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Que veut la Turquie ? Ambitions et stratégies internationales
Dorronsoro Gilles
AUTREMENT
16,30 €
Épuisé
EAN :9782746712300
La position de la Turquie est paradoxale. Bien qu'elle adhère aux principales institutions occidentales, à commencer par l'Otan, son appartenance à l'Occident est souvent contestée en raison de ses identités concurrentes, turcique et musulmane. En effet, élément d'un ensemble culturel qui regroupe une dizaine de pays et de minorités, de la Chine aux Balkans, la Turquie est aussi membre de l'Organisation de la conférence islamique. Différents programmes de politique extérieure se sont longtemps affrontés selon la préférence donnée à l'ancrage européen, islamique ou turc du pays. Aujourd'hui encore, les grands dossiers de politique extérieure - adhésion à l'Union européenne, reconnaissance du génocide arménien - interrogent la définition même du modèle politique turc : place de l'héritage ottoman dans la Turquie républicaine, définition ethnique ou citoyenne de la nation, modèle occidental ou islamiste de modernité. Cet ouvrage propose une étude de la transformation de la place de la Turquie sur la scène internationale. Longtemps alliée inconditionnelle des Occidentaux, elle s'est progressivement émancipée, s'opposant parfois frontalement aux États-Unis ou à l'Union européenne. Loin de se limiter à la question de l'adhésion à l'Union européenne, l'émergence de la Turquie comme acteur global s'exprime dans son rôle régional au Moyen-Orient, son investissement en Asie centrale ou sa politique énergétique.
Résumé : Durant des décennies, il a été d'usage d'associer libéralisme économique et libéralisme politique, économie de marché et démocratie. Mais l'évolution du capitalisme, entre accroissement vertigineux des inégalités et emballement des politiques identitaires, contredit chaque jour un peu plus cette vision optimiste. Contrairement à une idée reçue, l'Etat apparaît comme un enjeu central pour les néolibéraux, en ce qu'il permet une réorientation des politiques publiques en faveur des plus riches et que, naguère régulateur, il est désormais devenu l'instrument même de la dérégulation économique. Servira-t-il aussi d'ultime rempart répressif à l'oligarchie face aux troubles que sa politique aura causés ? Retour inquiet d'un quinquagénaire sur l'échec de sa génération, élevée dans l'idée du progrès à venir et aujourd'hui confrontée à une crise protéiforme, cet essai montre comment la généralisation à tous les champs de l'activité humaine de ce qui est présenté comme la "rationalité économique" est à l'origine de l'instabilité actuelle. Mais aussi qu'à rebours de ce que les tenants du néolibéralisme aimeraient faire croire, le coeur du problème demeure politique plus qu'économique. Ce qui ouvre un espace à l'action.
En 2010, à Paris, un enfant afghan m'a tendu la main. Je cherchais à photographier de jeunes exilés sans-abris, qui dormaient dans un parc proche de chez moi. Ghorban fut le seul à s'avancer et m'interpeller. Il venait d'arriver en France depuis l'Afghanistan. A treize ans, seul, il avait parcouru 7000 km en clandestin. Sa détermination et son courage m'ont sidéré. J'imaginais mes enfants dans un tel périple. Quelques jours plus tard, des bénévoles ont repéré Ghorban et l'ont mis à l'abri, avant de le signaler à l'Aide sociale à l'enfance. Il a été pris en charge dans un foyer parisien. Avec la réalisatrice Claire Billet, ma femme, nous avons filmé et photographié Ghorban bâtissant sa nouvelle vie, sur une période de huit ans. Son adolescence était rythmée par un flot d'épreuves administratives, bercée par le manque affectif et des repères à inventer. Devenu notre filleul républicain, Ghorban s'est fait la promesse de retrouver un jour sa famille en Afghanistan. Nous avons fait celle de l'accompagner. "Pendant les vacances d'été 2021, Ghorban est venu passer quelques jours chez nous. Il étouffait, seul à Paris. En Afghanistan, les villes tombaient les unes après les autres aux mains des taliban. La capitale afghane, Kaboul, était encerclée. Le 15 août, nous avons assisté à la victoire des islamistes en direct sur les réseaux sociaux. Ghorban était rongé d'inquiétude pour sa famille, comme des millions d'Afghans. Nous craignions tous une vengeance sanglante ou une guerre civile. Ghorban appela la cellule de crise du Quai d'Orsay, saturée. Des proches, des collègues et toutes nos connaissances d'Afghanistan listaient en urgence les Afghans qui voulaient fuir. Une amie nous proposa d'ajouter des noms sur une liste. Ghorban appela Masouma, sa mère. La décision fut prise dans la seconde. Les quatre jeunes que nous avions rencontrés en 2017 quittèrent leurs parents et leur maison sur le champ. Sima, la plus jeune, avait 17 ans et Aziza, l'aînée, en avait 22. La fratrie traversa le pays en bus pour rejoindre les abords de l'aéroport de Kaboul" . "Deux mois et demi après leur arrivée en France, Sima, Aziza, Sohrab et Mehrab sont montés à Paris pour le rendez-vous à l'OFPRA, l'Office français pour les réfugiés et les apatrides. Chacun, lors d'un entretien individuel, a expliqué les circonstances de sa fuite et les raisons pour lesquelles il demandait l'asile en France" .
Les guerres civiles ont accompagné toute l'histoire de l'humanité. Comment mieux définir et circonscrire cette notion ? Contrairement à une idée répandue qui les cantonne aux pays du Sud, les guerres civiles sont un phénomène universel qui, en questionnant l'évidence des routines, rend visible ce qui fonde la reproduction de l'ordre social. A partir d'enquêtes de terrain, l'auteur développe une approche à la fois comparatiste et qualitative des guerres civiles contemporaines comme affrontements violents d'ordres sociaux à partir de trois hypothèses. D'abord, les guerres civiles, loin d'être des processus internes, sont des phénomènes transnationaux dont la dynamique dépend des contraintes, des ressources et des normes du système international. Ensuite, la formation d'un ordre social insurgé passe par l'instauration de nouvelles institutions qui transforment une société dans ses aspects les plus essentiels : rapports de genre, droits de propriété, hiérarchie entre groupes. Enfin, les guerres civiles créent les conditions d'une transformation des rapports entre habitus, stratégie et réflexivité. Ainsi, les possibilités d'établir de ces stratégies sont limitées en raison d'un fort degré d'incertitude, ce qui se traduit par une multiplication de stratégies à court terme qui visent à l'évitement, l'adaptation ou la survie.
Les camps de concentration d'Auschwitz 1, Birkenau, Monowitz et leurs kommandos ainsi que le centre d'extermination de Birkenau sont des faits historiques connus. Les nazis souhaitaient édifier à Auschwitz une cité idéale national-socialiste avec une administration, des infrastructures, des exploitations agricoles industrielles, des camps de concentration et un centre de mise à mort pour les Juifs. Il reste aujourd'hui encore des traces de cette activité. Cependant, si certains de ces sites disparaissent, d'autres sont restaurés, reconstruits, signalés par des monuments. En parcourant les lieux, en suggérant des itinéraires et, en dernière partie, en invitant à découvrir les traces de la vie juive anéantie à Cracovie, ce livre veut transmettre un savoir qui permet de mieux comprendre ce qu'on voit si on va à Auschwitz ou si seulement on en regarde des images. Une histoire rigoureuse, factuelle et chronologique peut assurer la pérennité de la mémoire et accompagner, dans l'avenir, l'humanité irremplaçable des récits des survivants. Avec ses 70 photographies contemporaines, 25 photographies d'archives, 15 cartes et plans, cet ouvrage unique se veut une visite guidée d'Auschwitz et des traces juives de Cracovie, un "livre compagnon" pour appréhender l'histoire et la mémoire des lieux.
La Nakba, la "catastrophe" : tel est le nom que les Palestiniens donnent à la guerre de 1948, événement désastreux qui provoqua le départ de quelque 850 000 réfugiés palestiniens. Du côté israélien, 1948 fut une guerre d'indépendance victorieuse qui aboutit à la création de l'Etat d'Israël. Israël s'est construit autour de cet événement, politiquement et "symboliquement". Très tôt, l'historiographie israélienne s'est emparée de cette victoire pour en tirer des "mythes fondateurs", tels que "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", "les Palestiniens ont fui les combats volontairement", ou encore "Israël a accepté la partition de l'ONU en 1947 alors que les Arabes l'ont refusée"... Tous ces récits mythiques sont ici revisités et, souvent, mis à mal. Depuis quelques années déjà, se développe en effet en Israël une nouvelle historiographie qui remet en cause la version officielle israélienne des faits, et notamment le problème des réfugiés palestiniens. Eugene L. Rogan et Avi Shlaim, deux éminents historiens du Moyen-Orient contemporain, ont rassemblé les contributions des meilleurs "nouveaux historiens" israéliens et universitaires arabes et occidentaux, pour offrir un regard totalement neuf sur la guerre de 1948, afin d'en comprendre les enjeux historiques et contemporains. Avec Fawaz A. Gerges, Rashid Khalidi, Joshua Landis, Benny Morris, Laila Parsons, Charles Tripp.
Près de 100 cartes et infographies actualisées pour mieux comprendre la complexité d'Israël. Les courants de pensée et les faits historiques à l'origine de la création de l'Etat d'Israël. Les enjeux démographiques : des fantasmes à la réalité. La question délicate des ressources : eau, énergie, matière grise, commerce... L'histoire toujours mouvementée des pourparlers israélo-palestiniens. L'auteur, spécialiste reconnu de la géopolitique d'Israël, aborde tous les aspects du sujet pour faire de cette cinquième édition un ouvrage de référence.
Je vous l'accorde, l'élection du roi de la pastèque peut être considérée comme un manque de goût choquant. C'est être irresponsable que de promouvoir le sexe à notre époque. Mais soyons francs : les gens d'ici s'intéressent plus au décompte des graines de la plus grosse pastèque de la ville qu'au Sida ou à ce genre de choses. C'est ce qu'un étranger comme vous ne peut pas comprendre. C'est notre histoire. J'étais donc favorable à chacun des aspects de notre fête, et je le serais encore. C'était notre prospérité. [...] Le roi de la pastèque est symbolique de tout ce que nous avions et de tout ce que nous avons perdu. Et nous nous y accrochons encore, parce que, si nous le perdons, si nous perdons ce souvenir, que nous restera-t-il ? Rien. Nous ne sommes rien qu'une ville comme toutes les autres. C'est ce que votre mère voulait faire de nous. Une ville comme les autres."Le jeune Thomas Rider part à la recherche de ses origines, découvre la vérité sur sa mère, morte à sa naissance, celle par qui le scandale arrive et avec qui meurt le plus grand mythe de la petite ville d'Ashland, le roi de la pastèque. Une histoire désopilante, tendre et brutale au rythme extraordinaire qui s'attache à toute une ville plutôt qu'au seul héros.