Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La mort d'Actéon
Dilasser Bernard
DIFFERENCE
12,15 €
Épuisé
EAN :9782729114763
Décrypter le réel à travers le prisme d'un mythe est le rêve de bien des écrivains. Ce fut celui de Joyce en écrivant Ulysse, pour ne citer que le plus célèbre d'entre eux. Bernard Dilasser relève ici le défi à sa manière. Il revisite le mythe d'Actéon chanté par Ovide dans Les Métamorphoses: ce beau chasseur transformé en cerf pour avoir vu la nudité de Diane, et dépecé par ses chiens au terme d'une course haletante. Transposant le thème, Dilasser fait d'Actéon le chef d'un dérisoire groupuscule d'extrême droite. Il cède à la curiosité ou à un obscur désir de transgression en fumant du haschich et il est assassiné par son second qui ne le reconnaît plus. La violence est là, qui se retourne contre son porte-parole. De la méditation d'Actéon sentant la mort venir à l'incantation de sa mère désireuse de transfigurer ce fait divers en Passion christique, le portrait du héros tragique est tracé. Écrit dans une langue magnifique, ce petit livre tient la promesse des grands.
Trois personnages - un adolescent d'origine maghrébine, une jeune fille appartenant à la communauté juive et le maire d'une petite ville de province.-, sont les protagonistes du drame. Comme dans les tragédies antiques, le destin pèse sur les tristes héros, qui ignorent ce qui les meut. Le maire est cynique, blasé et corrompu. L'adolescent, orgueilleux et susceptible, souffre d'une blessure narcissique. La jeune fille, idéaliste, rêve d'un monde sans haine mais aussi de quitter l'enfance. Avec un art consommé, Bernard Dilasser mène son lecteur vers la catastrophe finale. Comme dans La Mort d'Actéon, son premier roman, l'auteur donne une dimension mythique au drame contemporain qu'il met en scène, illustrant à sa façon les vers de Dante qu'il place en exergue à son livre : " Embourbés, ils disent "Nous fûmes tristes/dans le doux air que le soleil égaie,/portant dedans fumée d'indifférence :/maintenant nous attriste la boue noire." "
Résumé : La base du travail du peintre François Dilasser (1926-2012) est le dessin, par longues séries d'où naissent des formes singulières. Plus de 200 sont ici reproduits à l'appui d'un texte sensible sur l'artiste par son épouse écrivain. On y retrouve aussi l'homme qu'elle a côtoyé de nombreuses années, pour une immersion dans la gestation de l'?uvre d'un grand artiste. Les thèmes traités par les dessins et peintures sont multiples : la mer, les arbres, les mains, les têtes, les comètes?
Bruno Astheur - un adolescent solitaire, farouche et obsédé par la disparition de sa mère - est chargé par son père d'adresser un message comminatoire à son frère aîné. Semblable au prophète biblique, il fulmine, renâcle, tergiverse mais finit par accomplir la mission qui lui a été confiée. Au terme d'un périple de quelques heures, il tentera - préférant, tel Jonas, une justice inexorable à la miséricorde paternelle - de mettre fin à ses jours. Les monologues des trois personnages de ce roman répètent le drame qui s'est joué entre Dieu, Jonas et le peuple de Ninive. Et, au bout du compte, ce mystère: qu'un Dieu puisse se repentir du mal dont il a menacé les hommes. Bernard Dilasser poursuit sa démarche singulière consistant à donner une dimension mythique aux personnages familiers d'une vie banale. Comme dans ses autres romans, le fait divers est transformé en drame universel.
Au cours d'un long monologue intérieur, un adolescent qui vient de connaître sa première expérience amoureuse au terme d'un conflit qui s'est déclaré dans l'ambiance électrique d'une discothèque puis a culminé dans celle plus feutrée d'un restaurant de fruits de mer, éprouve le besoin vital de l'annoncer à son père afin que l'événement soit officialisé. Mais son père, qui s'enivre dans le cimetière où il a établi son quartier général, n'est pas en mesure de l'entendre, et ne lui prête, d'ailleurs, pas la moindre attention. Lui faudra-t-il renoncer, alors, à ce que quelqu'un se porte garant du fait que ce qu'il a vécu n'est pas un rêve ? Comme toujours, chez Dilasser dont c'est le quatrième roman, c'est moins l'argument qui importe que l'observation presque entomologique des pensées de celui qui raconte, déroulée dans une phrase quasi interminable qui semble suivre, avec sa cargaison d'images, les circonvolutions mêmes du cerveau du narrateur. Un véritable écrivain.
Rabindranath Thakur dit Tagore (1861-1941). Né à Calcutta dans une famille de lettrés opposés au système des castes, Tagore devient célèbre à seize ans en rédigeant une oeuvre qu'il fait passer pour celle d'un poète indien du XVIIe siècle. Il écrit aussi la première nouvelle en langue bengalie. Après des études de droit en Angleterre, il revient au Bengale en 1880. Infatigable voyageur, engagé en faveur de l'indépendance de l'Inde et d'un changement de la condition des femmes, il reçoit en 1913 le prix Nobel de Littérature qui assoit durablement son oeuvre parmi les plus importantes de la littérature mondiale. Ayant touché à tous les genres (poésie, romans, théâtre, musique et même peinture) c'est néanmoins sa poésie qui fit l'admiration de André Gide, Maurice Maeterlinck, Pierre Jean Jouve, Henri Bergson, Thomas Mann, Bernard Shaw et de beaucoup d'autres. La poésie est la première parole. Mythes, épopées, oracles, voix des mystères et des mystiques, puis de l'amour, de l'indignation, de la révolte, de l'espoir ou de l'humour, de la vie quotidienne et de la solitude. Introuvables ou retraduites, classiques ou contemporaines, familières ou méconnues, ce sont ces voix innombrables que la collection Orphée souhaite faire entendre parce que plus que jamais elles sont nôtres.
C'est un "autoportrait" que nous offre le grand écrivain marocain dans cette évocation de ses années de formation et de son parcours. "Dans le chemin vers soi-même, on peut dire: je, ou bien: moi, je. A condition d'être à l'écoute de son inconscient. Le moi n'est ni haïssable, ni adorable. C'est un masque singulier d'altérité. Au cours de la composition de cet opuscule, j'espère avoir sacrifié la variété mobile de l'égotisme à quelques lignes directrices, livrées par la force des choses aux accidents de la vie et aux jeux du langage. Tel aura été cet essai qui s'est aventuré entre l'autobiographie, le témoignage et le récit intellectuel." Biographie de l'auteur Abdelkéhir Khatihi écrit ses premiers poèmes à douze ans. Le français devient sa langue d'écriture et il poursuit des études supérieures à la Sorbonne, où il obtient un doctorat en sociologie en 1965. A son retour au Maroc, il mène une intense activité: chercheur, écrivain, enseignant et syndicaliste. En 1971, Maurice Nadeau édite son premier récit, La Mémoire tatouée. Son oeuvre plurielle (en littérature, sciences sociales, critique d'art), traduite en plusieurs langues, a été consacrée par des Prix nationaux et internationaux. Trois volumes de ses ?uvres ont paru à La Différence en janvier 2008.
Un homme sans nom, à la recherche de sa mémoire, un enfant, une femme, une ourse et Ney. Cinq personnages, peut-être quatre, peut-être un seul en train de rêver, se frôlent en quête de réponses à des questions informulées dans ce récit atemporel, rythmé en courts chapitres. L'espace et les époques se mêlent entre les sommets des montagnes et l'océan. Le mystère reste entier. Au lecteur d'en démêler les fils. L'auteur de Café Europa réécrit ici de fond en comble un récit qu'il avait publié jeune sous pseudonyme. Les obsessions présentes dans Café Europa et Le Livre canoë réapparaissent dans des paysages glacés. Tout est signe. Les empreintes sur la neige ou sur le sable, comme le nombre des vagues, comme les gestes des hommes, comme l'écriture qui griffe la page blanche. Mais si tout est signe, comment les interpréter, comment les déchiffrer? Dans ce très beau livre, énigmatique et dense, Serge Delaive montre une nouvelle fois son grand talent d'écrivain.