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Les mondes de l'industrie. L'Ansaldo, un capitalisme à l'italienne
Dewerpe Alain ; Perrot Michelle
EHESS
29,80 €
Épuisé
EAN :9782713227165
Ce livre a un objet : l'usine comme espace social. Il a un moyen : l'observation du travail industriel." Voici l'aboutissement d'une très longue enquête menée sur les usines de l'entreprise Ansaldo - sidérurgie, métallurgie, mécanique, chantiers navals - à l'ouest de Gênes, du milieu du XIXe siècle aux années 1930. Après ses premiers travaux sur la proto-industrialisation et sur la manufacture, Alain Dewerpe y propose une ethnographie historique des pratiques sociales au sein de l'usine et de leurs transformations, de leurs ajustements souvent difficiles, de leurs confrontations et de leurs conflits. Au centre, donc, le travail, dans ses dimensions économiques, techniques, professionnelles, relationnelles, culturelles ; les rapports de forces induits par les compétences, par l'organisation mais aussi par les habitudes ; les tentatives pour les ordonner à des logiques productives, techniques, financières. Et, plus largement, une réflexion sur la transformation des modes de vie, sur la discipline des corps et des temps. Car derrière les grandes réalisations qui ont fait la gloire de l'Ansaldo, en amont des stratégies du capital et des incertitudes de la gestion, ce livre fait comprendre la "réalité diversifiée des rapports sociaux, l'intégration des microdispositifs, les trajectoires de l'infiniment petit, les combinatoires de l'infime" : ce qui fait l'usine, au jour le jour.
Ce livre élève le secret au rang de problème historique. La formation des services de "renseignement" au XIX ? siècle, l'invention de cette guerre singulière à quoi l'on a donné, au XX ? siècle, le nom de "guerre secrète", le développement d'un genre littéraire foisonnant, le roman d'espionnage : autant de signes d'une mutation profonde, autant de traits dont la confluence, au carrefour des techniques politiques et de l'imaginaire social, fait apparaître une dimension inattendue du contemporain. La place du secret montre à quel point le principe de publicité posé par les Lumières a été retravaillé au sein de nos régimes. Une frontière essentielle sépare ce qui doit être mis en réserve et ce qui peut être livré à la transparence de l'opinion publique. Ce partage organise la modernité politique. Par ailleurs, un lien étroit s'est tissé entre les pratiques et les représentations du secret et les figures de l'individualité. Nous sommes tous des clandestins. En cela, l'espion a partie liée avec la construction du moi d'aujourd'hui. L'espion est un chiffre de notre condition, dont le décryptage ouvre sur une anthentique anthropologie du présent.
8 février 1962 : en réaction à l'offensive terroriste de l'OAS, une manifestation se heurte à la violence voulue de l'Etat. A la station de métro Charonne, devant les portes ouvertes, on relèvera neuf morts sous les coups de la police. Au-delà de la reconstitution des faits avérés, Alain Dewerpepose des problèmes historiques d'un ordre plus général dans un livre qui servira de modèle à d'autres. Il traite d'abord de la violence d'Etat en démocratie représentative : organisé ou non, planifié ou non, le meurtre politique fait partie de l'outillage des actes d'Etat ; il a, même obscures ou contournées, ses raisons et son efficace. Il pose la question du scandale civique : à quoi l'Etat a-t-ildroit ? L'affaire pourrait se dénouer par la mise en place d'un récit moralement et politiquement fondé et partagé. Or, à travers une version d'Etat mensongère jusqu'à nos jours, ce règlement est demeuré historiquement instable. Il ouvre également sur les usages politiques et sociaux de lamort : la manifestation-obsèques du 13 février fut un des plus considérables rassemblements dans la France du XXe siècle. Comment comprendre alors que cette mémoire du massacre, faite de commémorations mais aussi de censures, de souvenirs mais aussi d'oublis, s'est effritée devant d'autres événements traumatisants de la guerre d'Algérie ? Faut-il l'écrire ? Cet ouvrage est unique en son genre.
À quatre lieues de Paris, au c?ur de la société rurale de la vallée de la Bièvre, la manufacture de toile peinte de Jouy, avec son millier d'ouvriers, a fait surgir précocement une société prolétarienne. Cet ouvrage est l'anatomie d'une des formes sociales de la transition française vers la société industrielle.
Résumé : La diversité du travail humain, aussi immense qu'est profonde sa complexité, nous interdit de réduire son histoire à une dynamique simple, homogène et linéaire. L'historiographie elle-même, nourrie par les apports d'autres sciences sociales, a profondément renouvelé notre regard. En tenant compte de ces acquis, cet ouvrage se propose d'explorer le travail à travers trois dimensions fondamentales : les actes du travail, les groupes sociaux qu'organisent ces pratiques, enfin les représentations (idées, sentiments, normes et valeurs) que le travail et la précarisation du salariat, suscite de nombreux débats.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".