Extrait Extrait de l'avant-propos de Seymour Slive En juillet 1676, Rembrandt avait pleinement conscience d'être au bord de la faillite. Cette triste situation l'amena, le 14, à solliciter de la Cour suprême de La Haye la délivrance d'une cessio bonorum, un document écrit qui l'autoriserait à mettre en vente de son plein gré ses propriétés et ses meubles, les recettes étant partagées entre ses créanciers. Cette procédure devait en outre lui garantir la protection de la Cour contre toute revendication ou poursuite ultérieure de la part de ces derniers. La Cour accéda à sa requête. Cette réponse favorable lui permit d'éviter une faillite en bonne et due forme. L'action des magistrats fut ensuite rapide. Les 24 et 25 juillet, il fut procédé, sous leur contrôle, à un inventaire du contenu de sa grande demeure d'Amsterdam, sur la St. Antoniesbreestraat (siège de l'actuel Muséum het Rembrandthuis, Jodenbreestraat 4-6). Cet inventaire dresse la liste de la quasi-totalité des objets en sa possession - y compris sa batterie de cuisine et les mouchoirs mis au sale -, mais pas du matériel qu'il utilisait pour ses peintures et ses eaux-fortes. En Hollande, les débiteurs mis en faillite, partielle ou totale, avaient en effet le droit de conserver les instruments de leur métier. De plus, l'inventaire offre un aperçu précieux sur la collection de Rembrandt, une collection immense, encyclopédique, qui comprenait des sculptures, plusieurs peintures et oeuvres sur papier de maîtres italiens de la Renaissance et du baroque, et surtout de primitifs flamands et de maîtres néerlandais plus proches. L'ampleur et la variété de cette collection laissent supposer que son désir irrépressible d'acquérir sur le dynamique marché de l'art amstellodamois tout ce qui lui paraissait offrir un intérêt particulier explique pour beaucoup l'état désastreux de ses finances. L'inventaire mentionne bien entendu aussi un grand nombre de peintures, de dessins et d'eaux-fortes de Rembrandt lui-même, disséminés dans les ateliers et les autres pièces de sa vaste demeure. Les tableaux accrochés dans la pièce dite «derrière le petit salon», qui était sa chambre à coucher, comprenaient entre autres deux têtes du Christ de la main de l'artiste (n° 115, «Een Cristi tronie van Rembrant» ; n° 118, «Cristus tronie van Rembrant»), La liste des oeuvres abritées dans son petit atelier mentionne quant à elle, sans attribution, une «Tête du Christ d'après nature» (n° 326, «Een Cristus tronie nae 't leven»). En 1824, lorsque le marchand londonien C. J. Nieuwenhuys, personnage très introduit, publia pour la première fois l'inventaire de 16^6 à partir du manuscrit original, il fut déconcerté par cette référence à «Een Cristus tronie nae 't leven». Il fit d'ailleurs suivre sa traduction de cette expression d'un point d'interrogation. On croirait presque l'entendre se demander sur un ton incrédule : «Comment est-il possible de peindre un portrait du Christ d'après nature ?» En 1836, lorsque John Smith fit paraître une traduction de l'inventaire dans cette oeuvre pionnière que constitue son catalogue raisonné des peintures de Rembrandt, il se heurta à la même difficulté et rendit à tort l'expression par «Une Tête du Christ, grandeur nature». Trois ans plus tard, l'historien de l'art néerlandais J. Immerzeel publia dans son intégralité le texte original de l'inventaire. Il ne sut pas non plus quoi faire d'une telle description et choisit de résoudre le problème en l'ignorant, n'hésitant pas à supprimer purement et simplement «nae 't leven» de sa transcription.
deWitt Patrick ; Aronson Emmanuelle ; Aronson Phil
Résumé : Patrick deWitt, auteur à succès des Frères Sisters, nous revient avec l'histoire de Bob Comet, un bibliothécaire à la retraire qui a vécu sa vie à travers et pour la littérature sans se douter que sa propre existence constituait un roman poignant à part entière. Avec son talent incomparable pour faire rire, sa fantaisie, sa liberté et sa verve, deWitt met à l'honneur le type introverti par excellence et célèbre l'extraordinaire s'immisçant dans la vie ordinaire d'un homme qui a le chic pour inviter sur la scène de sa vie les personnalités les plus extravagantes.
deWitt Patrick ; Aronson Philippe ; Aronson Emmanu
Face aux sombres ruminations de son frère Eli, soudain confronté, dans l'exercice de son métier de tueur à gages, à une authentique "crise de la vocation", Charlie Sisters défend les vertus de cette lucrative profession qui est de longue date la leur en continuant à éliminer sans états d'âme toute personne qui se met en travers de son chemin. Quand leur employeur commun, "le Commodore", enjoint aux deux frères de se mettre en selle pour se rendre en Californie afin de mettre fin aux jours d'un certain Hermann Kermit Warm, Charlie force Eli à accepter la mission mais, non content de caresser le rêve d'embrasser une existence moins sanguinaire, Eli ne trouve, lors de ce voyage éminemment professionnel, rien de mieux à faire que de tomber banalement amoureux - épisode fâcheux qui a pour effet d'alimenter les éternelles querelles qui signent les rapports qu'entretiennent les deux frères depuis la plus tendre enfance.Quand tous deux, furieux et amochés, finissent par arriver en Californie après avoir chevauché les déserts du Nevada et rencontré des individus patibulaires de toute engeance, c'est pour découvrir qu'en la personne du sieur Warm, leur victime désignée, se dissimule une sorte de scientifique délirant, inventeur d'une formule magique susceptible d'assurer leur fortune en faisant jaillir des rivières californiennes les pépites d'or à la poursuite desquelles s'emploie alors l'Amérique tout entière... Les trois hommes se lancent alors dans une aventure d'un type nouveau qui se solde par un épilogue aussi tragique que bouleversant. Au fil des pages de ce roman dont le côté pince-sans-rire le dispute à l'excentricité profonde, Patrick deWitt rend un hommage décalé aux classiques du western tout en invitant son lecteur à faire - de cadavres en cadavres, et de violences en violences - l'expérience d'une impitoyable plongée dans les entrailles les plus sombres de cette période de l'histoire américaine. Mais, plus profondément encore, et ce à l'instar d'Ablutions, son premier roman, Les Frères Sisters est aussi le monologue intérieur infini au fil duquel tout individu tente de se convaincre qu'il importe de continuer à vivre l'existence qu'il découvre être la sienne, juste avant de prendre conscience que l'histoire qu'il se raconte ne fonctionne plus...Inventif, différent, voire bizarre, au sens fort, doté d'une irréprochable et enthousiasmante maîtrise narrative, ce deuxième roman de Patrick deWitt signe avec éclat l'aptitude, chez son auteur, à se renouveler entièrement et avec une rare puissance, en jouant sur des codes dont la brillante manipulation relève, loin de toute parade rhétorique, d'une très insolite philosophie de l'existence...Porté par le saisissant humour noir et l'écriture superbement plastique de Patrick deWitt, Les Frères Sisters est un roman dont les frères Coen pourraient apprécier à sa juste valeur l'approche troublante et pénétrante qu'il propose de la fascinante perversité à l'?uvre dans les motivations de l'âme humaine. (Les Frères Sisters a, du reste, déjà suscité l'intérêt du monde du cinéma: l'acteur John C. Reily souhaite en produire l'adaptation et jouer le rôle d'Eli.)????????1
deWitt Patrick ; Aronson Philippe ; Aronson Emmanu
Résumé : Un jeune homme du nom de Lucien Minor, dit Lucy, accepte un poste de sous-majordome au château Von Aux, lugubre forteresse sise au c?ur d'un massif alpin. Et découvre bientôt que ce lieu aussi inquiétant que fantomatique recèle les plus noirs secrets. Un conte cruel et grinçant qui a pour protagonistes une étrange humanité, toute pétrie de mensonges, de mauvaise foi, de malignité et de perversité mais aussi d'innocence.Avec ce roman aussi ludique qu'initiatique, où résonnent les accents d'un Edgar Allan Poe, d'un Calvino, ou d'un Kafka (voire d'un Bram Stoker?), Patrick deWitt, après le succès de son inoubliable roman, Les Frères Sisters, fait une nouvelle fois la preuve d'un exceptionnel tempérament d'écrivain capable de mettre tous les schémas du conte au service d'une passionnante exploration du monde ténébreux des passions humaines, entre dérision, fantaisie et cruauté.
Résumé : Plus d'un tiers des enfants de moins de cinq ans souffre d'insomnie. Leurs parents en supportent les conséquences, irritabilité, fatigue ou désespoir, et mettent en oeuvre, nuit après nuit, mais sans aucun succès, les techniques les plus ingénieuses pour les endormir. La méthode Estivill est le résultat de longs travaux de recherche sur un problème qui affecte un grand nombre de familles ; elle s'est révélée efficace dans 96% des cas. Sans nul doute, voici enfin le moyen pour que vos enfants, et vous avec eux, parviennent à se réconcilier avec le sommeil, tranquillement et durablement. La méthode Estivill : Qu'un enfant soit capable de trouver le sommeil à l'heure convenable n'est jamais l'effet du hasard. Il existe une série de facteurs associés à l'endormissement, comme la lumière, le bruit et les rythmes biologiques humains, que le présent ouvrage décrit de façon simple et agréable. Les parents, dans leur exaspération, tendent à simplifier le problème selon deux explications radicales : " Mon enfant n'aime pas aller se coucher " et " Nous sommes de mauvais parents puisque nous n'arrivons pas à obtenir qu'il dorme ". Mais ce qui se passe, en réalité, c'est que, personne ne leur ayant expliqué comment apprendre à dormir aux enfants, ils se sentent impuissants devant les cris d'angoisse qui les réveillent à 3 heures du matin...
Ferretti Bocquillon Marina ; Avanzi Beatrice ; Bla
Résumé : Peindre en plein air est un défi. Pour traduire une sensation visuelle, il faut déterminer d'un seul geste la forme et la couleur du motif. De plus, rien n'est fixe dans la nature, où l'artiste, sollicité par une foule d'impressions, doit faire preuve de décision et de rapidité. Des délicieuses esquisses exécutées au XVIIIe siècle jusqu'aux tableaux peints par les futurs impressionnistes dans les années 1860, la pratique du plein air, qui s'impose au XIXe siècle, est l'aboutissement d'un long processus. En effet, un puissant sentiment qui rattache les hommes à la nature croît au rythme des progrès de l'industrialisation et de l'urbanisation. Comme une lame de fond, il touche l'ensemble des pays d'Europe, où une société nouvelle, éprise de vérité et d'authenticité, se met en place. De Thomas Jones à Camille Corot, de John Constable et de Joseph Mallord William Turner à l'école de Barbizon, des macchiaioli à Edgar Degas et d'Eugène Boudin à Claude Monet, l'art du paysage en plein air conquiert un nouveau statut et s'affirme comme un genre à part entière.
En 1874, Impression, soleil levant déchaîne la critique. Les impressionnistes, ces "malades de la rétine bouleverseront pourtant la peinture. Touche et couleurs sont fragmentées pour traduire les vibrations de la lumière, jusqu'à cette étape ultime, les Nymphéas, qui font de Monet l'un des précurseurs des abstraits. Sylvie Patin laisse parler le peintre. Une passion pour la nature, un regard, une vision, un oeil... -" Monet ce n'est qu'un oeil... Mais, bon Dieu, quel oeil! ", s'exclamait Cézanne -, une vie immensément longue, un lieu, enfin, Giverny, désormais indissociable de l'oeuvre du maître."
Résumé : "Je m'escrime et lutte avec le soleil. Et quel soleil ici ! Il faudrait peindre ici avec de l'or et des pierreries. C'est admirable". Claude Monet à Auguste Rodin A partir des années 1880, de nombreux artistes découvrent la Méditerranée. Des plages azuréennes, la mer et le ciel d'un bleu infini, la beauté sereine de la végétation... Autant de paysages enchanteurs qui les laissent sous le charme. Cézanne et Manet choisissent L'Estaque, Signac pose ses pinceaux à Saint-Tropez, Matisse et Derain à Collioure, Picasso s'installe à Antibes. C'est alors que, des impressionnistes aux fauves, ces artistes élaborent une nouvelle conception de la lumière et de la couleur, bouleversent leur palette, créent de nouvelles harmonies de rose, jaune, bleu, ocre. A travers leur regard, la Méditerranée devient une image nouvelle du bonheur et le lieu d'expérimentations artistiques intenses. Cet ouvrage magnifiquement illustré propose une promenade enchantée sur les bords de la Méditerranée à la découverte de coloristes uniques et d'oeuvres magistrales aussi lumineuses que colorées et chatoyantes, à travers lesquelles s'invente la modernité picturale.
Résumé : On oublie souvent à quel point les toiles impressionnistes ont semblé provocantes lors de leur première exposition en 1874, à Paris. Par les coups de pinceau rapides et les couleurs utilisées, les impressionnistes peignant au grand air, ont capturé les effets fugitifs de la lumière et leurs ressentis. De ce fait, ils ont rejeté les principes de l'art établis qui prévalaient à cette époque en France. Ralph Skea montre comment les artistes impressionnistes ont su transformer le quotidien en sujet, et retrace le mouvement depuis ses origines en France jusqu'à son expansion aux Etats-Unis et en Australie. Le choc initial de l'impressionnisme a progressivement laissé place à une acceptation puis à une popularité mondiale. Son impact a également profondément marqué l'art moderne.