Le colloque, co-organisé par l'Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), l'Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) et le Conseil National des Recherches - Institut pour la Bio-Economie (CNR-IBE) du 23 au 25 mai 2022, a été un prétexte pour approfondir la réflexion sur le tryptique "climat, désenclavement et agriculture" dans une des zones géographiques les plus emblématiques du Sénégal en matière d'agriculture, la Casamance. Celle-ci, malgré ses riches potentialités naturelles, demeure une région relativement isolée du fait de la discontinuité territoriale imposée par l'enclave de la République de la Gambie. Les échanges sur ces problématiques ont été plus que nécessaires et ont révélé la forte vulnérabilité des systèmes de production agricole de cette région face au changement climatique et face à son problème d'accessibilité au plan national. Pour mieux comprendre la complexité de ces systèmes et renforcer les conditions d'un développement durable pour un modèle régional compétitif, l'initiative de l'ISRA, de l'UASZ et du CNR-IBE en partenariat avec l'IPAR, la SODAGRI et l'IRD, et le soutien financier fort bien apprécié de l'Agence Italienne de Coopération pour le Développement (AICS), a permis à près de deux-cent acteurs de partager les résultats de leurs recherches, leurs expériences, leurs réflexions et les approches innovantes pour un développement agricole inclusif et durable.
Ngaïdé Abdarahmane ; Diop Babacar Mbaye ; Kassé Ka
Cet essai est certainement une allégorie. Il présente des images qu'il faut prendre pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire des «portraits conceptuels». En effet, les TPT/PTT (Tables-Planches-Tableaux/Planches-Tables-Tableaux) rendent compte, sous forme de palimpsestes, d'une superposition d'annonces de séminaires. Infinis séminaires avec des énoncés truffés de paradigmes gras et toutes leurs boursouflures, qui réfléchissent sur notre devenir. Ils ont pour vocation, soit de débattre des moyens de réduction de notre pauvreté, soit de combler l'ensemble de nos déficits, ou même de renforcer nos capacités dans tous les domaines, afin de nous conduire au dit Développement. Et finalement de réguler tous nos débits. Discours, infinis discours, que des banderoles flottantes montrent [s'agitant de partout comme des girouettes abandonnées à un vent tourbillonnaire !], pendant 365 jours, avant de devenir de simples fichus morceaux de tissus déchirés, déchiquetés de toutes parts et abandonnés aux intempéries, comme pour nous dire trêve de séminaires ! Pendant ce temps restent, empilées, contrites, macérées, acérées sur des tables-buvards-ba vards [amovibles assises sur de grossiers trépieds usés], comme des échos lointains, des communications servies, des hypothèses avancées, des solutions proposées et des recommandations finales dont la vocation est de dormir entre les pages de rapports ou de communiqués dont l'application, le suivi et les réorientations deviennent de permanents défis, parce que souffrant congénitalement de leur inapplicabilité. C'est ce que nous avons l'habitude d'appeler, de manière symptomatique, la littérature grise. Celle-ci est parfaitement rendue par ces tables «cancres», car elles expriment, avec toutes leurs nuances de couleurs, les milliers de messages tronqués qu'elles restituent sous la forme d'images (comme le résultat d'une «opposition des coïncidences» ?). C'est cela l'Art de l'In-vu, qui a pour vocation finale de démontrer l'envers de tous nos séminaires.
Revue de réflexion et d'étude, Revue africaine est un lieu de débat et un support d'expression des chercheurs travaillant sur l'Afrique. Ce numéro 3 se propose de traiter de la question de la culture et de l'acculturation avec des problématiques philosophiques, artistiques, littéraires, linguistiques, sociologiques et économiques.
Camp Tropical au coeur du parcours de vie d'un Soninké retrace la vie mouvementée d'un fils de paysan soninké originaire du Fouta, engagé volontaire dans l'armée coloniale. Le Camp Tropical, qui a été créé à Thiès en 1939 par un commandant d'escadron de gendarmerie nommé Gaston Merlhe, sera au coeur du parcours de vie du personnage qui intégra le corps des gardes-cercles en 1943. Son passage en 1956 dans ce camp plein d'histoire, où l'activité militaire était intense, l'a retrempé dans ses souvenirs de soldat, à travers ses séjours à la 3e compagnie du 1er R. T. S. en Mauritanie et au camp de Souge, près de Saint-Paul, en France. Camp Tropical, une histoire vraie et palpitante.
Mbaye Ahmadou Aly ; Diarisso Sogué ; Thione Diop I
La contrainte de financement est de plus en plus perçue comme l'un des obstacles majeurs au développement de l'UEMOA. Le taux de financement de l'économie demeure relativement faible comparé à la moyenne de l'Afrique subsaharienne et les crédits de long terme destinés au financement de l'investissement ne représentent que 3, 5% des crédits totaux. Dans ces conditions, les ressources de l'aide publique au développement ainsi que la finance informelle deviennent un recours privilégié pour les décideurs publics et privés. Voici une ensemble de contributions sur différentes problématiques de financement des économies de l'Union.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.