Eh bien, nous voici rentrés en Europe. Nous avions pour devoir de parcourir pas à pas l'Egypte et la Nubie, d'en visiter très minutieusement les monuments petits et grands, avec le crayon et la plume à la main ; de pénétrer dans toutes les cavités que la sollicitude pour les défunts avaient conduit les Egyptiens, au prix de peines et de fatigues inexprimables, à creuser dans les entrailles des montagnes ; de dessiner toutes les figures, copier toutes les inscriptions, noter les lieux, décrire les monuments, examiner, comparer, telle fut la besogne inlassable de toutes nos journées pendant une année entière". Voici ce qu'écrivait Rosellini à son retour de mission. En effet, c'est avec Champollion qu'il passa une année à reproduire les décors et inscriptions récemment découverts, souvent effacés ou disparus aujourd'hui. A travers les monuments civils, religieux ou historiques, toute la vie de l'Egypte ancienne est ressuscitée. Scènes de chasse ou de vendange, récolte du lin, préparation du pain, mobilier ou bijoux, mais aussi portraits officiels des pharaons, scènes de guerre, types ethniques des ennemis, scènes d'offrandes aux dieux, cartes des étoiles ou rites mortuaires, toute la civilisation égyptienne, dans sa richesse et sa diversité, est ainsi offerte à nos yeux. Dans la réédition d'une sélection des plus belles planches des "Monuments de l'Egypte", les Editions Citadelles & Mazenod proposent ici une vision profondément originale et séduisante d'un monde disparu.
Comment survivre dans un pays marqué par des particularismes identitaires comme le Cameroun ? La question de départ de cet ouvrage intitulé Identités, pluralité et ingénieries sociopolitiques au Cameroun permet de poser la problématique de l'insuffisance des mécanismes de management des identités plurielles. L'objectif de ce projet est de contribuer à la formulation des stratégies et actions de régulation et de prévention des menaces sur la convivialité entre les différentes composantes sociologiques du Cameroun. Les contributions soulignent la nécessité d'inscrire les rapports sociaux entre les Camerounais dans une perspective interculturelle. L'écriture scientifique est adossée aux matériaux primaires fournis par des terrains spécifiques à l'analyse sociologique, psychologique, politologique et historique.
La problématique de la réhabilitation des réfugiés et des déplacés internes constitue un objet à l'ordre du jour depuis le début des vagues d'insécurité qui frappent le Cameroun, la RCA et le Nigéria. Face à ces déplacements producteurs de vulnérabilités cumulatives, les acteurs humanitaires nationaux et internationaux ainsi que les populations des terroirs d'accueil mettent sur pied des modalités d'intervention aux fins de favoriser l'insertion, l'intégration et la réhabilitation des populations frappées par la fragilité. Cet ouvrage analyse dans une perspective pluridisciplinaire, les stratégies intelligentes de réhabilitation des personnes déplacées dont les conditions et cadre de vie fragilisent leur participation sociale, culturelle, économique et juridico-politique dans leur nouvel environnement. En mettant l'accent sur le modèle d'intervention des institutions internationales et nationales dans l'assistance aux réfugiés et déplacés internes d'un côté, et de l'autre, sur les pratiques de convivialité et de coexistence en terroir d'accueil, les différentes contributions donnent une approche sociologique, politologique, historique, anthropologique et juridique de l'insécurité et ses effets, des déplacements forcés et des pratiques de coexistence, des mécanismes de coalition, de synergie, de collaboration et de coopération des différentes parties prenantes au plan de réponse humanitaire.
Début 1976, le procès de Christian Ranucci a lieu au tribunal d'Aix-en-Provence. Il sera condamné à mort. Sa grâce sera refusée. Il sera guillotiné le 28 juillet 1976. Jeune mère de famille de 35 ans, Geneviève Donadini fit partie du jury d'assises. Elle a vécu dans le silence qui lui imposait la loi pendant plusieurs décennie. Quarante après, elle raconte cette terrible expérience à laquelle elle a participé bien malgré elle et qui a marqué sa vie.
Historienne de l'art et conservateur général du Patrimoine, Geneviève Bresc-Bautier a été directrice du département des Sculptures du musée du Louvre. Initiatrice au musée de la section "Histoire du Louvre", elle a écrit plusieurs publications sur le sujet, dont Mémoires du Louvre (Gallimard,1989), Le Louvre, une histoire de palais (Musée du Louvre éditions/Somogy, 2008) et a contribué à L'Histoire du Louvre (Musée du Louvre éditions/Fayard, 2016).
?Comment les peintres, dessinateurs et graveurs ont-ils représenté l'arbre, de la Renaissance au XXe siècle ? Cette histoire visuelle donne à percevoir la construction et le développement d'un motif qui s'érige en sujet à part entière de la peinture occidentale. Qu'il soit solitaire ou entouré de congénères, garni, à nu, bourgeonnant ou fleuri..., sa représentation rassemble nombre de difficultés techniques, un véritable défi formel pour l'artiste. Des sources variées permettent ici de retracer de manière vivante les différentes pratiques des créateurs : l'élaboration de recettes d'atelier, la diffusion de grands modèles, la pratique au coeur même de la nature ; autant d'attitudes et de chemins qui nous font entrer de plain-pied dans le grand atelier artistique de l'arbre et du paysage à l'époque moderne. Comment comprendre ces oeuvres picturales qui mettent en scène la figure centrale de l'arbre'? Depuis les représentations de forêts sauvages évoquant les déserts érémitiques au XIVe siècle jusqu'à la précoce prise de conscience écologique au XXe siècle, le spectre étendu des interprétations de la figure de l'arbre nous amène à nous interroger sur la construction et l'intensité de nos liens avec le paysage et la nature.
Des catacombes de Priscilla à Rome aux photographes Piere et Gilles en passant par les icônes byzantines, les reliquaires médiévaux et les artistes de la Renaissance, la représentation de la Vierge à l'Enfant est l'un des sujets les plus traités dans l'art occidental. Pourquoi tant d'images ? Pourquoi tant de visages prêtés à celui de la Vierge ? Et qu'est-ce qui nous émeut en elle, nous touche au plus profond de nous-mêmes ? Au travers des images de dévotion publique et privée, ce sont celles, idéales, de l'amour maternel, inconditionnel, divin, l'amour agape, qui parle à notre désir d'être aimé infiniment, absolument. La permanence et la richesse à travers les siècles, de ces figures la Vierge à l'Enfant, leur permettent de retracer une histoire de l'art, des idées et de la pensée chrétienne. L'auteur décrypte l'archétype et la prodigieuse floraison des symboles qui les accompagne, tout en évoquant la dialectique du sacré et du profane, du visible et de l'invisible. Au fil des pages, les créations reproduites - qu'il s'agisse de chefs-d'oeuvre ou de scènes de genre méconnues - évoquent la diversité de traitement qu'a pu susciter cette figure maternelle intemporelle.