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Faut-il comprendre la poésie ?
Doumet Christian
KLINCKSIECK
24,99 €
Épuisé
EAN :9782252034859
La poésie suscite toujours deux réactions contradictoires: alors que d'un côté on dénonce volontiers son hermétisme et son élitisme, de l'autre, on révère ses pouvoirs émotionnels et on la croit même parente de quelque vérité. Ambiguïté qui traverse nos relations avec tout le domaine de la création contemporaine, partagé entre les postulations divergentes de la consommation et de la contemplation, de la culture et du culturel. Par son inquiétante étrangeté, son poids de non-sens, son odeur animale, son pouvoir de défiguration, le poème prend acte du bruissement du monde, le travaille et le recycle en un silence particulier. Pour être prêt à une telle écoute, qui requiert notre désir face à la langue, il ne suffit pas de se demander comment comprendre la poésie. Les problèmes de méthode et de compétence, les théories liées audéchiffrement viennent après cette autre question, qu'on pose rarement, mais dont pourtant tout dépend: faut-il comprendre la poésie? Biographie de l'auteur Christian Doumet enseigne la littérature française à l'université de Paris VIII. Il a publié des poèmes, des récits et des essais sur la poésie et la musique.
Résumé : Qu'est-ce qui fonde notre attirance non tant pour certains lieux que pour leur direction ? Comment s'explique la fascination qu'exercent sur nous leur tendance, et le signe qu'ils font vers d'autres horizons sans doute innommables, insituables, mais dont la connaissance à la fin nous octroierait pourtant la clef de quelque mystère intime ? Bref, d'où vient en nous le privilège d'une certaine orientation ? Ces évocations de trois villes (Zürich, Prague, Budapest) furent écrites à des époques différentes. Rassemblées ici, prolongées, comme en écho extrême, vers la Chine et le Japon (" Brèves de Chine "), elles dessinent pourtant une courbe, un vecteur ou, pour mieux dire en elles la poussée du désir, un unique tropisme oriental. Orion est le héros mythique de la faveur de l'est. Aveuglé par le roi de Chios dont il convoitait la fille, il se rendit dans la forge d'Héphaïstos, y prit sur ses épaules l'enfant Cédalion à qui il demanda de le conduire face au soleil levant. Là, il recouvra immédiatement la vue, pour devenir ensuite l'amant de l'Aurore. Sous le signe d'Orion se place donc ce cheminement vers l'Orient ; sous le regard du chasseur géant dont on célébra à l'envi la beauté, le désir et la tragédie, et qui n'en finit pas à son tour d'aveugler les destins jusqu'à nous, dans l'emmêlement de sa nébuleuse.
Qu?est-ce qui différencie une pensée philosophique d?une pensée poétique? En quoi ces deux sortes d?écriture et de vie se distinguent-elles? De telles questions ne se poseraient pas si nombre de philosophes ne nous donnaient le sentiment tantôt heureux, tantôt périlleux, de les convoquer ensemble. C?est Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra; c?est Descartes, rêvant sur ses propres rêves; Heidegger commentant Hölderlin ou Trakl; Platon lui-même, recourant au mythe pour expliquer sa République? La déraison poétique des philosophes évoque ces moments où les images, les sons, les rythmes prennent part à la logique de l?argumentation. Ces moments, aussi, où le discours philosophique tente par réduction de venir à bout de l?inquiétante étrangeté du poème. Chacun de ces chapitres est centré sur l?oeuvre d?un philosophe: Platon, Vico, Descartes, Kant, Leopardi? Une place non négligeable est réservée aux philosophies contemporaines: celles de Martin Heidegger, de Jacques Rancière, d?Alain Badiou, de Michel Deguy ou de Jacques Derrida. L?ensemble s?achève par une évocation rêvée (pour cause: elle fut sans témoin) de la fameuse rencontre entre le poète Paul Celan et le philosophe Martin Heidegger dans la hutte de Todtnauberg, en 1967. Il se dit là « des choses terribles » qui, on peut l?imaginer, touchent de près à la relation à l?avenir de notre temps.Il y va du statut de ce qu?on nomme la « raison », sa constitution et ses usages. Sa folie aussi.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.