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Tables de montage. Regarder, recueillir, raconter
Didi-Huberman Georges ; Herré Henri
IMEC
32,00 €
Épuisé
EAN :9782359430417
Pour la première fois, le philosophe et historien de l'art Georges Didi-Huberman ouvre ses archives et montre son travail. Au c?ur de ce dispositif : son immense fichier de travail, commencé dès 1971, composé de plus de 148 000 fiches, et qui recueille le plus précieux de ce qu'il a lu, vu, aimé.On sait qu'il n'y a pas de pensée sans stock, pas de recherche sans outil, pas d'invention sans ordre. La démarche de Georges Didi-Huberman, lecteur dévorateur et regardeur insatiable, s'inscrit bien sûr dans la grande histoire des arts de mémoire, c'est une longue tradition qui va de l'organisation des savoirs jusqu'aux façons de tenir son agenda...Pour Tables de montage, Georges Didi-Huberman a tracé une ligne de coupe dans son immense fichier. En choisissant et en jouant avec plus de six cents fiches, il propose l'atlas miniature de sa recherche entre disparates, affinités électives et gai savoir. Il monte, écarte, rapproche. " Sous la table, la peur... Sur la table, le jeu ". Le fichier efficace et fabuleux, à la fois meuble Ronéo et thesaurus borgésien, donne forme à la pensée. Tables de montage, au c?ur du travail de la pensée.Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l'art, est l'auteur d'une ?uvre majeure, composée de plus d'une cinquantaine d'ouvrages et récompensée à plusieurs reprises (prix Aby Warburg, prix Max Weber, prix Alexander von Humboldt, prix Théodor W. Adorno, prix Walter Benjamin...). Il a reçu le prix Médicis essai pour Le Témoin jusqu'au bout. Une lecture de Victor Klemperer (Minuit, 2022). Son champ d'études s'étend de la peinture de la Renaissance italienne jusqu'à l'art contemporain. Il porte notamment sur les problèmes d'iconographie scientifique au XIXe siècle et leurs usages par les courants artistiques du XXe siècle, ainsi que sur la politique des images.
Résumé : Ce quatrième volume de la série Ninfa est une enquête sur les gestes de lamentation, lorsqu'un défunt se voit pleuré par une mère (Mater dolorosa), une épouse ou une jeune soeur (Ninfa dolorosa). Tout part d'une photographie extraordinaire de Georges Mérillon intitulée la Pietà du Kosovo (1990) et des questions qu'elle a immédiatement soulevées dans le monde médiatique comme dans sa réception par certains artistes contemporains, tel Pascal Convert. Suivant, une fois de plus, les leçons d'Aby Warburg, Georges Didi-Huberman "construit la durée" de ces images en interrogeant les métamorphoses du pathos et de ses formes gestuelles dans l'histoire. L'enquête sera donc en même temps serrée (sur le cas kosovar) et ouverte, explorant les rapports entre le présent le plus proche et le passé le plus lointain, l'Occident et l'Orient, le christianisme et l'islam, le modèle tragique et les formes bibliques de la lamentation. Il n'en fallait pas moins pour proposer, de ce geste, un essai d'anthropologie historique.
C'est le simple " récit-photo " d'un voyage dans les papiers du ghetto de Varsovie. La tentative pour porter, sur un corpus d'images inédites réunies clandestinement par Emanuel Ringelblum et ses camarades du groupe Oyneg Shabes entre 1939 et 1943, un premier regard. Images inséparables d'une archive qui compte quelque trente-cinq mille pages de récits, de statistiques, de témoignages, de poèmes, de chansons populaires, de devoirs d'enfants dans les écoles clandestines ou de lettres jetées depuis les wagons à bestiaux en route vers Treblinka... Archive du désastre, mais aussi de la survie et d'une forme très particulière de l'espérance, dans un enclos où chacun était dos au mur et où très peu échappèrent à la mort. Images de peu. Images éparses - comme tout ce qui constitue cette archive. Mais images à regarder chacune comme témoignage de la vie et de la mort quotidiennes dans le ghetto. Images sur lesquelles, jusque-là, on ne s'était pas penché. Elles reposent cependant la question du genre de savoir ou, même, du style que peut assumer, devant la nature éparse de tous ces documents, une écriture de l'histoire ouverte à l'inconsolante fragilité des images.
L?histoire des images ne vit pas seulement au rythme manifeste des renaissances et des obsolescences. Elle vit également au rythme, plus talent, des survivances. Aby Warburg, qui interrogeait l?art occidental sous l?angle des «survivances de l?Antiquité», accorda une particulière attention à cette figure mouvante et drapée qu?il nommait Ninfa - sorte de personnification ou de demi-déesse des éternels retours de la forme antique. Ce livre entend prolonger aujourd?hui la quête warburgienne de Ninfa : il interroge le motif du corps féminin et de la draperie jusque dans ses avatars contemporains. Comme dans un montage cinématographique, on y voit Ninfa tomber progressivement, et son drapé se séparer d?elle jusqu?à échouer, seul, au plus bas de la représentation. Par-delà les Vénus alanguies de la Renaissance et les martyres baroques écroulés à terre, se dessine un mouvement général qui prendra toute son ampleur lorsque les artistes - d?Atget à Brassaï et Picasso, de Moholy-Nagy à Alain Fleischer - attacheront leur attention à tout ce qui traîne dans les rues de nos grandes villes : par exemple cette informe «serpillière» des caniveaux parisiens, qui forme un surprenant leit-motiv de notre modernité. On découvre alors comment notre présent le plus immédiat peut offrir une «image intime de l?Autrefois», selon l?expression chère à Walter Benjamin. On découvrira aussi l?exubérance et la paradoxale splendeur des formes les plus misérables, les plus échouées. Aléatoire et souveraine draperie de toute chose lorsque atteinte par le temps.
Résumé : C'est avec les nymphes des tableaux de Botticelli et de Léonard de Vinci qu'Aby Warburg a réinventé notre façon de comprendre le monde des images. Il sera ici question de "mouvements émouvants", de draperies dans le vent, de "poursuites érotiques", de turbulences lucrétiennes et de "survivances de l'Antiquité"... Mais aussi d'une relecture de ces notions historiques fondamentales que sont les "sources", les "influences" ou ce qu'on appelle les "courants" artistiques. Pour comprendre l'art et son histoire, il faudrait donc engager quelque chose comme une véritable dynamique des fluides, qui est aussi la dynamique des jeux entre mémoires et désirs que les images mettent en scène... Et c'est aussi dans notre contemporanéité même que viendra s'observer la dynamique de cette longue durée, quand la figuration des mouvements du désir - tour à tour érotiques et mortifères - devient quelque chose comme le milieu d'immanence des images elles-mêmes.
Une revue de varia : Marianne Alphant et ses revues ; Masques Revue des homosexualités (1979-1985), par Alain Sanzio ; Histoire des périodiques de sport, par Frédéric Gai ; Les 20 ans de L'Etrangère : Pierre-Yves Soucy et François Rannou ; Librairies et revues : un dialogue compliqué par Julien Delorme et Coraline Passet ; Chroniques, Lectures, Nouvelles revues...
L'interrogation sur le livre n'a cessé de nourrir la philosophie d'Emmanuel Levinas. L'absence de cette question dans la tradition philosophique en marque les limites, tout en intimant d'en accroître le territoire. Un préalable critique s'impose: d'abord rompre avec une définition matérielle, instrumentale du livre, "chose parmi les choses', être-sous-la-main, ustensile de la transmission ou de la communication. Poser la question du livre n'exige-t-il pas aussi d'aller au-delà de la définition aristotélicienne de l'homme, animal doué de langage? Il faut encore interroger le rapport religieux au livre. En tant qu'animal doué de langage, l'homme en proie à l'inspiration n'est-il pas animal prophétique? Comment rendre compte du Livre des livres, la Bible? Au-delà de ce questionnement, Emmanuel Levinas fait place à une phénoménologie du livre tel que ce dernier apparaît dans ce qui a pour nom littérature. Doit-on mettre cet objet, qui est plus qu'un objet, du côté de l'ontologie, au point d'envisager une ontologie du livre, ou bien le livre tend-il à interrompre le cours de l'être?"