquence. Qu'est-ce qui me plaît et comment s'est formé mon goût est la question à laquelle je tente de répondre. C'est, si l'on veut, un roman d'initiation, une éducation sentimentale qui raconterait les sentiments de cette initiation. Autrement dit, il s'agit de décrire la rencontre avec cet étranger qu'est le monde et que l'esthétique nous fait aimer⦠De rendre compte des processus créateurs de valeur. Bref, de partir à la quête du sens. J'espère qu'il pourra d'autant mieux nous concerner tous qu'il n'engage que moi".